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À propos de : Un vent de cendres

Dès le prologue, le ton est donné. Octave, Andréas et Laure ont un accident de voiture qui coûte la vie à Laure. Dix ans s’écoulent. D’autres personnages font leur apparition, notamment Malo et sa sœur Camille. Ils arrivent au domaine de Vaux pour faire les vendanges. Nous y retrouvons Octave et Andréas, les propriétaires un peu étranges de ce domaine. Malo a un pressentiment d’entrée en voyant Octave dont le visage a gardé une trace visible de l’accident tandis que Camille éprouve une certaine attirance envers celui-ci. Tous deux se disputent et au bout de trois jours Malo disparaît. Tous les vendangeurs n’y voient rien d’inquiétant, seule Camille s’inquiète et met tout en œuvre pour le retrouver quitte à prendre des risques.
C’est un thriller haletant qui nous plonge au cœur d’un domaine viticole bien étrange où l’on sent bien que la mort rôde partout. Du frère défiguré et claudiquant au frère enfermé qui peint d’étranges toiles, tout rend l’atmosphère inquiétante et terrifiante. Sandrine Collette nous balade dans les abimes les plus sombres que peut ressentir un personnage. Nous avons presque envie qu’il y ait un retournement de situation à la dernière seconde pour laisser une dernière chance aux personnages. Une plume bien affutée qui nous surprend jusqu’au dénouement. Une excellente lecture pour qui est friand de thriller et de psychologie !

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À propos de : Graines de héros

Le postulat de départ est un concours organisé par UNICEF. Mathias Tripard participe à celui-ci en écrivant un chapitre sur la plateforme collaborative Les Arbres Inédits. Il est l’heureux lauréat de ce concours et voit donc douze auteurs s’emparer de son texte pour écrire trois suites. Nous, lecteurs, avons donc rendez-vous avec Jorge qui vit en Équateur. Chaque jour, il plante des graines de Kapokier pour combattre la déforestation massive due à l’invasion d’une compagnie américaine qui exploite l’or vert d’Amazonie. Mais un jour, Jorge et son père sont contraints de quitter leur maison. À partir de là, trois suites ont été écrites par trois groupes de quatre écrivains. Dans la première suite, nous retrouvons Jorge trente ans plus tard qui revient sur son passé et ses terres natales. Dans la deuxième suite, Jorge part à l’aventure avec son père. Dans la troisième suite, Jorge poursuit son périple et est confronté au rio Napo. Rien de moins que trois aventures dont le dénouement est plutôt surprenant.
L’idée de ce « cadavre exquis » est plutôt réussi et les plumes des douze auteurs se marient à merveille. Un petit roman qui se picore çà et là et vous ferez une bonne action en achetant ce livre dont 1,50€ est reversé à UNICEF.

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Hercule Poirot reprend du service sous la plume d’une nouvelle autrice… Intriguée par cela, c’est avec appréhension que j’ai ouvert le livre pour découvrir la nouvelle enquête de ce formidable détective. De plus, il est au cœur de l’affaire à résoudre. En effet, quatre personnes vont tour à tour débarquer chez lui pour lui demander des explications par rapport à la lettre qu’ils ont reçue signée de la main de Poirot les accusant d’avoir tué un certain Barnabas Pandy. Mais aucun d’eux ne connaît ce fameux M. Pandy, pas même Poirot. Il est donc grand temps pour lui de mener l’enquête et de faire la lumière sur ce potentiel meurtre et découvrir le véritable auteur des lettres. Un véritable jeu de piste pour le détective belge.
En tant que grande admiratrice d’Agatha Christie et de son héros Hercule Poirot, j’ai eu peur d’être déçue… et en effet je n’ai pas retrouvé le héros que je connaissais. Certes, je savais que je ne retrouverais pas l’écriture d’Agatha Christie mais j’espérais retrouver le même héros disparu il y a bien longtemps. La nouvelle autrice a tenté de garder les codes utilisés par Mme Christie mais pour moi cela ne prend pas vraiment. Je m’attendais à retrouver des personnages secondaires tels l’inspecteur Japp de Scotland Yard… que nenni, il est remplacé par l’inspecteur Catchpool assez triste et sans beaucoup de relief. Bref, je suis passée à côté de cette lecture malgré le postulat de départ qui m’avait plu. Mais je ne pense pas réitérer l’expérience avec les deux autres ouvrages écrits par Sophie Hannah. Cependant, laissez-vous tenter par cette lecture peut-être qu’elle vous conviendra !

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À propos de : Inhumaine

La légiste Kay Scarpetta enquête sur une mort suspecte à Cambridge dans le Massachusetts. Pendant qu’elle fait les premières constatations sur la scène de crime, elle reçoit une mystérieuse vidéo provenant de la ligne sécurisée de sa nièce, Lucy. Sur celle-ci, elle voit sa nièce vingt ans plus tôt lorsqu’elle était à l’académie du FBI. Elle n’ose en parler ni à son mari lui-même agent du FBI, ni au détective Marino et encore moins à Lucy de peur que ne ressurgisse une vieille ennemie normalement disparue. Mais c’est sans compter le danger qui plane sur Lucy. Le FBI semble s’acharner sur elle pour lui faire porter le chapeau dans une affaire pouvant l’envoyer derrière les barreaux pour un long moment. Et si tout était lié ? C’est ce que Scarpetta va tenter de découvrir au fil des évènements tous plus ou moins troublants.
Encore une enquête bien difficile pour cette médecin légiste hors pair d’autant plus que sa famille est aussi dans le viseur du FBI. Patricia Cornwell nous plonge au cœur de cet imbroglio criminel et nous emmène sur différentes pistes. Elle a su faire de cette légiste son protagoniste référent dans la plupart de ses romans et à travers celui-ci, elle nous en apprend un peu plus sur Scarpetta et sa famille. Cependant l’histoire ne peut pas s’arrêter là, on est en droit de se demander si une suite répondra aux différentes questions qui restent en suspens.

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À propos de : La vie qui m'attendait

Romane a trente-neuf ans, elle est médecin et a toujours vécu avec son père. Un jour, une vieille dame lui dit qu’elle l’a vue sortir du service de pneumologie de Marseille. Cependant, elle trouve étrange qu’elle se soit déguisée avec une perruque rousse. Seul hic au tableau, Romane n’a jamais mis les pieds à Marseille. Mais un élément la trouble, sa couleur naturelle est le roux, couleur qu’elle déteste et cache sous une autre couleur plus neutre, le châtain. Cet élément l’intrigue au plus au point et elle se demande qui est la personne que cette vieille dame a vue à Marseille. Romane décide donc de partir à la recherche de ce double sans savoir ce qu’elle va réellement trouver. Elle découvre alors une femme, une autre elle-même, et va devoir composer avec son passé pour rééquilibrer sa vie qui vient d’être chamboulée.
Julien Sandrel a le don de nous plonger dans un univers bien particulier à la fois triste et joyeux. Ici, nous partons à la découverte d’une histoire familiale aussi troublante que jolie. Un point de départ pas très joyeux, des vies pas banales où le destin sera toujours le même quels que soient les choix faits au départ. Encore un roman plein d’espoir, d’amour et d’humanité qui ne peut pas nous laisser indifférent. Les larmes seront sans doute prêtes à couler chez certains mais c’est sans compter les sourires que ces retrouvailles vous donneront tellement leur histoire est belle. Une chose est sûre avec ce roman, vous passerez un excellent moment de lecture ! Une vraie bouffée de bonheur !

5

Annie O’Neill, libraire à Manhattan, fait un jour la connaissance de Forrester, un homme qui lui dit avoir connu son père. Annie l’ayant perdu assez tôt est ravie de faire la connaissance de ce vieil homme et d’en apprendre un peu plus sur son histoire familiale. Seulement, celui-ci reste assez évasif sur le sujet mais lui confie des chapitres d’un manuscrit racontant l’histoire d’un enfant polonais rescapé de la Shoah grâce à un soldat américain. Annie est très intriguée par cette histoire et par ce vieil homme mais est tout aussi déstabilisée lorsqu’un jeune homme, David Quinn, se présente dans sa librairie. Annie va se laisser porter par cette passion, essayer de découvrir le lien entre ce manuscrit et la venue inopinée de Forrester dans sa librairie et espère bien faire la lumière sur la vie de son père avec l’aide de Sullivan, son dévoué voisin.
L’auteur nous livre ici deux histoires en une, celle d’Annie et celle du héros du manuscrit. Cependant, comme tout bon lecteur que nous sommes, nous savons que ces deux histoires sont liées, seulement, l’auteur est assez malin pour faire durer le suspense de chapitre en chapitre. Tout comme Annie, nous voulons nous aussi connaître le dénouement du manuscrit qu’on lui a donné à lire, essayer de deviner où toute cette histoire va bien pouvoir la mener. Tout se bouscule dans la vie de cette héroïne et grâce à la plume d’Ellory, nous tournons les pages avec le plus grand des plaisirs afin de découvrir le fin mot des histoires. C’est un roman noir où le passé – notamment historique très cher au cœur de cet auteur – a une influence majeure sur la vie actuelle des personnages. Une librairie, un passé assez flou et une histoire dans l’histoire, tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment de lecture. Encore un très bon roman de R.J. Ellory !

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Septembre 1939, la guerre démarre en Europe. Le Clipper, le plus luxueux des hydravions de la Pan American s’apprête à effectuer son dernier vol Europe-USA. Plusieurs protagonistes vont monter à bord et vivre une des nuits les plus mémorables de leur existence. Durant les trente heures de vol, vont se côtoyer une famille mi-fascite mi-rebelle, une jeune femme et son amant, un jeune homme adorant les bijoux, une star de la télé, un mari désespéré, une sœur voulant à tout prix retrouver son frère, des individus plus ou moins dangereux, un scientifique allemand fuyant les nazis, le personnel de bord et un chef mécanicien subissant un odieux chantage. Un long vol, des conditions climatiques hasardeuses et des rencontres qui n’auraient pas dû avoir lieu, tous les ingrédients sont réunis pour que l’on passe un très bon moment de lecture.
Ken Follet a su apporter à ce roman du suspense, de l’amour et de l’humour pour le plus grand plaisir des lecteurs. Même si le début du roman est consacré à chacun des personnages afin de mieux planter le décor et nous permettre de connaître chacun d’entre eux, on arrive assez vite à l’intérieur de cet hydravion où la plus incroyable des aventures va durer pendant environ trente heures. On s’attache à chacune des petites histoires que vivent les personnages tout au long de ce vol et on attend avec impatience le dénouement principal qui touche le chef mécanicien et sa femme. L’auteur sait maitriser avec aisance le suspense et nous aiguiller vers une piste au détriment d’une autre. Un huis-clos haletant qui pourrait s’apparenter aux polars de la papesse du crime Agatha Christie. Encore un bon moment de lecture !

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Dom, tout juste quinze ans, vient de perdre son père, son dernier parent depuis que sa mère les a quittés. Il se retrouve seul, enfin presque puisqu’il vit dans le même immeuble que son oncle Gaston, et ses deux tantes, Tifenn et Désir. Il découvre qu’une femme blonde était présente lorsque son père a rendu son dernier souffle et se met en tête de découvrir l’identité de cette mystérieuse femme qui faisait le bonheur de son père. Mais un autre événement va le troubler, il reçoit un courrier de condoléances lui annonçant qu’il aurait une sœur en Argentine. Dom ne sait plus que faire et décide de partir à la recherche de cette soi-disant sœur tout en espérant retrouver sa mère par la même occasion. De Paris au Cap Horn en passant par Groix sur sa terre natale, Dom part à la conquête de sa vérité, de surprises et de paysages plus magnifiques les uns que les autres.
Un roman écrit à deux voix, celle de Dom pour qui le monde s’écroule tout à coup et cette « amoureuse » qui a promis de veiller sur cet enfant qui n’est pas le sien. Nous, lecteurs, nous nous prenons au jeu de découvrir l’identité de cette mystérieuse blonde et nous sommes d’emblée proche de cet orphelin en quête de vérité. Lorraine Fouchet décrit magnifiquement les paysages que ce soit l’île de Groix ou les glaciers bleus du Cap Horn. On se délecte de ce va-et-vient entre les deux protagonistes et on espère une seule chose, que l’histoire se termine bien pour tout le monde. La vérité n’est pas toujours agréable à entendre mais les secrets font encore plus de dégâts s’ils restent cachés. L’auteure a su mettre en lumière ce contraste et amener ses personnages à accepter que dans la vie tout ne se passe pas comme prévu mais que tout ce que qu’ils vont vivre leur apportera bien plus que ce qu’ils pensaient. Merci Lorraine Fouchet pour ce roman plein d’espoir et d’optimisme.

4
À propos de : La vraie Vie

Dans ce roman on part à la rencontre d’une famille ordinaire, un père, une mère et leurs deux enfants. Ils vivent dans un pavillon qui ressemble à tous ceux de leur lotissement. Le père est un chasseur de gros gibier au comportement violent et avide de sang. La mère est effacée et soumise aux humeurs de son mari. Les enfants passent leur temps à jouer dans les carcasses des voitures de la décharge en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glaces. Mais un jour, un incident va rompre la monotonie de leur vie et faire vaciller leur présent. La fille voit son petit frère changer et va tout faire pour revenir en arrière et effacer cet incident de leur vie.
Adeline Dieudonné par sa plume douce mais tout aussi acerbe nous livre un roman sur la vraie vie, celle que l’on voudrait retrouver lorsque le chaos s’abat, celle qu’on voudrait vivre quand rien ne va plus. On trouve dans les yeux et les actes de cette fillette de dix ans une détermination à toute épreuve pour que de nouveau le sourire illumine le visage de son petit frère, ce qui fait que ce roman est poignant et plein d’espoir. Cette fillette est une magnifique héroïne éprise de liberté et très intelligente que l’on a envie d’encourager et de protéger. Un roman cru et violent qui ne vous laissera pas indifférent !

5

Olivia de Lamberterie, dans cet essai, raconte son frère si cher à son cœur. Son frère si mal et tellement brillant qui a choisi de les quitter. Un suicide violent pour ceux qui restent notamment pour cette sœur si proche. Elle le raconte lui mais elle se raconte aussi comme une catharsis qui lui permet de vivre sans lui maintenant qu’il est parti. Celle qui manie les mots avec tant d’aisance dans ses chroniques nous parle de celui qu’elle aime tant sans fioritures. En aucun cas le récit n’est plombant, elle a su retranscrire la réalité de cette perte sans que ce récit soit larmoyant. Cet essai est à la fois triste et puissant. Triste parce qu’elle nous parle de la mort, de la vie après la perte d’un être cher mais puissant par la force des choses, par les enfants qui nous rappellent que la vie continue, que c’est peut-être mieux ainsi pour celui qui est parti. Un récit fort qui apaise la douleur sans pour autant nous faire oublier ceux qui décident de nous quitter. Ce premier essai mérite amplement son prix Renaudot et espérons qu’elle continue à écrire d’autres essais ou qu’elle s’essaie à écrire un roman.

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