
Entretien avec Serge Bramly
Découvrez l'interview de Serge Bramly, auteur de Le Premier Principe, le Second Principe, qui reçoit le Prix Interalié 2008.
« La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru avec tant d'éclat que dans les années du règne de Henri second », et c'est bien sur le théâtre de la brillante cour des Valois que se noue et se joue la passion de la princesse de Clèves et du duc de Nemours. Passion tacite, et qui ne s'exprime longtemps que par des signes : un portrait dérobé, la couleur d'un vêtement au tournoi, la soudaine émotion d'un visage. Passion tragique, aussi, dont la mort est la conséquence imprévue.
Si La Princesse de Clèves, lors de sa parution en 1678, est le livre le plus immédiatement commenté de son époque, c'est que, sans rompre totalement avec le roman antérieur, il y introduit le souci de vraisemblance et de brièveté qui caractérise alors la nouvelle, et concilie de manière neuve narration et psychologie. Le premier des romans d'analyse ? Certainement. Mais simplement, aussi, un grand roman sans romanesque.
« Ça fonctionne à fond, et c’est ce qui compte. »
Amélie Nothomb
« J’admire la précision d’analyse psychologique de la jalousie du mari et la renonciation à l’amour de la princesse. Le vrai sujet du livre c’est : comment je ne quitte pas quelqu'un, comment je suis lâche ou pas lâche, comment les réputations font qu’on renonce à l’amour et à la passion.
Je ne trouve pas que ce soit précieux, ou démodé, ou même hyperbolique. Tous les jours des gens vivent des passions et sont contraints d'y renoncer par la société. C’est éternel comme sujet. C'est aussi un roman sur la vertu et le devoir. »
Frédéric Beigbeder