COMPTE | enpochezmoi

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À propos de : Hortense
Les pervers narcissiques ça vous parle ? Oui ? Non ? Peu importe au final car en lisant les premières pages de ce livre vous serez projeté de plein pied dans cet univers de manipulation et de folie qui s’emparent des bourreaux et de leurs victimes. Hortense est une petite fille qui va subir les affres de cette perversion…ou plutôt elle va en être la victime mais qui est son bourreau la question ne s'est résolu que dans les dernières pages pour plus grand étonnement. Mais revenons à nos moutons et reprenons depuis le début. Hortense est donc une petite fille qui est le fruit d’un couple qui semblait s’aimer mais qui s’est séparé. Sophie, sa mère va donc l’élever seule avec un amour et une attention passionnés. Mais voilà qu’un jour le père de la petite Hortense revient dans sa vie et la kidnappe. Sophie va remuer ciel et terre pour retrouver sa fille mais Hortense comme son père semblent avoir disparu de la surface du globe. Flash Forward 20 années plus tard, Sophie mène une vie morne et sans saveur quand un jour elle va croiser dans la rue Emmanuelle, une jeune femme dont elle est persuadée qu’elle est sa fille Hortense. Dès lors plus rien ne se dressera entre Sophie et celle en qui elle croit mordicus retrouver sa fille. Sophie va alors tisser une relation de plus en plus intime avec Emmanuelle afin de lui révéler in fine sa véritable filiation. Mais rien ne se passera comme Sophie l’avait envisagé et très vite elle devra prendre des mesures radicales pour retrouver enfin sa fille bien aimée. Au fil des pages je me suis laissée totalement happée par cette histoire, pensant jusqu’au bout en avoir compris l’intrigue jusqu’à être estomaquée par le twist final. Hortense est un livre dont j’avais entendu beaucoup de bien sur Instagram et sur différents blogs, mais j’avoue que j’ai été encore plus agréablement surprise que je ne le pensais. L’auteur porte décidément bien son nom de famille et si c’est des thrillers psychologiques dont il a décidé de faire sa spécialité, il va falloir que je me penche sérieusement sur ses autres romans.
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À propos de : Amelia
Je me suis lancée dans la lecture de ce livre après en avoir lu la critique sur de nombreux blogs et surtout après avoir subi une série de déconvenue livresque qui m’a fait repartir pied au plancher vers l’univers rarement décevant des polars. Ici pas de serial killer ni d’assassinats sanguinolents, mais plutôt un polar psychologique autour du mystère entourant le suicide d’une adolescente. Mais est on vraiment sur qu’il s’agit bien d’un suicide ? C’est ce que la mère de Amelia va chercher à déterminer après avoir reçu plusieurs SMS remettant en question cette hypothèse alors qu’elle entamait à peine son douloureux deuil. L’originalité de ce roman repose sur la multiplicité des points de vue et les allers/retours incessants mais efficaces entre le passé lointain de la naissance d'Amelia, le passé plus proche où cette dernière entre avant sa mort dans une sororité secrète de son lycée & le présent où Kate sa mère va chercher à découvrir ce qui a fait plonger vers la mort sa seule et unique enfant… Mais la modernité du polar de Kimberly MC Creight ne s'arrête pas là et elle repose aussi sur la diversité des supports qui sont commentés. On passe de façon très fluide et sans pour autant perdre le fil de l’intrigue d’un extrait de journal intime de Kate, à un extrait de blog lycéen de caniveau avant la mort brutale de l’héroïne, aux réflexions in petto de cette dernière… Chaque point de vue intervient comme un éclairage différent qui va apporter par touches et sans ordre clair la lumière finale sur les conditions des dernières semaines, jours, heures avant la minute fatale qui fera basculer au sens propre comme au figuré de vie à trépas. Jusqu’à la fin du livre je n’ai pas compris de quelle façon apparaitrait la vérité et qui en serait in fine la clef de voute. Un polar qui m’a tenu en haleine durant ces derniers jours et que je peux que vous recommander tant il m’a plu par son originalité narrative que par l’efficacité de son intrigue.
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Certaines époques soient propices à l’écriture et l’imagination, et à n’en pas douter la seconde guerre mondiale fait partie de celles-ci. Pour avoir lu énormément de livres se déroulant sur le terreau fertile des guerres, je dis reconnaitre que celui-ci est d’excellente facture. Ce ne fut néanmoins pas le coup de cœur espéré par la présence en évidence dans la présentation du prix Pulitzer gagné par l’auteur. Dans ce roman il est question comme son titre l’annonce de lumière. Une lumière qui fait défaut à la jeune Marie-Laure qui ne pourra plus jamais la voir une fois sa cécité définitivement installée. Une mise en lumière de ceux qui se cachent pour combattre les nazis partout en Europe que Werner parvient par la grâce des ondes radiophoniques à débusquer. La lumière chatoyante dont brille un diamant aux propriétés quasi maléfiques qui viendra tel un trait d’union réunir ces deux enfants que tout oppose. L’histoire suit donc ces deux protagonistes qui chacun selon son camp vivra les affres et la débâcle de la guerre. Après avoir échappé de justesse à l’arrivée des nazis sur Paris, Marie Laure trouvera refuge dans la maison familiale de St Malo où elle devra réussir à s’adapter à une nouvelle vie, une nouvelle ville et composer avec la disparition de ce père qui l’aura protégée jusque dans ces derniers mots. Quant à Werner, comme tant d’allemands de l’après première guerre mondiale, il grandit dans un pays qui a érigé sa revanche en objectif ultime. Orphelin, il n’aura pas d’autre choix que d’être embrigadé dans l’armée allemande mais devra son relatif salut à ses formidables capacités dans le domaine des transmissions radios. Deux enfants emportés par la folie meurtrière de cette guerre qui de chapitre en chapitre se rapprocheront à la fois physiquement mais aussi émotionnellement. Éprouvant tous deux incompréhension & révolte face à l’absurdité et la folie meurtrière qui s’abattent sur leurs pays respectifs, ils résisteront chacun à leur façon à l’ennemi qui au final s’avérera commun.
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J'ai lu récemment de nombreux romans concernant des personnages dans la force de l'age. Mais contrairement aux livres précédents il ne fut pas question dans celui-ci des rapports humains qu'ils entretiennent avec leurs cadets mais plutôt d'une véritable histoire qui les concerne, une histoire d'amour. Décrit ainsi on peut légitimement se demander qui aurait envie de lire une histoire d'amour entre deux septuagénaires. Mais la grâce de ce livre est d'en faire tout simplement un homme et d'une femme qui tombent amoureux par le hasard de la vie ...ou de la mort qui sait ? Marguerite et Marcel sont deux jeunes veufs qui viennent chacun de perdre leur moitié. Dans le cas de Marguerite c'est une moitié bien peu aimante, plutôt un capitaine de navire qui donnait la direction de leur couple sans trop se soucier de qu'elle souhaitait. Après la disparition de son notaire de mari, le fils de Marguerite va pendant un temps essayer d'endosser le rôle dévolu jusqu'alors au pater familias en multipliant ordres stricts et injonctions moralisantes envers sa mère. Pour Marcel les choses sont différentes, lui c'est la femme de sa vie qu'il a perdue, celle avec qui il a grandi, partagé le déracinement de son Algérie natale vers la froideur de la région parisienne mais aussi les premiers émois amoureux et enfin une vie de couple épanouie et remplie d'amour. Quand sa femme vient à disparaître elle laisse derrière elle un homme dévasté par le chagrin qui doute que sa vie ait encore un sens. Ces deux égarés et leurs solitudes vont voir leur route se croiser à l'occasion d'un séjour en cure thermale. Venu chacun pour des raisons différentes, ils repartiront ensemble unis. Entre Marguerite, cette femme effacée, discrète et soumise et Marcel la bonhomie méditerranéenne incarnée c'est une évidence qui va jusqu'à les surprendre eux mêmes. Cet amour sera une deuxième ou dernière chance qu'ils sauront saisir quitte à défier les convenances et imposer leur relation au qu'en-dira-t-on et à leurs familles. Ce roman lu d'une traite en début de soirée est d'une immense délicatesse et d'une grande subtilité. On parle souvent d'amour et de sentiments dans bien des romans mais ils ne sont que rarement conjugués au temps du crépuscule des vies. Quand certains professent que l'amour dure 3 ans, je préfère largement l'idée d'un romantisme peut être éculé mais qui fasse vivre le sourire aux lèvres des jeunes de 70 printemps...
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À propos de : Ahlam
Il y a des nuits où le sommeil ne vient pas et à force on tend machinalement la main vers la pile de livres qui attendaient sagement leur tour... Et puis quelques pages et quelques heures plus tard, les choses s'inversent et par la grâce d'un livre on en arrive à lutter contre le félon sommeil qui voudrait nous arracher à une merveille d'écriture... Ahlam, premier roman du juge anti-terroriste Marc Trevidic, est de ces livres qu'on démarre et qu'on ne lâche plus jusqu'à la dernière page espérant naïvement que le destin littéraire épargnera des personnages à qui on s'attache indéfectiblement. Le roman a pris le nom d'Ahlam, l'héroïne tunisienne mais il aurait tout autant pu prendre celui d'Issam, son frère par qui le malheur arrivera. Et par ses errements et son ignorance se fissurera inéluctablement la parenthèse enchantée née de l'amitié entre Paul, peintre français mondialement connu et la famille de l'humble Farhat, paisible pêcheurs de la petite île de Kerkennah. Comme dans une mise en abime, on assiste alors à l'effondrement de la société civile tunisienne dont la pacifique révolution de jasmin se verra confisquée par les opportunistes extrémismes religieux . In fine se dresseront l'une contre l'autre les visions du monde d'enfants qui devenus adultes choisiront des routes diamétralement opposées... l'art contre l'obscurantisme, l'homme contre la femme, le laïc contre l'intégriste, la haine aveuglante contre l'amour impuissant, le courage inconscient contre la veule lâcheté... Marc Trevidic réussit le tour de force d'écrire un roman humain et passionnant tout en s'appuyant sur d'incontestables connaissances sur le processus de radicalisation islamiste. Bien entendu je ne vous dévoilerai pas la fin mais je vous encourage sincèrement à vous plonger dans ce superbe roman qui réussit à n'être ni manichéen ni moralisateur.
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Ce livre est comme les dorayaki que confectionne son personnage principal…il débute relativement sans qu'on identifie la saveur finale mais au fur et à mesure des pages, les gâteaux comme le livre prennent en densité, en subtilité et en douceur. Sentaro est un homme à la dérive qui subit sa vie plus qu’il ne la vit. Jour après jour il réalise des petits gâteaux japonais, les dorayaki, sorte de pancakes fourrés à la pâte de haricots rouges. Mais celle-ci justement il ne la prépare pas, se contentant de l’acheter toute faite. Quand un jour Tokue, une femme âgée vient lui proposer de la réaliser maison pour un prix si dérisoire qu’il accepte de l’embaucher un peu à son corps défendant. Cette femme qui cache un secret que je ne peux pas vous révéler va lui apprendre la recette de cette pâte de haricots rouges qui redonnera aux dorayaki une saveur incomparable et le succès à son échoppe. Mais plus subtilement c’est la recette du bonheur et du gout pour la vie qu’elle va transmettre à Sentaro ainsi qu’à certains de ses clients. La vie & l’envie qui avaient désertés le quotidien de Sentaro vont petit à petit lui revenir et le sortir de sa solitude & de sa résignation. Ce roman est un petit bijou de poésie, un petit bonbon de douceur que j’ai lu en une petite matinée au creux de ma couette. Les personnages sont très attachants et les scènes de pâtisserie m’ont mis l’eau à la bouche de bon matin. D’ailleurs la dernière page tournée je me suis aussitôt mis à mes fournées pour confectionner à mon tour une petite pâtisserie de mon cru.