COMPTE | FANFANF

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À propos de : Poulets grillés
C'est de loin le polar qui m'a tenu le plus en haleine de toute la sélection, avec dérision et beaucoup d'humour. Un pur délice ! Je donne mon vote final pour POULETS GRILLES.
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À propos de : Deux gouttes d'eau
Tenir en haleine, n’est pas un vain mot pour Jacques Expert. Prendre à contre-pied non plus. D’entrée de jeu on connaît le coupable, l’enquête aurait donc dû s’avérer d’une simplicité enfantine pour le commissaire divisionnaire Laforge et pourtant il n’est en rien, c’est même exactement le contraire qu’il se produit ! L’auteur prend un malin plaisir, sur le thème de la gémellité, à brouiller les pistes pour notre plus grand bonheur. Englués, médusés, troublés, désorientés mais définitivement bien ferrés, il nous ballade avec une dextérité hors pair, tantôt vers Antoine tantôt vers Franck … Rien n’est trop simple, net ou facile. Qui est le véritable meurtrier d’Elodie Favereau ? L’un ou l’autre ? Ce polar précis et concis est percutant.
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À propos de : Les Temps sauvages
Une approche ciselée, d’emblée attractive et originale, l’auteur sait mieux que quiconque aiguiller notre intérêt pour nous faire plonger en plein cœur de la Mongolie, avec Agop l’arménien de l’Otgontenger, un professeur qui n’est pas que professeur, Gourian un militaire particulièrement érudit et sensuel, Oyun la rebelle, Solongo la fidèle légiste … Au détour de cours sur les gypaètes barbus, de découverte d’une jambe sur une falaise, de meurtre par incendie , de prise d’otage, d’assassinat, .. pas le temps de s’ennuyer une seule seconde ! L’auteur parvient divinement bien à nous transporter dans son monde, tout en dépeignant un certain fatalisme à travers son héros Yeruldelgger, flic mongol bourru et fatigué, un homme rustique, fier et sévère portant un regard lucide et désabusé sur la désolation du paysage et les forêts asphyxiées de scories de son pays… Accompagnée d’une longue gorgée d’artz, dans le guanz de la vieille femme je me suis régalée de sa crème de fleur d’ail sauvage, du foie de cheval poivré aux oignons .. j’ai voyagé dans les steppes, sur le dos d’un yack blanc , appelé Grandgousier, ce ruminant immonde terriblement attachant, j’ai affronté le terrible dzüüd , le soleil blanc majestueux et découvert les yourtes polaires … Alors oui j’ai adoré ce grand polar, multifacettes, poétique, exotique et cru, très riche en couleurs et en émotions, tonitruant et réjouissant.
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Une intrigue bien menée avec son aura de mystère, son atmosphère tantôt âpre, tantôt ouatée. Sur l'île de Sandhamn, dans l'archipel de Stockholm où il fait si bon chasser le grand harle, l’eider et la harelde, Lina Rosén a disparu. Simple disparition ou meurtre ? Sur fond de vies de couple brisées, entre rancœur, impuissance, désarroi, haine et jalousie, tout s’entrecroise et s’enchevêtre. L’auteur nous livre à travers l’enquête une approche intimiste, psychologique, aux réflexions judicieuses et au cheminement volontairement lent quoique inéluctable. Subtil, bien articulé, concis, précis et intense, ce roman nous happe pour ne nous lâcher qu’à l’ultime fin … . Tous les ingrédients d’un excellent polar.
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À propos de : Poulets grillés
C’est mon coup de cœur. Véritable délectation de l'esprit, ce polar innovant, inattendu et résolument désopilant apporte un vent de fraîcheur, d’originalité avec son humour décapant, caustique et corrosif. Mutée par son chef Buron suite à une faute grave, Capestan est désormais à la tête d’une brigade de bras cassés : poissard, alcoolique, brute, dépressif, flemmard… mis au rencart comme elle, à qui l’on va refiler les enquêtes non résolues de toute la région. A coup de décoration et d'ameublement personnels, son commissariat, improbable nid cossu et classieux, prend vite l’allure d’une petite entreprise familiale, sans oublier le chien Pilou. L’ambiance est installée et on s’y croirait tellement qu’on aimerait bien travailler dans cet antre, faire partie de cette équipe reléguée au placard, qui ma foi nous réserve bien des surprises, développant au fil des jours notre réelle sympathie. On se prend à vouloir le meilleur pour eux et surtout qu’ils fassent un pied de nez à leur hiérarchie. Ce polar atypique, à contre-courant, est jouissif. Tout y est et tellement plus. C’est sa grande force. La lecture en est aisée. Les descriptions précises et justes, les personnages extrêmement attachants et l’intrigue bien ficelée. Il est à savourer sans réserve, sans se presser, tel un nectar qui se déguste à petites gorgées.
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À propos de : Ce qu'il reste d'Alice
Un polar branché qui manie avec dextérité les moyens de communication modernes : twitter, blogs, Ipad, mails, téléphone portable, internet … autour de la jeune Alice, cette fanatique des festivals, qui trouve la mort à l’endroit précis où elle avait milité pour la sécurité d’un pont. Toute mort reste inaperçue à moins d’être quelqu’un de très connu … Et pourtant par l’opiniâtreté du Professeur Jérémy Cooke, et sa recherche incessante de la moindre parcelle d’information : rapports, conversations, ragots, infos recyclés, magazine des étudiants de son université, cahier intime, lettres …, elle ressuscite littéralement sous nos yeux. Plus on avance et découvre sa personnalité extrémiste, ses engagements, contradictions et addictions, plus on se pose des questions sur les réactions qu’elle a pu susciter auprès de ses proches et moins proches. Est-ce un accident, un crime ou un suicide ? L’auteur nous confronte à la question de savoir s’il est bien ou mal de s’intéresser de la sorte à sa mort, à vouloir à tout prix disséquer la vie d’Alice, à l’étaler ainsi, alors qu’un décès fait toujours ressortir le mauvais côté des gens. Réflexion sur l’existence et ce qu’on laisse derrière nous et sur la façon dont la vie peut basculer. La projection que l’on a de quelqu’un diffère radicalement d’une personne à une autre, Alice était considérée tantôt comme magnifique tantôt comme grosse, parfaite ou idiote. Alors qui détient au fond la part de vérité ? Ce roman perturbant nous tient en haleine avec ses nombreuses pistes.
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À propos de : Le Vent à gorge noire
3 copains, David, Ben et Jack Carrigan, décident à l’obtention de leur diplôme, de partir pour l’Afrique de l’Est, en Ouganda. Un barrage et le choix entre deux routes feront basculer leur vie à tout jamais. Des années plus tard, Carrigan, devenu policier est confronté à l’assassinat d’une ougandaise Grace Okello. Ce meurtre d’une sauvagerie sans nom le replonge douloureusement dans son passé. Geneva, mandatée par son supérieur Branch pour surveiller un Carrigan à la dérive, l'aide à résoudre cette enquête morbide qui débouchera sur une série de meurtres plus atroces les uns que les autres. L’auteur nous emmène dans un voyage âpre et ensorcelant entre un Londres hétéroclite, froid et humide avec « ses fenêtres qui coupent de tout », et un Ouganda au climat suffocant, mystérieux et inquiétant. Stav Sherez a su rendre une belle alchimie entre l’intrigue envoûtante et la fêlure des deux personnages principaux, la rudesse de leurs sentiments, leurs foutus caractères qui nous les rend encore plus humains et attachants. De nombreux moments forts, des réflexions très pertinentes où s’entremêlent enfants soldats, politique, représentation diplomatique… Bien narré et rythmé, ce polar psychologique n’a de cesse de nous questionner sur nos choix et l’impact de leurs conséquences.
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À propos de : Le Sang versé
Le meurtre d’une femme pasteure dans le grand nord. Un meurtrier qui se transforme en bête féroce et l’auteure qui joue avec nos nerfs et la parabole entre louve et l'homme, la foi et la prêtrise, l’homme et la condition féminine : Le décor est planté ! Les inspecteurs Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stalnacke sont chargés de l'enquête. Rebecka Martinsson est également de la partie, de retour à Kiruna pour le compte de son cabinet d’avocat, avec cette affaire elle replonge dans les affres de son passé. Tout au long de ce roman, le suspense ne se dément pas et l’étude psychologique des personnages aussi intrigants qu’intéressants pour n’en citer que quelques uns : Mildred, Stephen, Rebecka Markinsson, Nalle … est un pur régal. L’auteure nous livre des descriptions colorées, lucides et crues de la nature humaine et animale, et de la nature tout court : buisson de myrtilles, fougères, boutons d’or, myosotis, primevères pourpres, cerfeuil sauvage, l’avènement du printemps, la lumière de l’été, les couleurs de l’automne, … Une ambiance si bien installée que l’évasion et le dépaysement sont assurés : tout y est pour lire au chaud ce petit policier particulièrement addictif, qui est un véritable havre de poésie et de vérité, au milieu de l’horreur : « Quand le dieu amène la mort, le diable le suit avec les héritiers » ...
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À propos de : Le Violoniste
Ilia Vassilievitch est un violoniste reconnu et réputé. Son concert ce jour-là se passe comme d’habitude, à un petit détail près : à l’issue il est arrêté et disparaît. Le bruit court qu’il a fui vers l’Europe ; mais pourquoi alors n’a-t-il pas prévenu sa femme Galina et ses enfants Pavel et Ossip ? Entre mensonges, incompréhension, injustice, cruauté, honte et rage de survivre, le lecteur est plongé dans le chaos total pendant que la folie guette Ilia. Alors que les années passent, il n’est plus qu’un numéro, un malheureux parmi d’autres. Matricule, zeks, urkas font désormais partie de son quotidien tout comme la souffrance, qui tutoie sans cesse la mort. L’auteur dissèque la nature la plus noire de l’espèce humaine si bien que l’on assiste, la rage au ventre mais impuissant, à la description d’une indicible descente aux enfers. Ce roman fait terriblement mouche et mal. La seule lueur d’espoir est la quête de la vérité et de la justice qui ne s’éteint pas une seule seconde, quoi qu’en coûte à cette famille. Par cette lettre qu’Ilia a écrite sur l’étiquette d’une boite à conserve, le destin continue inexorablement son chemin, de génération en génération. Sacha, petits fils d’Ilia, y veillera. Cette histoire prend aux tripes. Poignante, captivante, émouvante et si bien narrée que j’ai eu l’impression de voir le film se dérouler sous mes yeux. A quand l’adaptation cinématographique ?
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À propos de : Le Lecteur de cadavres
D’une grande originalité, ce roman historique sur la Chine impériale du XIIIième siècle nous narre les mésaventures de Song Ci, jeune chinois d’origine modeste dont la passion est la médecine légale. Vertu, courage, abnégation, sang-froid, ténacité font partie intégrante de la vie de Ci tout comme maladresse et guigne incommensurable. Lui qui rêvait d’étudier à l’université de Lin’an est contraint de se soumettre aux coutumes et traditions ancestrales souvent injustes et abusives de son ainé et ses parents. Forcé de fuir son village natal, Ci tente alors de commencer une nouvelle vie avec sa sœur la Troisième. A travers ses périples, nous suivons son parcours souvent dur et inhumain mais toujours captivant. L’auteur par l’érudition de son récit nous fait découvrir non seulement une Chine moyenâgeuse mais les techniques et pratiques de la médecine légale de l’époque. Extrêmement enrichissant et plaisant, ce livre vaut largement le détour.

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