COMPTE | BASTIAN

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À propos de : Mer agitée
Mer agitée.- Christine Desrousseaux Dans ce bout du monde balayé par les vents, la mer semble vengeresse : elle ne dorlote pas les corps, elle les pique et les transperce. Et quand vient l’hiver, elle mord et s’acharne. Pourtant Jean ignore les saisons et le froid ; chaque jour, tel un automate, il reprend le chemin de la plage et s’obstine à se fondre dans cette eau rugueuse. Pour quelle raison s’obstine-t-il ainsi à nager presque jusqu’à l’épuisement ? Léo, son petit-fils, naguère joyeux et complice lui est revenu, défiguré par la guerre, indocile, souvent mutique, inaccessible. Alors lorsqu’au village se succèdent soudain les agressions, les disparitions, Léo devient le coupable idéal ! Isolé dans sa détresse mais secrètement confiant, Jean ne craint pas d’affronter toutes les hostilités : la suspicion, l’acharnement des voisins, la violence de la mer, la rumeur, les aveux de Léo… Un roman grave et émouvant, servi par des mots justes, qui résonnent au cœur du lecteur.
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À propos de : Par amour
Valérie Tong-Cuong.- Par amour Le Havre, durant la Seconde Guerre mondiale : la ville craque de tous côtés et perd ses couleurs au fil des jours. Ce roman mêle à l’Histoire tragique de la guerre, la vie de deux familles parentes et exprime l’exil, le retour, l’occupation, la tourmente, la peur, les ordres allemands, les bombardements britanniques, les rues qui se délabrent, les êtres qui se suspectent, les juifs qui disparaissent, la plage hérissée de blockhaus, les nouvelles du front que l’on attend, la maladie qui terrasse, la misère, les morts qui encombrent les fosses communes, la résistance qui balbutie, les explosions qui fracturent le ciel, les canons qui grondent… Un roman grave tissé entre les larmes et la vérité historique, un hymne à l’amour aussi !
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Lorsque dans l’école primaire de son quartier, Minh est invité à célébrer « la semaine cosmopolite », il vient, accompagnée sa grand’mère, et réveille une vieille marionnette endormie… Les enfants sont séduits. D’autres souvenirs émergent, qui font revivre dans ce vieux quartier de Berlin-Est, les traditions et les fêtes du Vietnam : chapeaux, tissus, passerelles éphémères, spectacles sur l’eau, sonorités orientales… fleurissent ici et là, et saupoudrent d’ exotisme un univers jusqu’alors figé dans ses habitudes. Ce roman teinté d’ouverture et de tolérance réveille les papilles et se déguste comme un grappe de litchis juteux et sucrés.
Voici un roman exigeant, original et déroutant qui se lit « à l’envers », pour raconter au travers de la vie d’un homme, quelques pages de la Rhodésie devenue Zimbabwe. En douze chapitres qui chacun éclairent le précédent, le lecteur est invité à franchir les douze portes de la maison de Gordon et comprendre ainsi les histoires mêlées d’un homme et de son pays : sa naissance indésirable entre une mère silencieuse et un père violent, son adolescence rebelle, ses années d’étude dans une institution pour enfants délinquants, son travail forcé dans une mine de cuivre, sa mort qui sans doute apaisera ses souffrances … et en filigrane de sa vie apparaît un pays crevassé par la sécheresse et puis gorgé de boues, saturé de misères, traqué par les léopards, les soldats britanniques ou les guérilleros, un pays qui sent la coriandre, la bière rance et le lait de chèvre, un pays qui résonne autant des paroles des ancêtres, que des musiques frénétiques ou des tirs des snipers … Un roman qui, en dépit de quelques lourdeurs, « s’apprivoise » et se mérite !
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À propos de : Le Dernier des nôtres
Un enfant naît miraculeusement sous les décombres de Drede en 1945. En 1968, à Manhattan, un jeune homme rencontre la « femme de sa vie ». Entre ces deux événements, l’histoire se déroule et virevolte depuis les feux de la guerre jusqu’aux lumières de la ville, entre les pleurs d’un nourrisson et les râles d’un agonisant, entre les rêves d’amour et les désillusions, entre les violences nazies et la corruption, entre les frères ennemis et les amies séparées, entre le luxe et la détresse… A la manière de deux pelotes aux couleurs et aux textures différentes, les brins de laine finissent par s’emmêler dans ce roman, pour créer un tricot tout aussi original qu’improbable, tout aussi chatoyant que détestable ! Voici un ouvrage dont la documentation historique est riche et foisonnante lorsqu’elle évoque des pages douloureuses de la Seconde Guerre mondiale, mais qui verse davantage dans le cliché lorsqu’elle évoque une facette de cette Amérique facile, luxueuse et méprisante… La lecture n’en demeure pas moins facile et plaisante !
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Joyeux suicide et bonne année / Sophie de Villenoisy A la mort de son père, Sylvie Chabert, quarantenaire et célibataire endurcie se sent brutalement étriquée dans une vie trop lisse, répétitive, atone et strictement codifiée : la solitude lui devient soudain tellement insupportable qu’elle décide de mettre un terme à ses jours. C’était sans compter sur l’écoute et les conseils surprenants de son psychanalyste, sur des rencontres inattendues et d’autres événements imprévisibles. Quelques notes d’humour fleurissent dans une partition jusqu’alors bien monocorde, un peu d’impertinence, beaucoup de générosité aussi… et voici un roman bienveillant, moins léger qu’il n’en a l’air et que l’on savoure sans modération entre un potage ordinaire et une coupe de vin pétillant. C’est aussi un hymne à l’empathie, à la fantaisie et à la tolérance, et les mots pour le dire sont justes, drôles, pertinents.
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À propos de : New York odyssée
New York Odyssée Voilà cinq ans qu’ils ont quitté l’université , mais les cinq étudiants d’hier sont restés inséparable et vivotent désormais, à New York de petits métiers incertains : Irène est devenue une étrange artiste peintre qui intègre dans ses œuvres les objets parfois hideux, parfois incongrus, toujours fantaisistes ; Jacob, le poète insolent, masque ainsi sa profonde sensibilité ; Georges, le chercheur en astronomie garde toujours les yeux dans les étoiles, mais vient de planter son coeur dans celui de Sara, la journaliste ; William est devenu le pro des placements financiers mais reste encore très brouillon et malhabile dans ses relations humaines. Tous les cinq vivent au présent à toute allure. Pareils au soufflet de l’accordéon, ils s’espacent le jour et se retrouvent la nuit ; ils fréquentent les bars branchés ou glauques de la ville, s’habillent selon leurs codes, courent les expos, les galeries, d’art , les vernissages, se délectent de folies, de démesures, narguent les interdits, vivent sans compter leurs amours tonitruantes, éphémères, ravageuses… Un diagnostic médical tombe soudain comme un couperet et annule leur insouciance. Tels des fauves pris dans les mailles d’un filet aux contours très imprécis, ils se regimbent, s’irritent, ignorent, tentent de fuir, se désespèrent… et ils se resserrent pour mieux faire front ! Le temps passe et cicatrise doucement les morsures. Leur jeunesse s’est envolée. La mémoire reste intacte. L’amitié survivra, autrement, ailleurs.
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À propos de : Today we live
Today we live Certains mots, certains prénoms portent en eux leur destinée ! Ainsi, et par une étrange coïncidence, la petite juive, dénoncée, traquée, enlevée, témoin de tant de meurtres et de tortures, se prénomme Renée… ! Alors, peut-être va-t-elle re-naître à une vie plus sereine, plus douce, plus confortable lorsque l’orage de la Seconde Guerre mondiale sera éteint ? Ce roman, fiction dans l’Histoire ou courte séquence de cinéma, tel une caméra, propose des arrêts sur image, des travellings, des zooms en s’attardant ici ou là sur les figures ou les décors de son choix : elle s’infiltre quelque part dans les paysages des Ardennes durant l’hiver 1944, se pose sur certains visages , entre dans les maisons dévastées, s’enfonce dans la boue des sous-bois, et enregistre des injonctions hurlées, des pleurs étouffés, le râle des avions, le bruit sec d’une balle , le cri d’un homme à l’agonie, mais aussi le murmure des âmes, les silences bavards… ! Tout comme le spectateur, le lecteur de ce roman ne peut détacher les yeux de ces pages douloureuses, souvent insoutenables, parfois délicieuses ! Et il observe, interroge et tente de comprendre les comportements de soldats-marionnettes, d’imposteurs, de monstres déshumanisés, de victimes abasourdies, d’êtres terrorisés, de lâches, de peureux, de jaloux… Ce livre, mélange de tendresse, de détresse, de repentance et de violence bien plus qu’un écrit littéraire, se lit comme on regarde et laisse au lecteur la liberté de s’arrêter, de souffrir, de détester, d’aimer, d’espérer… là où bon lui semble .
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À propos de : La Femme qui fuit
Entre invention et réalité, voici le récit d’une femme libre, dévastée par ses fulgurances, enchaînée à ses absents. Elle s’appelle Suzanne ; à dix-huit ans, promise à un « bel avenir », elle quitte Ottawa, sa ville natale et aussi sa famille : sa mère au cœur asséché par tant de grossesses et aux doigts qui ne savent plus jouer Chopin, son père Achille qui arrache les pissenlits, alors qu’ hier encore il enseignait, tous ses frères et sœurs. A Montréal, elle rencontre des jeunes trublions, enflammés, torrentiels qui se racontent de mille manières, avec un pinceau, un crayon, un morceau de vieille toile, une scène improvisée, ou bien juste une ribambelle de mots jaillis spontanément qui brisent les cadenas et les habitudes… Comme une fleur qui se déplie Suzanne y apprend l’art, la poésie, les vieux livres, la démesure et aussi l’amour, l’amitié, la couleur dans tous ses replis ; elle y apprend surtout la venue d’ un petit être tout neuf envolé de son ventre : Mousse, sa fille, sa farandole, son astre. Très vite vient s’ajouter un fils à son petit monde désinvolte et feutré : François. Et puis Suzanne s’éparpille, s’essouffle, s’enfuit, et abandonne ses enfants, son mari, toutes les promesses qu’elle s’était faites. A présent, vidée, délestée, elle court et erre en funambule et musèle tous ses souvenirs qui la rongent et l’émiettent. Au gré de ses rencontres, elle trimballe sa valise de musées en jardins publics, de chambres glauques en appartements spacieux, d’Amérique en Europe, d’ateliers en villes éventrées, de bus brinquebalants en hôpitaux fatigués … et peu à peu sa jeunesse s’enfuit. Vieille et recroquevillée, elle a quatre-vingt trois ans quand elle s’éteint en glissant sur le sol de sa salle de bains. La poésie qui sait s’insinuer derrière les lignes raconte bien mieux que les mots pesés et ciselés, les morsures du cœur, les larmes qui ruissellent de sel et de drame, les étincelles de l’art qui brillent dans la poussière. Beaucoup d’amour, beaucoup d’irrévérences, beaucoup de larmes, plein d’art… un énorme bouquet tout en arabesques et en poésie.
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À propos de : Idaho
Paul vient d'être affecté dans une base militaire de l'Etat d'Idaho et s'y installe avec son épouse et ses deux fillettes. Avec ses collègues, il est appelé à surveiller le bon fonctionnement d'un nouveau réacteur nucléaire : cette mission nouvelle est chargée de secrets, de doutes, d'angoisse aussi. Ses supérieurs lui paraissent obscurs : sont-ils honnêtes, compétents, responsables ? Incapable de contrôler la colère sourde qui le tenace, Paul laisse éclater une violence impulsive qui lui vaut une mutation immédiate. Il quitte la base militaire d'Idaho, et part pour le pôle Nord, abandonnant pour six mois sa femme et ses enfants. Mais l'éloignement creuse les fractures et ravive ses méfiances et ses blessures : Paul doute autant de la fidélité de Nathalie que de la sécurité de la centrale nucléaire. Ce roman est un intéressant creuset d'observations : il révèle avec justesse les secrets militaires qui peuvent induire la perte de confiance tant dans les relations professionnelles que dans la vie amoureuse, l'hypocrisie des relations hiérarchiques, la fatuité des ambitions personnelles, la précarité de certains équipements nucléaires, la fragilité des sentiments humains... L'intrigue haletante de ce roman masque cependant des faiblesses littéraires : le récit fourmille de détails inutiles, les dialogues sont inconsistants, les personnages sont souvent esquissés sans nuances, et le style reste très insipide.

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