COMPTE | CateWonk

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L'atmosphère de ce roman m'a poursuivi plusieurs jours après la lecture. Ces deux histoires qui ne font qu'une, la beauté et la fluidité de chacun des chapitres comme autant de tableaux. Ce livre fait partie de ceux que j'aurai plaisir à relire, aucun doute dans mon choix.
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J’ai tout simplement adoré. On plonge avec plaisir dans ce roman historique parsemé de mysticisme. Dans ce ghetto juif du Caire des années 1920-30, chaque petit événement de la vie est discuté par la communauté, et on règle les problèmes comme on peut, en mélangeant orthodoxie religieuse et rituels magiques. On se ballade dans un pays pluriel, balayé par les vents et le sable. On se délecte de chacun des personnages, hauts en couleur, et de leur amour vache : - «Allons, ô mon fils, ô pacha, ô mon âme, que veux-tu donc ? Dis-le-moi et finissons-en, espèce de larve sans cervelle ». À travers le destin de Zohar et de Masreya, sa sœur de lait, c'est un tournant dans l'histoire de l'Égypte que l'on découvre.
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À propos de : La Femme qui fuit
Portrait saisissant d'une femme éprise de liberté, tiraillée entre son art et une vie de famille et ses contraintes. S'en suit un choix drastique, avec regrets mais qu'elle assumera jusqu'au bout.
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À propos de : Une allure folle
À partir de documents glanés dans les reliques familiales, Isabelle Spaak tente de retracer le parcours de Mathilde sa grand-mère et Annie sa mère, des années folles aux années 1970. Les deux femmes trainent une réputation controversée. La première, demi-mondaine essaie d’intégrer sa fille née hors mariage à la bonne société bruxelloise, tout en subissant les affres d’un amour impossible. La seconde, fera la une des journaux dans les années 1980, après avoir assassiné son mari avant de se donner la mort (Ça ne se fait pas, 2004). La narration est sobre, on suit l’enquête d’Isabelle Spaak dans les lieux habités par ces deux femmes, de la Belgique à l’Italie, en passant par la France. Des photos, des lettres que la journaliste essaie de remettre en ordre pour découvrir ce passé dont elle ne connaissait que quelques bribes. Beaucoup de descriptions de photos, comme si l’auteur voulait éviter d’extrapoler, et qui donnent l’impression d’un récit en surface. Elle raconte la masse de documents, de missives à décrypter. Ce passage en revue permet d’entrevoir le parcours de ces deux femmes de caractère, amoureuses déçues.
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À propos de : City on Fire
L'auteur tisse sa toile, distille les indices au compte-gouttes. Si certains passages sont laborieux à lire tant ils s'étendent en longueur, on a quand même envie d'aller jusqu'au bout pour enfin connaître le fin mot de cette histoire. Qu'arrive-t-il à tous ces personnages que l'on a suivis au fil de ces 1200 pages ? Une agréable narration mais alourdie par certaine descriptions.
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À propos de : Femme au foyer
Deux réactions face à ce roman. Pendant et après lecture, un rejet total. Puis, il soulève une question sur le rapport que l’on peut avoir face à la dépression, quand on n’est pas en empathie avec la personne qui en souffre. Anna est une femme au foyer de 37 ans qui s’ennuie dans sa banlieue zurichoise dorée. Américaine, elle ne s’est jamais vraiment intégrée à cette nouvelle vie. Après 9 ans, elle ne parle toujours pas la langue, n’a pas de compte en banque et passe des heures et des heures dans les trains et les bus car bien sûr, elle n’a pas le permis. Pour combattre sa solitude, elle se contente d’essayer d’être ce qu’on attend d’elle. Une mère aimante et présente, une épouse bien sous tout rapport. Mais ça ne fonctionne pas alors, elle cherche le frisson dans les bras de ses amants. Entre jouissance et mélancolie, la petite mort en somme. Son apathie est contagieuse, la lecture poussive, on a envie de lui dire de se bouger un peu, beaucoup même. C’est souvent ce que l’on dit aux personnes dépressives que l’on n’arrive pas à comprendre. D’où vient ce manque d’empathie ? Du personnage qui doute d’un bout à l’autre du livre. De l’écriture aussi qui alterne évènements qui se trainent en longueur, trajets dans les transports en commun, monologues intérieurs à n’en pas finir, le tout saupoudré de séances de psy qui tournent dans le vide. La fin aussi est en deux teintes, c’est là qu’il se passe enfin des choses, mais quel prix à payer pour l’adultère. Une dichotomie entre le bien et le mal assez caricaturale.
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À propos de : Encore
Gazâ, fils de Ahad, un passeur turque, nous raconte son histoire. "Si mon père n'avait pas été un assassin, je ne serais pas né...". De quelle naissance s'agit-il ? Car Gazâ, jeune homme aussi brillant que perturbé en a eu plusieurs. Toute son existence est une succession de morts et de renaissances. Quand sa mère tente de le soustraire à son père et que ce dernier le récupère. Quand il apprend qu'il fait partie des meilleurs élèves de Turquie et qu'Ahad brise ses rêves. Quand il rencontre la plus belle fille du monde qui ne comprend pas ce qu'il veut d'elle. Quand il embrasse la "carrière" de son père et décide de profiter de cette situation pour pratiquer des expériences malsaines, avant de le payer au prix fort. Quand il finit par avoir la vie dont il rêvait, pour finir terrassé par son passé. Et c'est cela tout au long du roman, des réussites et des échecs. C'est une lecture très actuelle qui nous laisse entrer dans la psychologie d'un passeur à l'esprit tourmenté, qui se ballade entre éclairs de lucidités et pétages de plomb. Ou comment la violence peut conduire à la barbarie. Des réflexions très intéressantes sur le mal chez l'être humain, un écriture très juste quoique parfois beaucoup trop descriptive. À aucun moment on ne se doute de se qu'il va se passer au chapitre suivant.
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À propos de : Entre ciel et Lou
Lou, le pilier de la famille s’en est allée, balayant les rêves de retraite paisible de son mari, Jo, sur l’île de Groix. Elle laisse une famille à la dérive, un fils et une fille aux cœurs brisés, deux petites filles malheureuses et un mari perdu au milieu de tout ça. Mais elle connaissait Jo, alors pour l’empêcher de sombrer, Lou lui laisse une dernière mission, réparer sa famille. On suit Jo, entre son chagrin et ses tentatives abracadabrantesques pour interférer dans la vie de ses enfants et de ses petits-enfants. Et le reste de sa famille qui se débat tout autant. Les multiples points de vue, un par personnage, même celui de Lou, peuvent dérouter à la lecture. C’est une jolie histoire, un peu tirée par les cheveux, par moment. Et puis il y a l’île de Groix, en Bretagne.Plus qu’un arrière plan, un personnage à part entière tant elle influence chacun des personnages de ce roman. « Qui voit Groix voit sa joie ! » dit le proverbe. J’ai bien envie d’aller y faire un tour.
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Seconde guerre mondiale. Nous suivons le destin de deux enfants devenus de jeunes adultes à la fin de la guerre. Marie-Laure dans la France résistante, Werner dans l’Allemagne d’Hitler. Deux vies que tout semble opposer et qui pourtant finiront par se croiser. Une lecture fluide et rythmée grâce à la succession des tableaux, qui permet d'alléger ce récit historique.
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Au début, on tarde à entrer dans l'histoire. On se dit, encore un roman de campus... C’est alors qu’un glissement vers le thriller psychologique s’opère. Léger, mais l’atmosphère pesante y est. Le campus devient un simple décor. L'intelligence émotionnelle d'Oscar Lowe le rend attachant, contrairement à Eden Bellwether avec son narcissisme agaçant, de plus en plus inquiétant. Tout au long de l’histoire, la musique d’Eden et de ses acolytes résonne, nous happe, tout comme le roman, dans un tourbillon de beauté, d’aliénation et de démence. D’autres personnages arrivent, enrichissent le récit qu’on finit pas ne plus pouvoir lâcher avant d’en connaître la fin.

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