COMPTE | christinef

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Malgré ses 884 pages, impossible de lâcher ce thriller qui, en dépit d’une écriture à quatre mains, marque de son originalité, nous offre une lecture fluide et une enquête criminelle complexe mais parfaitement bien articulée sur fond de marché du sexe et de séquestration. Lara Mendès, journaliste d’investigation, est enlevée à l’issue de son émission « Un samedi pas comme les autres ». Faut-il y voir un lien avec la triple pendaison et l’affaire Moreau ? Sookie Cartel, policière scrupuleuse jusqu’à la maniaquerie, est chargée de l’enquête. Impossible d’imaginer jusqu’où va nous entraîner son obstination à révéler la vérité. On se prend très vite d’empathie pour les personnages atypiques, haut en couleurs et particulièrement attachants. Captivant, étoffé et très rythmé, ce roman nous confronte à la réalité du monde moderne, ses déviances et nous interroge sur l’impartialité de la justice. J'ai adoré !
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À propos de : Une terre si froide
Un polar des années 80 décalé, rétro, sur fond de pantalons pattes « d’eph », de mini-jupes et disco, en plein cœur de l’Irlande du Nord, de ses grèves de la faim, bombes et terroristes. Pas facile dans un tel contexte pour le sergent Duffy de mener son enquête sur le meurtre étrange de deux homosexuels et d’un suicide. Mais, lancé sur la piste de Lucy Moore et de l’IRA, rien n’arrêtera ce flic catholique au sein d’une police protestante, ni les manifestants, ni les journalistes, les agitateurs, les grévistes en tout genre et surtout pas son obsession de découvrir une bombe sous sa voiture. Méticuleux et intelligent, Adrian McKinty dépeint comme personne la violence et la haine véhiculées par ces guerres de religion. Polar politique percutant.
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Un surprenant polar qui restitue parfaitement l’esprit québécois, alliant bonne humeur, humour et horreur, dans un style direct et franc. Un véritable voyage aussi, l’auteur aime le Québec et sait nous le faire partager en nous faisant découvrir l’environnement méconnu du lointain nouveau monde, ses us et coutumes, et ceux des Mohawks. Lorsque le capitaine Daniel Magne, officier de la police judiciaire affecté au commissariat du Xième arrondissement de Paris, est envoyé à Montréal pour assister au congrès Francopol d’Ottawa, il ne se doutait pas une seule seconde qu’en accompagnant le sergent Trudeau, son collègue canadien pour aller prendre, comme ils disent là-bas, « son char » au parking, il allait entrer de plein fouet dans une enquête époustouflante en plein cœur des terres canadiennes mêlant trafics florissant de drogues, d’armes et d’enfants, avec les jeunes Mohawks, peuple autochtone du Québec. Percutant, dépaysant, ce polar noir, dont l’accent chantant québécois entre les « icitte » les « nous autres » et les noms de « Lachance », « Lafleur », « Lacouture » résonne encore à mes oreilles, contient non seulement tous les ingrédients d’un excellent polar mais il est également un hymne aux valeurs ancestrales. Transcendant, plus fort que les vices et trafics en tout genre, il véhicule ses convictions avec force. Emouvant et touchant, l’auteur fait mouche. Les quatre racines blanches : une très belle réussite et un auteur en devenir.
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À propos de : Les Apparences
Un thriller haletant qui nous intrigue d’entrée de jeu. Plus on avance plus on s’enfonce dans la manipulation. L’auteur sait admirablement distiller avec perniciosité les embûches, ouvrir des brèches et semer le doute dans nos esprits, faisant monter angoisse et incompréhension. Ils forment un couple parfait, jeunes beaux et riches : Amy Elliott l’auteur de « L’épatante Amy », et Lance Nicolas Dune, alias Nick. Mais insidieusement tout se délite lorsque Nick perd son boulot de journaliste et que le dernier « Amy » est un flop retentissant. Déménagement dans le Missouri, vieille bourgade de North Carthage où Nick ouvre un bar avec sa sœur Jumelle Go pendant qu’ Amy tient son journal de midinette, jusqu’à sa disparition brutale et mystérieuse le jour de leur 5ième anniversaire de mariage. Dans un style bluffant et singulier, Gillian Flynn possède l’art du contre-pied. Une chasse au trésor cauchemardesque orchestrée par Amy avant sa disparition désigne Nick comme le coupable idéal. Entre fausses pistes, mensonges et non-dits, la disparition d’Amy révèle peu à peu les relations toxiques du couple et fait basculer l’opinion publique, tantôt hostiles tantôt favorables à Nick, au gré des subterfuges et des nouvelles découvertes de l’enquête. Roman machiavélique d’une efficacité redoutable.
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À propos de : Les Fantômes du Delta
Découverte du Delta du Niger, un monde âpre, dur, qui ne fait pas de cadeau ; Un monde qui ne sait pas toujours comment se soigner, et est encore rempli d’innocence et d’analphabétisme. Un jour se présente une femme à l’orphelinat "des petits frères du peuple". Elle dépose au Père David une petite fille, Nais, née de ses entrailles et des siennes. La petite a un pouvoir lui dit-elle « ils » disent que c’est une sorcière, et « ils » veulent la tuer. Les croyances ont beaucoup d’importance ici et la lutte contre le capitalisme aussi. Un mouvement est né : le MEND : le movement for the Emancipation of the Niger Delta Yaru Aduasanbi et Henri Okah en font partie. C’est la guerre pour récupérer la richesse sous leurs pieds. Au Delta du Niger, tout est amer, la nourriture, la viande, les légumes le tabac, le sucre frelaté les champs de manioc. Tout est pollué par les fuites des oléoducs, Il y a une puanteur de végétarien en décomposition. Jacques Rougée chef mission MSF et Benjamin Dufrais font leur travail tant bien que mal et lors d’une visite de contrôle ils se retrouvent mêler involontairement à cette guerre, et à la quête de la petite Nais. Sur fond d’une idylle avortée entre Megan et Benjamin Dufrais, de batailles entre mercenaires, le Général Aduasanbi, Henri Okah, et Umaru Atocha le nègre blanc, les forces spéciales et des infiltrés au bidonville de Baganako, chacun ne présente au fond qu’une seule facette de soi-même, chacun gardant ses mystères et ses non dits, nous découvrons un monde déstabilisant et effrayant, en quête d’argent et de pouvoir .. bien pire que ce que l’on aurait pu imaginer de la jungle.
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Il porte bien son nom celui-là, sauf que ce n’est pas un animal. Il s’appelle INJA , Inja Mazibuko dit aussi Indura, il est flic et chef zoulou.. et surtout n’a rien d’un humain. L’action se situe en Afrique du Sud, à Bhambatha’s Rock. Tout commence par un assassinat : Baker. Puis un deuxième, celui de la femme de Robert Dell et de ses enfants. Désigné comme coupable, Dell va tenter de mener l’enquête. Dans ce polar sud africain nous découvrons les coutumes du peuple zoulou : comment tendre la main droite en serrant le coude avec la gauche selon l’usage africain, mais s’y révèle avant tout la cruauté, comme une douleur de plus en plus vive, dont l’auteur parvient divinement bien à nous faire ressentir le paroxysme. Cette violence qui se dévoile quasi visuellement de page en page, à peine soutenable avec force détails : « éviscérer », « arracher les yeux » .. Dans un cocktail d’alcools, de bières, de whiskys .., on se déplace en Bmw, en pick up, en Ford, en Mercedes ... Les odeurs, les puanteurs ont leur langage : flasques, sang, mucus, odeur de feu de bois, savon, joint, sueur, herbes, maladie, ainsi que les coutumes que nous partageons avec la petite Sunday, fille cachée de Disaster Zondi. Dans un village culturel reconstitué, Sunday dans sa hutte apporte la calebasse, en jupe de perle, collier et sein recouvert d’une bavette en peau d’animal, mollet cerclés de perles. Nous sommes invités dans les rituels tribaux (exorciser, scarifier, bénir un couteau…), croyances et présages de cette lointaine contrée. Indura veut épouser Sunday pour retrouver sa santé, mais c’est sans compter sur Disaster, Dell et son père Earl Robert Goodbread ! Un roman qui dépeint avec justesse la cruauté sans limite, l’affrontement explosif entre le blanc et le noir : Boer et Zoulou ; un monde sans détour, qui soulève le cœur et les émotions.
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Des nanas, de belles bagnoles, du fric et des meurtres … un polar presque banal sauf qu’il n’est pas si noir que ça. Spero Lucas est enquêteur pour Tom Petersen, le meilleur avocat pénaliste de la ville. Tout commence par une sordide affaire de vol de voitures, une « Denali » orchestrée par quelques adolescents dont l’un deux est le fils d’un client de Tom Petersen, Anwan Hawkins. Spero Lucas est doué, il sait observer et son travail de recherche est minutieux et approfondi. Chargé de l’affaire par Petersen, il parvient à ce que le fils s’en sorte indemne, sans passage par la case prison. Devant son efficacité le père, de sa cellule, va l’embaucher pour une autre affaire : retrouver un paquet de fric qu’on lui a dérobé. L’enquête prendra une tournure inattendue. Extrêmement bien dosé et subtil dans une atmosphère très bien décrite, ce roman allie humour, réparties cinglantes et philosophie avec des passages sagaces, particulièrement bien relevés : « On ne peut pas se débarrasser de ses proches comme on se cure le nez », parfois même lyrique et poétique : « l’obscurité léchait la rue .. » Un héros qu’on apprécie pour ses failles et ses égarements salaces. Il se dégage de l’honnêteté et des valeurs de ce roman bien sympathique. Une lecture très agréable.
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À propos de : Flic ou caillera
Musclé, violent et saignant, ce roman ne vous laisse pas indifférent ; il vous prend les tripes, vous transperce dès les premières pages et ne vous lâchera plus. Dans un langage châtié de rue, mélange de verlan et de codes que seuls les truands et voyous connaissent, l’auteur nous entraîne au plus profond des entrailles du milieu de la drogue dans un style toujours rythmé et très juste où l’humour n’est jamais bien loin. Medhi Bassi, alias M10, auteur de graffitis subvient à sa famille avec difficulté, grâce à un emploi à l’Agence de médicament, s’obstinant à rester dans la légalité par principe et pour l’amour de sa Mama, mais pour combien de temps encore ? L’histoire est du bout en bout tendue comme sur le fil d’un rasoir... Sur fond sonore de rap, hip hop on découvre la face cachée de la Seine St Denis, ses règlements de compte, ses manipulations et magouilles. Balances, crackers, décrocheurs scolaires, exclus, hors-la-loi, l’auteur nous brosse des portraits plus vrais les uns que les autres, les Bensama avec leurs réseaux régnant en maîtres du territoire, Najet Ixer la policière tenace, déterminée à mettre un frein aux trafics en tout genre. Alternant coups de gueules, rixes virulentes et purs moments de poésie avec ses magnifiques descriptions romanesques de la ville, Rachid Santaki jongle avec nos nerfs. Une approche du milieu de la drogue, du monde des cailleras comme on en connaît peu. Roman rusé et intelligent, une très surprenante découverte qui vaut vraiment le détour.
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À propos de : Ce que cache ton nom
« Ce que cache ton nom » se lit avec avidité ; jusqu’à la fin ma curiosité n’a cessé de grandir. C’est par pur hasard qu’un jour la route de Sandra croise celle des Christensen, un couple octogénaire apparemment bien sous tous rapports ; cela n’en est pas vraiment un lorsqu’elle croise celle de Julian, un vieil homme marqué par son passé. S’installe alors un véritable jeu de piste, une course âpre et mystérieuse vers la vérité tandis que se déploie sous nos yeux une panoplie de personnages les uns plus intrigants que les autres. L’auteur parvient à nous faire entrer dans son monde avec une aisance toute naturelle et à nous rendre partie prenante de son histoire au point de nous identifier au destin de ses protagonistes, comme s’ils étaient des membres de notre propre famille. La ténacité d’un vieux déporté, accompagné d’une jeune femme enceinte, naïve et rebelle permettra-t-elle de révéler l’inimaginable, l’insoutenable vérité et ce qui se cache sous les apparences, « ce que cachent leurs noms » ? On ne cessera jamais de s’étonner avec quelle facilité l’être humain peut faire du mal pour l’oublier et le renier ensuite à jamais. Une réflexion subtile et touchante sur l’absence de conscience, la haine, le pardon et l’oubli. Un roman vraiment captivant.
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À propos de : Des noeuds d'acier
Peut-on croire que l’enfer existe ? Que des êtres humains confondent l’homme avec un esclave, voire pire ? Est-ce vraiment possible que cela existe de nos jours ? Si vous en doutez lisez vite ce roman. Il vous amènera là où vous ne pensiez jamais aller, et vous ne pourrez pas vous en sortir indemne. Lorsque Théo quitte la prison il croit tenir enfin la revanche qu’il a à prendre sur la vie mais sa rencontre avec deux vieillards au fin fond de la campagne ne va faire qu’envenimer les choses et éclore un véritable interminable cauchemar …

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