COMPTE | Bénédicte Lagarde

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À propos de : Le Son du silence

Je viens de lire d'une traite Le son du silence, bouleversant témoignage de la pianiste Hieon Jeong Lim.
J'ai aimé découvrir le lien d'amour si fort la liant à sa mère-sésame, l'histoire terrible de sa famille paternelle.
J'ai aimé rencontrer cette petite fille passionnée par la musique et les compositeurs européens.
J'ai été époustouflée par cette jeune fille née en 1987 et qui pourtant est pétrie de toute la sagesse du monde comme si elle avait atteint un âge vénérable.
Au fil de ma lecture, j'aurais voulu lui présenter mes excuses pour toutes ces mesquineries de l'Administration française qui l'ont fait souffrir, pour le manque de fraternité de mes compatriotes qui ne l'ont pas accueillie à son arrivée dans notre pays, ou qui ont jalousé son talent inné.
Ce livre très fort est un grand moment de lecture, que je vais recommander à mes amis musiciens, mais aussi à tous ceux qui veulent découvrir la spiritualité du bouddhisme par le prisme des yeux de Melle Lim.

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Mince, j'ai déjà oublié ce que j'en ai pensé en le lisant ... Voilà, c'est justement pour cela que l'auteur a écrit ce vade me cum à l'usage des étourdis, des sans mémoire et des gens qui ont du temps. Personnellement, je n'ai suivi aucun de ses conseils, qui m'ont semblé trop longs à mettre en oeuvre et surtout, nécessitent (à mon avis) d'avoir déjà une mémoire infaillible pour se lancer dans l'expérience.

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À propos de : Le journal de Myriam

Myriam est une adolescente qui vit la guerre civile en Syrie sans prendre parti pour un des protagonistes. Ce qu’elle subit, ce sont les rationnements, les bouleversements dans sa vie quotidienne, les arrangements de bric et de broc que ses parents prennent pour maintenir un semblant de normalité dans son enfance et celle de sa sœur. Je venais de lire Les passeurs de livres de Daraya, témoignages transcrits par une journaliste, de ces étudiants qui sous les bombes syriennes, se préservent une bulle de liberté par la littérature, en créant une bibliothèque car pour eux les livres sont une arme d’instruction massive. Myriam écrit ce qu’elle vit afin de se préserver, elle aussi des bombes, et nous donne à lire son témoignage brut, duquel il ressort que les guerres, toutes les guerres, détruisent en premier lieu l’enfance et la jeunesse.

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À propos de : Colette et les siennes
Cet essai est un long pensum répétitif sur la vie de Colette et celle de ses proches amies. Vous aimez Colette et son écriture précise, très descriptive ? Alors vous aimerez sans doute en apprendre plus sur les relations féminines qu'elle cultiva toute sa vie. Colette vous indiffère et son style vous paraît suranné ? Ne perdez pas votre temps à lire ce livre. Dominique Bona meuble son ouvrage de citations et pratique la redondance à outrance. Je n'ai pris aucun plaisir à la lire.
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896 pages pour retracer un peu plus de 10 000 ans de civilisation : un challenge que François Reynaert relève avec succès. Bourré de références bibliographiques permettant un approfondissement nécessaire à celui qui veut réellement se documenter sur une période, un événement ou un personnage historiques, ce livre est une bonne vulgarisation de l'histoire mondiale. L'auteur a surtout fait preuve d'originalité en nous présentant l'histoire sous un aspect global, qui change de la perception ethnocentrée sur l'Europe qui était encore enseignée il y a peu de temps à l'école, au collège et au lycée : ici tout est mis en résonance, chaque chapitre permet d'apprendre ce qu'il se passait au même moment en Asie, en Amérique, en Afrique, en Europe, en Océanie, même si certains continents n'étaient pas encore "découverts" par les Européens à la date en question. C'est le grand intérêt de ce livre. Certes, les faits historiques ne sont que survolés, mais l'auteur prévient dès l'introduction : il ne faut pas chercher ici les petits détails historiques ni tous les personnages qui ont fait l'Histoire des nations. C'est un livre de culture générale, ce n'est pas un livre pour les historiens.
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Ce livre est bouleversant. Six mois après l'avoir lu, il me hante encore. L’auteur, M.L. Stedman, écrit là son premier roman, et c’est un coup de maître. Elle décrit, patiemment, méthodiquement, scrupuleusement, l’attachement d’une mère pour son enfant. Puis la douleur ressentie lorsque cet enfant lui est enlevé. Et qu’importe la façon dont cela a lieu : par la barbarie des hommes lors de la première guerre mondiale, par la bêtise des hommes saouls et vengeurs, par la nature physiologique lors d’une fausse couche, par la loi humaine qui obéit à la loi divine et non au cœur des femmes, laquelle loi interdit qu'on puisse enlever un enfant à sa mère biologique … Ce roman se passe sur la côte ouest de l’Australie dans les années 20 mais pourrait se passer aujourd’hui dans n’importe quel endroit du monde. Il décrit aussi la façon dont un homme a pu survivre à la boucherie des tranchées en 18 mais pas à un mensonge allant à l’encontre de ses principes de rigueur et de franchise, même forgé par amour fou pour sa femme. L’action se passe sur l’île de Janus Rock où il est gardien de phare. Janus, le dieu aux deux visages, comme Tom, l’homme droit et franc, qui cache ce mensonge commis par amour : on voit, page après page, comment un homme droit peut se retrouver malade d’avoir dû mentir, et ne peut s’affranchir de ses valeurs morales. J’admire la construction magistrale de ce roman dont l’histoire va crescendo et m’a laissée bouleversée, retournée, émue, et réfléchissant à ce qui importe dans la vie … Après l'avoir lu, je l'ai prêté, offert, j'en ai parlé, il fait partie d'une "bibliothèque tournante". C'est l'un des romans qui m'a le plus marqué de toute ma vie de lectrice. Et ce fut une grande chance d'avoir fait partie du jury du Livre de Poche cette année, car peut-être ne l'aurais-je jamais lu ? Ne serait-ce que pour cette raison, merci au Livre de Poche !!!
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La vie (et les pensées intimes) d'un jeune homosexuel dans un Vietnam tiraillé entre respect des coutumes ancestrales et modernité. 732 pages dont on peut retirer au moins la moitié. Autant j'ai apprécié découvrir ce que je ne connaissais pas : une culture, des coutumes et un mode de vie, des usages pour le comportement dans les différentes circonstances de la vie, des habitudes culinaires. Autant j'ai détesté le ton à l'eau de rose de ce roman, qui n'est qu'un faste fatras des pensées intimes de l'auteur, qu'elle colle à son personnage, le rendant mièvre la plupart du temps. J'ai réellement dû m'accrocher pour aller au bout, alors que le style littéraire (la traduction donc) est très léché.
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Chronique des années de plomb vécues par la population iranienne de l'avènement de Khomeini (qui n'est jamais nommé par l'auteure) à nos jours. Ce livre raconte le destin de plusieurs enfants élevés par leur tante et leur grand-mère à l'ombre du jacaranda poussant dans la cour de cette dernière, alors que leurs parents sont en prison du fait de leurs actions contre le gouvernement des mollahs. Pour certains la liberté sera à l'Ouest, pour d'autre ce sera la continuation de l'action de leurs parents. Le premier chapitre nous plonge dans l'univers carcéral du régime, au moment de l'accouchement d'une des condamnées, et c'est un vrai uppercut. On ne sort pas de cette lecture sans un grand nombre de réflexions. J'ai vraiment apprécié cette plongée dans la vie d'Iraniens qui ne voulaient, qui ne veulent qu'une chose : vivre libres !
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À propos de : L'Aquarelliste
L'histoire se passe à côté de Milan, à la veille de la Révolution qui fondera l'Italie. Bianca est d'origine anglo-italienne, orpheline et douée pour le dessin et notamment l'aquarelle. Elle est embauchée par Tita, poète célèbre et féru d'horticulture, pour croquer et rendre éternelles sur le papier les fleurs de la propriété familiale. Au fil des saisons, Beatrice Masini l'observe, lui prodigue des conseils et raconte son quotidien. C'est cet artifice d'écriture qui m'a empêché d'adhérer tout à fait à cette histoire. Dommage ...
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À propos de : L'Ombre douce
1954. Hanoi. La rencontre entre Yann, soldat breton grièvement blessé sur le front, et Mai jeune Indochinoise qui le soigne. Leur coup de foudre entraînera la disgrâce familiale pour Mai. "La vie n'est-elle pas comme une journée ?" Yann et Mai vont la vivre pleinement avant le départ du jeune homme pour les collines de Diên Biên Phu. L'écriture de Hoai Huong Nguyen est fluide, l'histoire troublante. J'ai beaucoup aimé ce roman.

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Portrait de Bénédicte Lagarde