COMPTE | Loeildem

5
À propos de : Le jour d'avant

Liévin, 27 décembre 1974.
Après cinq jours de congés, les mineurs de la fosse 3bis de Saint Amé redescendent au fond.
Le drame.
Le grisou les emportera presque tous.
Joseph alias Jojo Flavent fait partie des victimes.
Mais, il n’est pas mort en bas, lui.
Il n’est pas considéré comme victime de la mine.
Aucun nom sur une stèle de commémoration.
Aucun nom sur les registres.
Pour ses proches, la douleur est insupportable.
Notamment pour son jeune frère, Michel.
Traumatisé par la perte de cet être si cher.
Son père lui fait promettre de les venger.
Michel grandit avec cette douleur qui frise avec la haine.
La mine lui a pris son frère.
La mine lui a pris sa famille.
Un seul responsable : Lucien Dravelle.
Responsable de l’équipe.
Plus de rendement, moins de sécurité.
Michel a passé toute sa vie à suivre cette histoire. Une chimère.
Ou alors l’inverse.
Aussi, comment déceler le vrai du faux ?
Qu’est-ce qui fait que l’on superpose le vécu personnel et le drame populaire ?
A travers ce roman, Sorj Chalandon, toute en pudeur, rend hommage aux victimes de Liévin.
Il rend hommage aux 42 mineurs de la fosse 3bis.
Il rend hommage à leur famille.
L’auteur prend le risque d’ajouter une 43e victime : Jojo. Le frère de Michel.
Le roman est bien reçu, dit la Postface. Les gens ont compris.
La vie de Michel, son combat pour ce frère qu’il admirait tant est beau.
Si beau que ça le conduit à commettre l’irréparable.
La prison.
Les entretiens avec son avocat.
Le procès.
Michel se mure dans le silence.
Dans sa tête, tout se bouscule.
Il entend Jojo lui parler.
Cécile, sa femme décédée, le réconforter.
Michel est au fond lui aussi.
Il est la dernière victime de la mine.
Une très belle découverte, Sorj Chalandon est un auteur que je vais continuer de lire.

2

Première découverte de l'auteur et grosse déception. Je n'ai pas été transportée, je ne me suis pas attachée aux personnages, j'ai même trouvé Emma, la protagoniste, profondément ennuyeuse et simplette. Je n'ai pas aimé le discours qui plane dans l'ombre. Le discours qui désigne clairement cette femme comme une "pauvre" femme, guidée par ses désirs de femme et non son cerveau. Une pauvre femme qui n'hésite pas à quitter mari et enfants pour un homme a qui elle n'a pratiquement jamais adressé la parole. Je n'ai pas aimé l'image dévalorisante de cette femme, incapable de réfléchir raisonnablement. Vraiment dommage car j'ai vraiment apprécié la qualité d'écriture de Grégoire Delacourt. Je pense que c'est simplement le choix du personnage et du sujet en lui-même qui a fait défaut - pour ma part. La profonde misogynie des mots, des réflexions et mises en situation m'a vraiment gênée et exaspérée.

Coup de cœur pour ce roman ! Virginie Grimaldi est une auteure que j’adore et découvrir un nouveau roman est toujours synonyme d’excitation. Celui-ci est sorti il y a déjà un an mais vaut mieux tard que jamais !

Pauline est un personnage qui m’a énormément touchée. Quand son mari la quitte, elle sombre petit à petit dans le déni et s’accroche à cet amour qui n’existe plus. J’ai vraiment ressenti sa détresse, sa tristesse. La relation qu’elle entretient avec son fils est si forte, C’est très touchant. Même si elle peine à admettre que son mariage, sa relation avec l’homme de sa vie est terminé, elle garde la face pour ce petit garçon de quatre ans qui ne comprend pas pourquoi il ne voit plus aussi souvent son papa. Un papa qu’on ne découvre qu’à travers les lettres que Pauline lui envoie. Chaque jour, elle lui remémore un souvenir qu’ils ont eu à deux. De jolis souvenirs.

Pauline et Ben se rencontrent par hasard. Elle, étudiante en bts, en stage, lui fait du dépannage informatique. Il vient nettoyer son ordinateur. Le coup de foudre est immédiat. S’ensuit une belle histoire d’amour. Complices, complémentaires, on ne peut s’empêcher de penser qu’ils sont fait l’un pour l’autre. Des âmes sœurs. Tous ces souvenirs font naître des sentiments contradictoires chez la jeune maman. A l’issue de ses lettres, Ben devra décider ou non s’il veut le retour de leur couple, la rupture n’a jamais été aussi réelle. Et cette démarche fait remonter à la surface un passé douloureux. Un passé que Pauline a tenté d’enfouir au plus profond d’elle-même, s’en s’apercevoir que cela signait la fin de son couple avec Ben.

Parallèlement, Pauline se reconstruit aux côtés de sa famille. Une famille assez loufoque, un peu cabossée. Une famille qui s’aime sincèrement mais qui ne sait pas se le dire. Une famille imparfaite dont Pauline est fière de faire partie, au final.

Encore une fois, la plume de Virginie Grimaldi m’a séduite. Avec Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, elle signe à mes yeux sa plus belle réussite. Un roman dans lequel elle s’est investie corps et âme. Et quand on lit les remerciements, on comprend pourquoi le roman a un parfum de vécu.

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