COMPTE | Bellepage

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Ce n’est pas une nouveauté mais à force d’entendre dire : « Ce roman est tellement bien ! », je ne pouvais pas passer à côté. Harper Lee , l’auteure américaine qui a écrit ce beau roman dans les années 60 se définit comme La Jane Austen de l’Alabama. Suite à cet immense succès, elle n’a malheureusement rien écrit d’autre. C’est à travers la voix et les yeux de Scout, fillette de la petite ville de Maycomb que l’on découvre le racisme envers les Noirs et la ségrégation. Scout, son frère Jem et leur ami Dill s’occupent durant les vacances d’été, dans cette petite ville du Sud des États-Unis dans les années 30. Dans cet État du Sud américain, les Noirs vivent parqués dans des bidonvilles et au mieux, sont domestiques chez les Blancs. Le père des enfants, Atticus, veuf, est juste et bon. C’est lorsqu’il est commis d’office avocat de la défense d’un Noir accusé de viol que la ségrégation entrera dans la vie des enfants. Ce roman dans lequel on a trouvé beaucoup d’éléments autobiographiques, a remporté le prix Pulitzer et est inscrit dans les programmes scolaires américains de lecture. Son retentissant triomphe est largement mérité. On entre de plein fouet dans cette ambiance sudiste américaine : raciste et très pieuse… Truman Capote, également originaire de la ville de Monroeville en Alabama, comme l’auteur, a prétendu être le personnage de Dill. Il aurait également prétendu être l’auteur d’une bonne partie du roman ( !) Ce livre est un vrai dépaysement, un réel plaisir qui nous fait découvrir une Amérique en pleine dépression des années 30, bourrée de préjugés et qui a du mal à se relever de la crise. La pauvreté est très présente. Les enfants nous livrent leur vision innocente de ce monde. Un livre culte à lire absolument. Désormais, j’ai envie de voir l’adaptation cinématographique sortie en 1961 sous le titre Du silence et des ombres.
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À propos de : L'oeuvre
L’Œuvre de Zola. Le 13e Rougon-Macquart m’a beaucoup séduite. Les malheurs du héros, ce peintre Claude Lantier, fils de Gervaise de l’Assommoir, qui ne parviendra pas à trouver le succès et sera systématiquement refusé au Salon des expositions artistiques. On a dit que Claude était le pendant de Paul Cézanne, l’ami de Zola depuis le collège d’Aix-en-Provence, qui lui-même se représente dans ce roman sous les traits de l’écrivain Sandoz. On a entendu dire que Cézanne s’était fâché de cette comparaison avec un peintre « raté ». Or, il n’y a pas que du Cézanne dans l’œuvre, il y a beaucoup de Manet, notamment avec sa célèbre toile Le Déjeuner sur l’herbe. En fait, comme l’explique Marie-Ange Voisin-Fougère dans la préface passionnante du livre : « Cézanne et Manet ne sont pas les seuls modèles dont s’inspira Zola… ». Pour ne pas vous dévoiler l’histoire, j’arrête là la citation, mais sachez que Zola s’inspire de nombreux peintres. Cette œuvre qui s’inscrit dans la pure tradition des Rougon-Macquart, son style très cru et particulier, m’a enchantée comme les autres de la série et m’a appris beaucoup de choses sur l’organisation et le déroulement des Salons : celui des admis et celui des refusés. Le Paris de la fin du XIXe siècle, celui des sans-le-sou qui seront, dans la pure tradition « zolienne » et naturaliste frappés par des malheurs successifs. L’histoire se lit en quelques jours, on est embarqué par le style romanesque et l’écriture si particulière. Je recommande tout particulièrement la nouvelle édition du Livre de Poche, fort bien illustrée par des peintures, dessins et portraits des peintres impressionnistes et dont la préface très bien documentée, et les notes m’ont autant enchantée que le livre.
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À propos de : Rouge Paris
Mais qui était la sulfureuse Olympia, la muse du peintre impressionniste Édouard Manet ? À travers ce beau roman, Maureen Gibbon nous fait entrer dans l’intimité de Victorine Meurent, jeune Parisienne de 17 ans éprise du peintre et qui deviendra son modèle fétiche. Très documenté, ce livre se lit d’une traite grâce à la forme romanesque, simple et accessible. C’est Victorine qui raconte, à la première personne, sa vie d’ouvrière parisienne du milieu du XIXe siècle. Brunisseuse de métier, la vie est rude. Son mince salaire ne lui permet pas de se nourrir à sa faim, si ce n’est d’une soupe achetée dans la rue. Elle partage une minuscule chambre avec Nise, son amie et collègue d’atelier. La rencontre avec Manet sera décisive pour un changement de carrière radical. « Modèle professionnel » du peintre, maîtresse dévouée et amoureuse… Victorine va s’épanouir et se révéler. C’est à travers la jeune fille que l’on « survole » plus qu’on ne le découvre, l’artiste. Le récit de son travail passionnera tous ceux qui s’intéressent à la peinture. Comment est né le célèbre et décrié tableau Olympia ? dans quel contexte ? Comment Manet détonnait-il parmi ses contemporains ? Après avoir tourné la dernière page de Rouge Paris, j’ai eu envie de filer au musée d’Orsay revoir les tableaux Olympia et Le Déjeuner sur l’herbe, qui ont fait scandale à l’époque et de me plonger dans le regard intense et coquin de Victorine Meurent.
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À propos de : Berthe Morisot
Si vous aimez comme moi la peinture, vous allez adorer ce livre. À travers le magnifique portrait autobiographique de Berthe Morisot, LA peintre impressionniste du groupe de Manet, Monet, Renoir, Degas…, on est immergé dans le Paris du XIXe siècle, les courants artistiques, la politique avec la guerre franco-prussienne, l’éclatement de la Commune… Dominique Bona par son récit, donne vie à cette femme peintre, qui a réussi à mener une vie de famille, tenir salon tous les jeudis pour recevoir ses amis, et malgré tout, consacrer sa vie à son art, en peignant des toiles de façon prolifique. Peindre « sur le motif » Par sa belle plume très documentée, Dominique Bona nous fait découvrir comment le mouvement impressionniste est né, pourquoi ces peintres talentueux ont refusé de rester dans le rang du classicisme, comment ils sont allés peindre « sur le motif », en extérieur pour mettre de la lumière dans leur tableau et en faire ressortir les émotions. La technique qui a évolué (chevalets portables et couleurs en tubes) leur a permis de quitter l’atelier pour peintre la nature et la vie. Cette autobiographie dévoile quelques éléments techniques sur la peinture (vraiment très abordables), mais surtout les liens entre les uns et les autres. Les railleries des journalistes lors de la découverte des œuvres impressionnistes, les refus par le Salon, les expositions parallèles… Grâce à Berthe Morisot, qui a tissé des liens très forts d’abord avec Édouard Manet (dont elle épousa le frère Eugène), puis avec les autres (Puvis de Chavannes, Renoir, Monet, Pissaro, Cézanne, Boudin, Degas, Mallarmé, son fidèle et proche ami…), on découvre les joies et les tourments de ces célèbres artistes. Voilà un livre passionnant, fort accessible et qui donne envie de courir au musée d’Orsay voir ou revoir ces magnifiques toiles impressionnistes.
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À propos de : Les Corps inutiles
Encore une fois, Delphine de Bertholon nous entraîne dans une histoire où les drames psychologiques et les caractères bien trempés de ses personnages nous captivent. J’aime lire Delphine Bertholon, elle a un talent fou pour raconter des histoires pas comme les autres : à la frontière entre le roman et le thriller. J’avais adoré Grâce, dont je recommande vivement la lecture. J’ai beaucoup aimé Les Corps inutiles que j’ai lu d’une traite, jour et nuit (insomnie aidant). C’est l’histoire de Clémence, une jeune fille de 15 ans à qui il arrive un « problème », une mauvaise rencontre. Dévastée, la jeune fille mettra quinze ans à s’en remettre et vivra une vie « de robot », mécanique et gâchée, dénuée de toute émotion. Que va faire Clémence pour vaincre ce mal-être et retrouver une vie normale ? On sent que cette demoiselle, fort attachante, très tourmentée, est sur le qui-vive, elle a perdu son équilibre. Prête à faire de bêtises, prête à se faire du mal… On tremble avec elle… Heureusement, de belles rencontres vont la sauver. La construction du récit avec une alternance de chapitres entre Clémence à 15 ans et Clémence à 30 ans est très réussie. Bon, après le drame qui nous tient en haleine pendant les trois quarts du roman, les « Happy end » s’enchaînent un peu trop vite à mon goût. Cependant, Delphine Bertholon possède la faculté de nous faire rentrer dans la psychologie de ses personnages, très attachants malgré leurs failles. Les parents de Clémence sont une anthologie de conformisme et d’absurdité. Et pourtant, elle les aime ! On ne choisit pas sa famille, on la subit tant bien que mal, n’est-ce pas ? Et ce flic, Damien, modèle de gentillesse et de discernement. Amies du Sud, l’histoire de ce roman se situe chez nous, ce qui a rajouté à mon plaisir ! je ne vous dévoile pas la ville, que vous découvrirez vers la fin… un peu de suspense. Quant à l’écriture, rien à redire, fine et concise, relayant bien toutes les émotions, comme toutes les auteures françaises que je lis en ce moment. Un seul bémol : toutes ces écritures contemporaines se ressemblent tellement ! Heureusement que Delphine Bertholon sait nous séduire par ses histoires inattendues pour sauver la mise ! Bellepagesite

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