Vous êtes ici

Bourreau sentimental...

La fin de l’année 1944 est marquée par la contre-offensive des troupes allemandes dans les Ardennes belges. Pour mener à bien ses objectifs, le Führer désigne Skorzeny, l’homme qui vient de libérer Mussolini pour conduire « l’opération Greif ». Celle-ci consiste à créer de nombreuses petites troupes clairsemées, empruntant vêtements et véhicules à l’armée américaine et s’exprimant en anglais. Les informations sont tronquées, la machine fonctionne. De nombreux massacres de civils et de soldats américains sont perpétrés, la population des campagnes est terrorisée. C’est dans ce cadre que Renée, petite fille dont les parents juifs ont disparu, est accueillie à sa sortie d’un institut dans une famille en rase campagne, puis remise au curé de la paroisse qui préfère la protéger en la confiant aux soins de deux soldats américains… en réalité deux allemands infiltrés dans les troupes américaines qui s’apprêtent à exécuter leur proie. Un instinct que l’on ne s’explique pas va modifier le cours des choses et la vie de Renée sera sauve, grâce à Mathias, l’un des deux bourreaux. Commence alors une longue et forte histoire sentimentale, véritable colonne vertébrale du roman dont une ferme constitue le lieu principal de l’épopée d’une famille paysanne abritant avec méfiance, angoisse et risques, des soldats américains ou autres errants. Le sujet, tant de fois évoqué et repris en littérature et au cinéma, ne cesse d’inspirer, et si c’est ainsi que la mémoire se perpétue, tant mieux ! Emmanuelle Pirotte a choisi de mettre l’accent sur la relation entre un soldat SS et une enfant juive ; lui pourrait être le loup, elle l’agneau. Autour de ce plan principal, d’autres scènes s’invitent, peu sont sereines, la plupart sont d’une grande violence. L’écriture est simple, le style sans artifice, mais l’histoire souffre parfois d’incrédulité. Toutefois, en se plaçant dans le contexte romanesque, et en reconnaissant que cette période a été le théâtre de situations étonnantes et complexes, je retiendrai surtout la façon dont l’auteur exprime les peurs, l’angoisse ambiante, et par-dessus tout, dont elle dresse le portrait des deux principaux protagonistes, Mathias et Renée. Là encore, peut-on croire qu’un enfant ayant vécu de tels drames puisse, non seulement se relever, mais s’ériger en une Jeanne d’Arc pour défendre sans état d’âme son royaume le plus précieux, sa relation avec Mathias? C’est un roman.
Today we live

Today we live

Décembre 1944. C'est la contre-offensive allemande dans les Ardennes belges. Pris de panique, un curé confie Renée, une petite fille juive de sept ans, à deux soldats américains. Ce sont en réalité des SS infiltrés, chargés de désorganiser les troupes alliées....
Date de parution: 
04/10/2017
7,10 €
Prix TTC
Imprimer

Actualités

Nous vous informons qu'une fiche pédagogique sur le titre Frankie Addams, de la grande dame américaine Carson McCullers, dont nous avons...
On croise les doigts pour l'adaptation tirée du roman de Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut, Prix Goncourt 2013, qui dépeint une fresque...
L’écrivaine irlandaise Edna O'Brien, auteur de l’inoubliable "Fille de la campagne" recevra le 20 février à New-York l’un des Pen America...
Toute l'actualité