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Le Vampire de Ropraz Le Vampire de Ropraz

Le Vampire de Ropraz

Jacques Chessex
Collection : Littérature & Documents
Prix TTC :
4,50 €

96 pages
Date de parution : 03.09.2008

Éditeur d’origine : Grasset
EAN / ISBN : 9782253122814
Code Hachette : 3122819
 
résumé

En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d’une méningite. Un matin, on trouve le cercueil ouvert, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Le nommé Favez, un garçon de ferme, est le coupable idéal. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915.
À partir d’un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la « crasse primitive », les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d’une époque ?

  • Bonus

  • Ce qu'ils en pensent

    Même si l’histoire ne convainc pas, le style s'impose.

    Comme promis par ici, je retourne à cet auteur dont le style ne m’avait pas laissé indifférent… En allant dans ma librairie, j’ai pris le premier trouvé : le vampire de Ropraz.

    Février 1903. Haut-Jura vaudois. Rosa Gillièron, la très belle fille du juge, vient de mourir d’une méningite, à 20 ans. L’enterrement passé, en pleine nuit de neige, la tombe est profanée. Le corps est découpé, violé, démembré et dévoré… Un crime qui dans cette Suisse du début du siècle précédent encore imprégnée des croyances et de superstitions, permet aux rumeurs les plus folles de se développer dans la population locale.
    L’horreur ne s’arrête pas là : trois autres tombes sont profanées, avec le même rituel. C’est un article dans un journal local qui franchit le pas : le vampire de Ropraz est en liberté… jusqu’à l’arrestation d’un homme qui comme partout ailleurs sera un coupable idéal.

    Comme dans « Un Juif pour l’exemple », Jacques Chessex part d’un fait divers pour construire son roman. Dans ces écrits froids, il y dénonce les superstitions, les rumeurs dévastatrices, les dénonciations calomnieuses, et la haine de la différence. L’auteur nous conduit donc dans cette affaire qui a bouleversé la Suisse et eut même un retentissement hors des frontières. La fin qu’il nous réserve provoque, et laisse planer le doute.

    Une écriture encore marquante et un roman toujours trop court. J’aurai voulu une fin plus étoffée, mais elle arrive comme un couperet lancé par l’auteur qui cherche à nous surprendre. Ce livre a parfois déçu, mais je pense que les lecteurs n’y ont pas trouvé ce qu’ils pensaient trouver. Le personnage principal n’est pas celui que l’on croit : le vampire est secondaire et se laisse coiffer par la partie la plus sombre de l'âme humaine. Point de véritable vampire, point d’enquête haletante… La froideur des descriptions nous fait garder cette distance face au crime, mais réfléchir sur les côtés les plus noirs de l’Homme. Effet réussi. Je continuerai donc l’aventure Chessex sans hésitation, tant son style est épuré, fort et incisif. Et sur ce point tout le monde semble d’accord.

    Même si l’histoire ne convainc pas, le style s'impose. Attention, quelques critiques sur la blogosphère dévoilent la fin de l’histoire… Dommage et inutile.

    Laurent, http://alombreducerisier.over-blog.org

    **

    Une belle intrigue avec des rebondissements surprenants !

    Jacques Chessex, écrivain suisse francophone auteur de nombreux romans, m'était encore inconnu il y a quelques semaines lorsque j'ai lu plusieurs bonnes critiques de ce livre dans la presse. Un roman d'atmosphère, de superstitions qui faisaient vraiment envie ! Et je n'ai pas été déçue....

    L'auteur s'inspire d'un fait divers qui s'est passé dans le canton de Vaud en 1903. Imaginez des villages isolés au cœur des montagnes et des forêts. Un matin, alors que Rosa la fille du juge vient d'être enterrée, on retrouve le lendemain son cadavre déterré et affreusement mutilé. Son sexe a été arraché et mâché, son thorax a été ouvert et on retrouve sur son corps des traces de morsure. Quelques jours plus tard, les mêmes méfaits sont commis sur d'autres jeunes femmes cadavres.... La légende se crée : on recherche activement Le vampire de Ropraz. La presse étrangère en parle également...On soupçonne un boucher puis un amoureux éconduit. Enfin, on arrête Favez, un garçon de ferme orphelin, qui a été surpris le sexe dans une vache ....
    A partir de l'arrestation, tout se complique. Doit-on le punir par la prison à vie? Ou Favez doit-il être interné dans un hôpital psychiatrique.

    Chessex replace ce fait divers dans le contexte du début de la psychiatrie (référence à Charcot). Favez apparaît finalement plus comme une victime : Chessex insiste sur les détails sociologiques (incestes, violences conjugales) qui expliquent la vampirisation de Favez. Car tout l'intérêt de ce roman réside dans la brillante description de l'atmosphère du village perdu. On se réapproprie les crucifix et les gousses d'ail pour éloigner le dit vampire, on en appelle aux superstitions moyenâgeuses. Les habitants sont assimilés à des peuplades arriérées qui vivent dans la saleté, la délation, la mécréance. Le sexe et le sang ont véritablement investi les mentalités.

    Certes, on peut reprocher à Chessex les détails morbides. Mais son dessein est bien de créer un véritable roman d'atmosphère et il y en a si peu dans la littérature française actuelle !!! On peut parler de livre d'épouvante ou encore de réflexion sur le statut de la folie dans nos sociétés. Je pense pour ma part que ce court roman (une centaine de pages) se rapproche plus de la fable. Sans vous dévoiler la fin surprenante (un beau pied de nez à la société bien pensante), je vous avertis juste que Chessex joue avec notre bonne morale judéo-chrétienne ! Il s'agit donc avant tout d'une belle intrigue avec des rebondissements surprenants !

    Sylvie, http://passiondeslivres.over-blog.com

    **

    Aussi vite lu, aussi vite oublié 

    Complètement emballée par le résumé et la photo qui illustre la couverture, je le suis beaucoup moins du livre. Ce court roman de 87 pages tient plus de la chronique journalistique et policière que de l'œuvre littéraire. Je m'attendais à trouver une histoire bien construite et narrée, je me suis retrouvée avec devant mes yeux, des phrases courtes, allant droit au but, sans fioritures. Nous sont alors relatés de manière très direct trois crimes atroces avec des termes froids tels des rapports de police: "Le sexe a été découpé, prélevé, mastiqué, mangé, on en retrouvera des restes recrachés, poils pubiens et cartilage, dans la haie dite du Crochet, à deux cents mètres au-dessus de la forge." Je ne suis pas une lectrice prude et je suis assez habituée à des scènes "hard", étant amatrice de lectures policières assez "gore" à la Grangé, mais à la lecture du Vampire de Ropraz, j'ai fait quelque fois une moue de dégoût.

    Pour le reste, une écriture très hachée, relatant les faits avec la rigueur d'un métronome, sans empathie de la part du narrateur. Je ne me suis donc pas attachée aux personnages et celui de Favez, le "bouc émissaire / meurtrier" ne m'a fait ni chaud ni froid.

    Quant à la fin... C'est une fin? Je ne dirai donc pas que j'ai perdu mon temps à la lecture de cette œuvre de Jacques Chessex, vu l'épaisseur du bouquin, mais je ne le recommanderai pas. Aussi vite lu, aussi vite oublié.

    Nefle, http://cafardsathome.canalblog.com



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