COMPTE | Les Demoiselles de Chatillon

5
À propos de : Simetierre

J'ai lu beaucoup de Stephen King, j'aime énormément cet auteur qui est vraiment le seul à pouvoir me faire peur.
Ses histoires ont toujours un côté paranormal mais le maître a l'art de rendre crédibles des histoires qui ne le sont pas pour un sou.

Il plante doucement un décor, une ambiance qui devient peu à peu étouffante, il décrit des personnages à la psychologie tellement fouillée qu'ils en deviennent un peu tes voisins.
Tu finis toujours par être totalement happée par l'histoire et l'angoisse s'installe peu à peu.

Parce que tu sais bien qu'à un moment il va y avoir un drame, que ça va aller de mal en pis mais avec Simetierre tu prends une sacrée claque. Je suis ressortie particulièrement secouée de cette lecture.

Louis Creed vient d'obtenir le poste de médecin en chef à l'infirmerie du campus d'une fac. Il s'installe donc avec sa famille - sa femme, sa fille Ellie, son fils Gage et son chat Church - à Ludlow.
Là, il se liera d'amitié avec son vieux voisin Jud. Ce dernier, natif de la région, lui parlera du petit "simetierre" pour animaux au bout d'un chemin partant de son terrain. C'est là que depuis des générations les enfants enterrent leurs animaux domestiques. C'est là aussi que l'on trouve, un peu plus profondément dans la forêt, une terre sacrée des Indiens MicMac.
Une série de drames va entraîner Louis dans une spirale infernale.

Le suspense monte en puissance, on se surprend à pousser des "Oh non ! Non non non, n'y va pas ! Ne fais pas ça !".
Simetierre est terrifiant bien sûr mais c'est surtout une profonde angoisse que l'on ressent. On touche à des sujets douloureux. La mort. Le deuil impossible.
Le livre nous met fasse à nous-même : qu'aurais-je fait ?

On s'attache tellement à chacun de ces personnages, on les connaît, on entre tellement en empathie avec tous, que l'on ne peut qu'être secoué en profondeur par les drames de Ludlow.

L'écriture est bien entendu très agréable. Stephen King maîtrise parfaitement son sujet. Il sait à quel moment il faut un peu d'action, à quel moment il faut un peu "endormir" le lecteur.
Impossible de s'ennuyer, on suffoque bien trop pour ça.

J'ai adoré cette lecture, violente psychologiquement, angoissante mais qui m'a prise totalement.
C'est exactement ce que je demande à un livre : être à 100% avec les personnages, dans leur univers.
Là, j'étais à Ludlow et j'ai bien eu les miquettes.
Merci Monsieur King.

5
À propos de : Bird Box

Un phénomène pousse les gens, après l'avoir vu, à tuer en masse et sauvagement puis à se suicider.
Malorie vit avec ses enfants, qu'elle nomme Fille et Garçon. Aucun des deux enfants n'a vu la couleur du ciel depuis leur naissance quatre ans plus tôt.
Aujourd'hui Malorie va devoir quitter sa maison.
Bandeaux sur les yeux, les trois protagonistes vont devoir affronter l'extérieur.

Ne pas voir. Ne se fier qu'à son ouïe... Quelle angoisse !
Tous les sons deviennent un potentiel danger.
De quoi devenir totalement paranoïaque.

Le roman repose entièrement sur l'imagination du lecteur. C'est sa capacité à faire vivre les sons, les paysages, les personnages, le mystère, qui fera qu'on trouve ce thriller bon ou non je crois.
C'est un roman d'atmosphère.
Je m'interroge sur le film du coup, que je n'ai pas vu.
Peut-il vraiment rendre tout ce stress que l'on ressent à la lecture ?

L'auteur se sort du tourbillon des questions que l'on se pose par une petite pirouette assez typique de ce genre de romans.
Je ne suis pas déçue de la fin, je ne suis pas certaine qu'une autre m'aurait convaincue.

L'écriture est nerveuse, les chapitres courts, on avance sans s'en rendre compte.
On a besoin de savoir.
C'est rondement mené.
L'alternance des chapitres passé / présent maintient le suspense.

J'ai beaucoup aimé cette lecture et je la recommande chaudement.

5
À propos de : Elevation

Scott, cinquantenaire divorcé, a deux problèmes : les chiens de ses voisines, lesbiennes mariées, ne cessent de lui laisser des "paquets surprises" sur la pelouse ET il perd du poids.
Même avec ses vêtements et lesté de lourdes pièces, il pèse toujours le même poids.
Chaque jour il perd 500 grammes.
Peu importe ce qu'il mange, la perte de poids est inéluctable et commence sérieusement à lui faire peur.
Surtout que les chiffres sur la balance baissent mais son corps, lui, ne change pas ; pas besoin de resserrer sa ceinture mais il devient plus léger.

Que lui arrive-t-il ? Que se passera-t-il s'il continue à perdre du poids ?

Avec cette longue nouvelle, Stephen King s'attaque aux préjugés.
La pichenette derrière l'oreille de Trump est un régal, la critique de la société américaine conservatrice et puritaine est sans appel.

La plume est agréable, nettement plus tendre que d'habitude, poétique.

Le maître du fantastique nous offre là un joli conte philosophique pour élever les âmes autant que les corps.

A lire !

Portrait de Les Demoiselles de Chatillon