Ce coteau de Champagne qu’on appelle Berlin me parle d’ailleurs. J’interroge dans ce récit biographique les silences des hommes de ma famille. Mon grand-père vigneron, ancien combattant de 1914, injustement arrêté comme collaborateur en 1944. Mon père, instituteur idéaliste, à peine débourbé de sa forêt, prisonnier dans un stalag pendant plus de trois ans, résistant, à qui je dois ma vocation pour la lecture et l’écriture. Ils me cèdent presque malgré eux quelques bribes sorties de la nuit des humbles.