COMPTE | eirenamg

3
À propos de : Les rêveurs

Les rêveurs est le premier roman d’Isabelle Carré, elle collectionne les souvenirs personnels dans ce récit. Elle évoque son enfance, adolescence comment le théâtre puis le cinéma lui a donné un cadre. Elle dresse le portrait de ses parents, cabossés par la vie, de ses frères. Au fil des pages, elle s'attarde sur un souvenir, un moment marquant de sa vie ou de celle de sa famille.

J’ai apprécié la métaphore du rêve, du besoin des mots pour s’échapper, de l’écrit comme échappatoire, du jeu au théâtre puis au cinéma pour avoir des règles. Elle retranscrit bien la période post 68 à travers le décor de sa maison rouge, les années sida, la dépression de sa mère, sa mélancolie, son envie d’avoir une famille normale, son besoin d’être aimé. Son style est efficace, imagé, parsemé de citations de films ou de chansons, qui font qu’on lit sans déplaisir ce récit d’autofiction.

Mais paradoxalement, je suis restée au bord des pages, sans doute à cause du début où le mélange de narratrice entre elle et sa mère m’a perturbé, sans doute car certains souvenirs m’ont perdu dans le fil du récit. Ce n’est pas l’absence d’ordre chronologique ou les changements de voix mais par moment ça m’a paru un peu trop lisse, il m’a manqué quelque chose pour ressentir de l’empathie alors que pourtant sa vie est drôlement romanesque, que certains souvenirs sont poignants.

Cela est peut être le fait que c’est un premier roman et qu’il reste encore quelques maladresses, je ne connais absolument par l’actrice et que ses souvenirs soient réels ou romanesques peu m’importe mais par moment j’ai eu justement l’impression d’un jeu sur les mots, de voir défiler le film mais de ne pas être dans le film. De trouver ça jolie mais de ne rien ressentir pourtant j’apprécie l’autofiction d’habitude et j’aime les constructions pas toujours conventionnelles mais là ça ne l’a malheureusement pas fait pour moi.

Donc un premier roman que je finis en demie teinte, je ne me suis pas ennuyée mais je n’ai pas réussi à oublier l’actrice derrière la jeune femme ou fille et je suis restée un peu au bord de la route. Sans doute en attendais je trop au vu des multiples prix et éloges que j’avais lu.

5
À propos de : L'Envers de l'espoir

Ce roman noir alterne le récit d’une maman Valentina qui est retournée habiter dans une zone interdite irradiée, à proximité de Tchernobyl. Sa fille Katherina a disparue , elle lui décrit sa vie dans un carnet, en racontant, sa jeunesse, son arrivée à Pripia, les années 1970-80 en Ukraine.

En Allemagne, un vieil homme allemand, Matthias, veuf voit débarquer un jour une toute jeune femme poursuivie par une voiture et décide de la cacher dans sa ferme. Enfin, on a également la voix d’un flic tenace Kyjan qui veut mener son enquête coûte que coûte, quitte à payer de sa poche ses investigations qui le mène d’Ukraine en Allemagne. Il veut savoir où sont passées une série de jeunes femmes parties avec la volonté de devenir étudiante et qui ont purement et simplement disparue. Malgré la corruption et l’absence d’aide réelle de sa hiérarchie, il veut apporter des réponses à Valentina.

Ce petit monde a pour point commun le passé, passé de Valentina qui raconte son quotidien, le choc de Tchernobyl, passé de la jeune femme qui s’est échappée, du vieil homme qui veut se sentir utile et du flic intègre.

Peu à peu, on reconstruit les drames qui touchent chacun ,par touche, on comprend à la fois la déliquescence, la corruption de la société à l’époque soviétique et aujourd’hui. On plonge dans les méandres du trafic humain. Les dangers et les morts jalonnent le parcours de nos personnages. Au fil des lignes on s'attache aux personnages et à leurs ombres, à cet espoir qui semble parfois se dérober.

J’ai aimé l’alternance entre passé et époque récente, d’en apprendre plus sur l’Ukraine à l’époque soviétique mais aussi contemporaine. Ce journal que tient la mère pour se souvenir, pour expliquer est poignant. On comprend l’embrigadement de l’époque, le choc de la catastrophe de Tchernobyl et ses répercussions. L’intrigue récente autour des jeunes femmes et la soif de justice de Kyjan fait tourner les pages. Un livre construit comme un puzzle à la fois instructif et prenant.

Un roman noir basé sur des faits réels, qui permet de mieux comprendre cette société slave et les rouages de la criminalité. Donc découvrez l’envers du décor, assemblez les pièces du puzzle pour résoudre les mystères des personnages et en apprendre plus sur l’ère communiste et postcommuniste à l’Est de l’Europe. blog eirenamg.canalblog.com

5
À propos de : Toxique

Ce récit noir est centré sur Tomar Khan, chef de groupe qui se retrouve face au meurtre d’une directrice d’école primaire dans le Paris post attentat. Son équipe s’attend à une enquête facile pourtant rien ne va se passer comme prévue.

Le rythme de l’enquête est soutenu, les chapitres alternent la vision des personnages et des intrigues secondaires autour du chef de groupe, son adjointe Rhonda. La mythologie avec la référence au Minotaure permet de voir comment notre personnage principal est aux prises avec son passé. Les cauchemars qui le hantent, les références aux Kurdes font du personnage Tomar Khan, un flic qui n’est pas stéréotypé, avec ses doutes, failles, son obsession pour sa famille, sa mère et son petit frère, la boxe. C’est un personnage complexe qu’on découvre au fil du récit, sombre mais qui essaye de faire les choses biens et qui est méticuleux, observateur dans son enquête.

On avance comme l’équipe au fil des indices, parfois on est en avance sur eux car on sait pourquoi le meurtre a été commis. L’aspect psychologique, les interrogations autour de la violence, des personnes néfastes, toxiques dans l’entourage sont bien retranscrites.

J’ai apprécié de cheminer avec Tomar et ses secrets donc je vous laisse découvrir les méandres de son labyrinthe et ses démons et je pense que vous succomberez au charme vénéneux de Toxique.

Une belle découverte de la plume de cet auteur

4
À propos de : Le jour d'avant

J’apprécie le style de Sorj Chalandon depuis le 4e mur, qui a été un gros choc de lecture. Son précédent roman profession du père m’avait également touché. J’attendais donc avec impatience celui-ci et je n’ai pas été déçue.

Le jour d'avant est construit autour de la douleur d’un frère qui n’arrive pas à oublier la mort de son ainé Jojo dans la mine de Liévin en 1974. L’auteur met le lecteur dans sa tête, avec une focalisation interne, une écriture à la 1e personne, il décrit la rage, la colère, la douleur et le destin tragique de la famille de cet homme.

Avec un style frontal, dépouillé, brutal plein de colère et d’émotion, de tristesse, l’auteur recrée un monde disparu, celui des mineurs. On retrouve la force de la langue de Chalandon, sa capacité à rendre compte, à insuffler vie à ses personnages.

Après un début où on ne sait pas trop à quoi s’attendre, le personnage de Michel se trouve un but que je vous laisse découvrir. Les thèmes de l’obsession, du deuil, des mécanismes de défense sont au cœur du récit.
La suite http://eirenamg.canalblog.com/archives/2018/09/30/36746555.html

0
À propos de : Les Couleurs de la vie

Les couleurs de la vie est un joli roman, qui donne envie de sourire et de serrer dans ses bras les gens qu’on aime. Dans ce roman Lorraine Fouchet met en lumière le destin de Kim, jeune femme de l’île de Groix, qui dirige avec son mari Clovis une maison de la presse. Elle est heureuse jusqu’à ce que sa grand-mère disparaisse et là tout lui paraît fade, floue, noir, elle qui n’a déjà pas connu ses parents se retrouve seule au monde.

Elle décide alors de faire une pause dans sa vie, de quitter son île adorée et son âme sœur Clovis pour s’installer un mois à Antibes pour faire le point.

Elle se retrouve alors dame de compagnie pour une ancienne actrice Gilonne, engagé par son fils Cosme, peu à peu elle découvre cette femme, ancienne actrice aux multiples visages, grande dame, enfant fragile. Elle perce peu à peu la vie et les secrets de sa vie. Elle côtoie aussi les voisins la doctoresse et les autres résidents de cette résidence pour personnes âgées haut de gamme.

En plus de son récit, on a celui de certains objets de l’appartement, j’ai trouvé chouette de faire parler ses objets inanimés de notre quotidien. L’auteur alterne descriptions et différentes intrigues vis à vis de Gilonne, son passé, son fils, Kim . Mais aussi la vie des autres personnes qu’elle côtoie.

Kim essaye de reconstituer le puzzle, l’auteur agrémente aussi son récit de mots bretons, de détails sur la vie de Groix. Elle nous balade de l’océan à la méditerranée. Au cœur du passé, des relations familiales compliquées, de la quête d’identité, elle alterne le passé et le présent des personnages.

L’héroïne fait une liste pour et contre de ce qui fait le sel de la vie, elle encadre son récit de musique, de référence de film. A la fois touchant, drôle,léger et plus profond par rapport à la maladie, les relations parfois dévastatrices entre une mère et son enfant. Les pages défilent alternant les points de vues et les lieux et font passer un bon moment de lecture.

On a envie comme l’héroïne de retrouver les couleurs de la vie, de faire une pause, de profiter à fond. Une belle découverte de l’univers léger et coloré de Lorraine Fouchet, qui avec humour, vivacité met en scène ses personnages. Donc partez à la découverte de cet arc en ciel d’émotions et de couleurs, et vous quelle est votre couleur préférée ?
Le lien vers le blog eirenamg:
http://eirenamg.canalblog.com/archives/2018/08/24/36652207.html

Portrait de eirenamg