
Entretien avec Serge Bramly
Découvrez l'interview de Serge Bramly, auteur de Le Premier Principe, le Second Principe, qui reçoit le Prix Interalié 2008.
Grady McNeil a dix-sept ans et l’âme passionnée. Alors que ses riches parents vont passer l’été en Europe, elle se retrouve seule dans un New York vibrant sous la canicule. Délaissant le luxe de la Cinquième Avenue, elle tombe amoureuse de Clyde, gardien de parking à Broadway. Ils s’aiment, mais de façon différente. La fierté provocante de Grady et la nonchalance de Clyde vont peu à peu les entraîner vers de dangereux précipices. Cette saison sera toute leur vie.
Une passion ne se vit que le temps d’un été
C'est par ce livre que je découvre pour la première fois l'œuvre de Truman Capote, il me semble connaître son nom depuis déjà pas mal de temps sans n'avoir jamais pris le temps de savoir quel était vraiment cet écrivain. Et comme d'habitude, j'avais une vision complètement différente des thèmes que l'on pouvait trouver dans ses romans. Autant vous le dire tout de suite, j'ai été agréablement surprise.
Avant même de parler de l'histoire de Grady et de Clyde, parlons du roman, car il possède lui-même une histoire assez particulière, il semble qu'il soit la première oeuvre écrite par le jeune Truman Capote, manuscrit redécouvert seulement après sa mort dans un grenier.
Ce roman traite donc de la folle passion entre deux êtres que tout oppose, aussi bien au niveau du caractère, de la position sociale ainsi que des centres d'intérêts. Mais c'est surtout leur façon de s'aimer qui diffère complètement, ils n'ont pas du tout la même approche de l'amour, de la façon de se comporter face à cela. Une grande partie du roman se focalise et cela dès le départ sur la pensée de Grady, (c'est elle le narrateur principal), le monde dans lequel elle vit, son comportement, ses parents et ses amis. Clyde arrive un peu plus loin dans le roman, vraiment pas au début et le lecteur fait sa connaissance seulement par l'intermédiaire de Grady, dans toute la subjectivité que cela comporte. Clyde nous semble encore plus étranger car le couple passe son temps libre dans le quartier de Grady, son appartement en haut d'un gratte-ciel, le quartier aisé à l'opposé de la vie de Clyde. Durant toute cette première partie du roman, Clyde est resté pour moi « le gardien du parking ». Sensation accentuée par le caractère égocentrique et capricieux de Grady, caractère qui étouffe toute expression des autres personnages.
Et puis à un moment on se retrouve catapulté brusquement du côté du point de vue de Clyde qui se livre, le personnage devient d'un coup beaucoup plus réel dans toute sa complexité, ses sentiments envers Grady et surtout son attachement à sa sœur Anne, personnage totalement secondaire du roman car elle est morte juste avant le début de l'histoire et pourtant, elle m'a beaucoup touché, j'ai eu l'impression que sa présence se fait sentir tout au long du roman, le petit poudrier au début, son histoire ensuite.
Plus l'été passe, plus leurs sentiments évoluent, se densifient, se complexifient. J'ai vraiment apprécié le lien entre les éléments naturels et les sentiments. Une passion ne semble pouvoir se vivre qu'en et que le temps d'un été. J'ai vraiment aimé la fin qui clôt de façon totalement adéquate et dramatique le roman.
Truman Capote possède un style très précis, le vocabulaire est riche, sans être compliqué. Un premier roman que beaucoup disent inachevé, chose que je n'ai pas ressentie même si il est vrai que ce roman est trop court pour que l'on s'ancre véritablement dans l'histoire.
Je suis très contente d'avoir fait la connaissance de ce grand écrivain, je pense essayer de lire prochainement De sang-froid car il a une façon de raconter les choses qui me plait beaucoup et j'ai envie de m'essayer à une de ses oeuvres « majeures ».
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Une écriture au charme fou
Ce livre ressemble plus, à mon avis, à une nouvelle (certes un peu longue) qu'à un roman. L'histoire étant relativement courte.
Bien que n'ayant pas été séduite par l'histoire racontée, je reconnais volontiers le talent de l'auteur. D'autant plus qu'il a écrit ce livre très jeune (moins de 20 ans) et qu'il s'agit de sa première oeuvre. Je n'ai lu de lui qu'un seul autre roman, De sang froid, qui a été un coup de cœur. Je n'ai pas « reconnu » le style de l'auteur, ne le connaissant pas assez pour cela, mais dès les premières pages de La traversée de l'été, j'ai tout de même ressenti une certaine force. Une façon d'écrire qui accroche. Pour un premier essai, l'écriture est fluide, très agréable et augure d'un grand talent.
Mais c'est sans doute la petitesse de l'histoire qui fait que je n'ai pas adhéré. J'ai trouvé que les personnages n'étaient pas assez explorés, exploités. Leurs potentiels n'ont fait qu'être effleurés. Tout comme l'histoire en elle même d'ailleurs.
Le personnage de Grady est le plus minutieux aux niveaux des descriptions. Cette gamine de 17 ans qui veut jouer les adultes mais ne sait même pas vraiment qui elle est ni ce qu'elle veut. Elle est amoureuse certes, mais au delà de ça, que sait-on d'elle ? Rien.
La seule chose que l'on saisit dès le début, c'est que cette romance est vouée à l'échec, que ce couple de gamins se dirige droit dans le mur. En ont-il conscience ? L'un comme l'autre je pense que oui. Mais comme on dit « on est pas sérieux quand on a 17 ans » et vivre à fond cette histoire est la seule chose qu'ils peuvent faire une fois les doigts dans l'engrenage.
Pour conclure, je dirais que l'histoire en elle-même ne m'a pas séduite. Mais l'écriture de l'auteur a malgré tout à un charme fou et je serais curieuse de lire d'autres romans de lui.
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Une écriture pleine de finesse et de piquant
La Traversée de l’été retrace les amours de Grady, jeune fille issue d’une riche famille New-yorkaise, et de Clyde, gardien d’un parking. Grady a dix-sept ans, elle est jeune, insouciante et passionnée. Elle se consacre donc à l’amour qu’elle éprouve pour Clyde sans penser aux conséquences de ses actes. Le thème n’a rien de novateur en soi, mais c’est la tournure que prend le récit qui donne tout l’intérêt à ce texte. L’écriture de Truman Capote contribue également à lui donner du rythme et de l’intensité.
Mais dans l’ensemble, je dois avouer que je n’ai pas beaucoup aimé cette lecture. L’insouciance de cette jeune-fille un peu trop gâtée et le côté un peu bourru et macho de Clyde ont fait que j’ai été contente de tourner la dernière page du livre, quittant cet univers malsain. Néanmoins, cela ne m’empêchera pas de découvrir d’autres textes de cet auteur dont j’apprécie l’écriture pleine de finesse et de piquant :
« Grady ne connaissait personne qui lui déplût autant que ce garçon, ni aucune fille qui fût moins séduisante que Winifred ; mais ensemble ils dégageaient un doux halo de lumière. On eût dit que quelque chose émanait de la matière grossière dans laquelle ils étaient taillés, une onde de pureté musicale. »
http://www.midola.fr/