COMPTE | lingueresara

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À propos de : La Boîte de Pandore

René, 32 ans, est professeur d’Histoire dans un lycée parisien. Il vit seul dans son appartement de la capitale. Son existence n’a rien d’exaltant jusqu’au jour où son amie et collègue, Élodie, également professeure dans le même établissement scolaire, lui propose d’assister à une représentation des plus originales, sur une péniche, La boîte de Pandore. La cheffe d’orchestre de ce numéro de scène intitulé « Hypnose et mémoires oubliées », c’est Opale, une magnifique rousse aux grands yeux verts. « Pourvu que cela ne tombe pas sur moi », pense René tout bas, mais comme le hasard n’existe pas, c’est bien lui que l’hypnotiseuse désigne pour monter sur scène.
« ̶ « Mémoire profonde » ? Désolé. Je ne sais pas ce que cela veut dire. (René)
̶ Vous allez pouvoir le découvrir si vous acceptez de tenter l’expérience. Je veux être parfaitement honnête et vous informer que c’est la première fois que je l’accomplis sur scène. […](Opale)
̶ Fermez les yeux. Détendez-vous. Respirez amplement. […] Maintenant, visualisez un escalier. Descendez les marches. Ça y est ? Vous êtes arrivé devant la porte de l’inconscient. La voyez-vous ? » (Opale) P.17
Il suffit de lire la quatrième de couverture très épurée du roman pour d’ores et déjà savoir que l’ouvrage va nous faire vivre une histoire intensément prenante : « Savez-vous qui vous êtes vraiment ? Êtes-vous sûr de ne pas avoir vécu d’autres vies ? » Le ton est posé !
Au-delà de l’intrigue et de l’histoire de René et de ses acolytes, ce qui me passionne dans l’écriture de Werber c’est sa capacité à transmettre une connaissance dense et hétéroclite. Avec cet auteur, on apprend toujours, et sur des thèmes extrêmement variés. On s’interroge aussi beaucoup, sur les fondements de la vie, sur les croyances, sur ce qui peut ressembler à des évidences. Il arrive à immiscer le doute dans votre esprit, à vous faire revoir vos schémas de pensées. Ici, il utilise les notes de René, intitulées « Mnenos », pour creuser davantage certains sujets comme les mythes grecs, les expériences sur la mémoire collective ou encore les « mues nécessaires ».
Selon moi, La boite de Pandore reste l’un des meilleurs romans traitant du sujet de la réincarnation et des vies antérieures. (J’ai bien dit « romans »).
Bernard Werber exploite ici un mythe grec qui a su traverser les âges, celui de la boite de Pandore : Prométhée vole le feu au dieu forgeron Héphaïstos et l’offre aux mortels. Zeus, le dieu des dieux, décide de punir Prométhée pour cet affront et de trouver un moyen de faire souffrir les hommes à jamais. Il demande à Héphaïstos de créer une femme humaine parfaite, Pandore. Zeus offre à Pandore une boîte mystérieuse, mais lui interdit de l’ouvrir. Elle est conduite sur Terre et épouse Épiméthée.
« Un jour, n’y tenant plus, elle l’ouvrit pour découvrir ce que ce simple objet contenait de si terrible. Que n’avait-elle fait ? Aussitôt, tous les maux de l’humanité furent libérés : la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la misère, la folie, le vice, la tromperie. Quand Pandore comprit son erreur, elle voulut refermer l’objet magique, mais il était trop tard, tous les malheurs s’étaient déjà répandus dans le monde. Seule l’espérance y resta enfermée. Depuis ce jour, ainsi que l’enseigne le mythe de la boîte de Pandore, les hommes souffrent et n’ont comme seul réconfort que l’espérance. » P.123
Bien évidemment, il sera question de vies antérieures dans ce roman (les 111 vies précédentes de René), mais pas seulement, car les thématiques chères à l’auteur sont nombreuses. Après avoir été hypnotisé par Opale, René a le sentiment d’avoir franchi une frontière qui lui permet dorénavant de vivre avec plus de convictions et d’intensité, un mélange de peur et d’exaltation, une découverte de lui-même. Il décide par exemple d’ouvrir les yeux de ses élèves de Terminale et change radicalement sa manière d’enseigner l’Histoire :
« Il inspire profondément et entame son cours comme il l’a prévu. Le titre s’affiche sur l’écran : « Mensonges de l’histoire officielle et vérités à déterrer » ». P111
Imaginons que nous puissions avoir accès, en pleine conscience, à nos vies antérieures, à toutes celles et tous ceux que nous avons incarnés avant cette vie-là, au-delà du « ici et maintenant ». Qui y découvririons-nous ? Des héros ? Des assassins ? Un samouraï ? Une princesse d’Iran ? D’autres âmes avec lesquelles nous avons déjà parcouru un bout de chemin dans un autre hémisphère ? Une personne avec qui nous avons déjà vécu une histoire d’amour intense ? Nombreuses sont les religions qui acceptent l’idée de réincarnation, la fin du corps en tant que véhicule et l’immortalité de l’âme. Et comme l’exprime si justement Bernard Werber à travers les paroles d’un moine cambodgien : « L’humanité a besoin de retrouver sa mémoire », car nous ne sommes pas nés par hasard.
Bravo à l’auteur et belle lecture à vous.

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À propos de : L'Empire des anges

"Bernard Werber, c’est presque 30 romans écrits en trente ans ! Concernant mon choix de lecture au sujet de ce roman, c’est avant tout le titre et le résumé qui m’ont séduit. Et je n’ai pas été déçue du voyage littéraire, bien au contraire ! Ce à quoi je n’avais pas fait attention, c’est qu’avant « L’Empire des Anges », l’auteur a écrit « Les Thanatonautes ». Ces deux romans s’inscrivent dans « Le cycle des anges », lui-même faisant partie de la « Pentalogie du ciel ». Mais je n’ai pas été perdue pour autant, même si l’auteur fait souvent référence au tome précédent (personnages, situations passées, enquêtes).
Bernard Werber est bluffant tant sa culture générale est large et disponible dans ses romans. C’est un pur bonheur ! J’y ai notamment retrouvé les pensées philosophiques de Dan Millman, l’auteur du « Guerrier Pacifique » dont je me suis moi-même nourrie et inspirée pour écrire certains passages de « Linguère Sara le voyage d’une vie ». Mais pas que. Bernard Werber, dans son écriture, c’est un subtil mélange littéraire de science-fiction, d’enquêtes policières, d’ésotérisme, de biologie, de religion et j’en passe !

Ce roman est principalement axé sur l’idée que la réincarnation, les vies antérieures et le royaume des anges gardiens existent bel et bien. On adhère au concept, ou pas, mais on ne reste pas insensible au scénario rudement bien ficelé par l’auteur !

À travers ce roman, vous évoluerez au sein d’une lecture à la fois sur plusieurs dimensions (la Terre, le Cosmos, la Cité des Anges…) et également dans la tête des différents personnages. Vous verrez grandir Venus, Igor et Jacques. Vous assisterez aux choix décisifs de leurs incarnations, à leurs erreurs parfois fatales. Personne ne vole la vedette à qui que ce soit. Chacun fait son petit bonhomme de chemin jusqu’au moment fatidique où le destin de chacun(e) va croiser/ retrouver celui de l’autre. Et ils sont tous profondément touchants de par leurs passés et leur humanité. Vous vous entendrez même leur dire, en guise d’avertissement : « Non, mais c’est pas possible ! Tu ne vas pas refaire une seconde fois la même erreur quand même ?! » Et pourtant…

Et puis, il y a la touche « Made in Werber », si je puis m’exprimer ainsi, à travers son personnage conducteur, le fameux Edmond Wells, que l’on retrouve dans différentes sagas de l’auteur. Dans les livres de Bernard Werber, Wells est l’auteur de « l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu », un ouvrage imaginaire dont il cite souvent des passages. Un excellent procédé pour faire passer de nombreuses théories métaphysiques et philosophiques. Dans « L’Empire des anges », Wells est l’ange qui a pour mission d’instruire Michael Pinson dans son nouveau rôle d’ange gardien.

Pour finir, je dois avouer que je n’ai pu m’empêcher de me demander quelle était la part de la vie personnelle que l’auteur a glissé dans son œuvre, surtout à travers le personnage de Jacques Nemrod qui, en grandissant, décide de devenir auteur de romans. Son premier ouvrage s’intitule « Les rats » ; le premier de Werber se nommait « Les Fourmis ». À la base, l’auteur voulait devenir dessinateur professionnel et non écrivain. Jacques était censé exploiter le même talent artistique dans cette vie karmique. Werber devra patienter douze longues années avant de voir son manuscrit sur « Les fourmis »édité par Albin Michel. Jacques devra également s’armer de patience avant de voir sa carrière d’écrivain décoller… Bref, autant de similitudes et de clins d’œil de la part de l’auteur qui m’ont fait sourire et aimé ce roman.
Belle lecture à vous et bravo à l’auteur !"

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À propos de : Le Début des haricots

"Ce premier ouvrage de Fanny Gayral est le genre de roman « Feel Good » qui fait réellement du bien. L’auteure étant elle-même médecin généraliste en France, elle nous entraîne dans un univers à la fois intense et plein de rebondissements qu’elle maîtrise parfaitement. Avec Le début des haricots, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer. Et vous dévorerez ce roman en quelques heures.

Vous vous attacherez à Anna, un médecin émérite qui fait toujours du mieux qu’elle peut pour aider ses patients dans la compassion et l’écoute. Et ce malgré la pression qui pèse continuellement sur ses frêles épaules. Vous vivrez aussi par procuration la lourde mission qui incombe à un docteur : celle de sauver des vies, coûte que coûte, parfois au péril de son propre équilibre émotionnel et psychologique."

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