COMPTE | Lollilolette

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Un mardi soir à New York a cette atmosphère un peu désuète d'un New York qui n'existe plus. On y verrait presque les premiers pas d'une Carrie Bradshaw dans les années 80, les mondanités d'un Gatsby ou même d'un Dorian Gray. C'est un roman qui sent le vintage, qui dépeint le monde d'avant, celui des cercles d'art, des affichages sauvages, où la révolution avait encore quelque chose de poétique. C'est une ode subtile à la nostalgie qui puise ses références dans un âge d'or de l'art qu'on prend plaisir à revivre, comme une immersion aux balbutiements des oeuvres fortes et engagées.
Peintre argentin en exil pour briguer son American dream, Raul s'affame pour payer son matériel et peint le jour d'immenses toiles mettant en scène les spectres qu'il croise le long de ses pérégrinations nocturnes. Lorsqu'il attire l'attention de James, l'ascension est fulgurante : la machine à broyer l'emporte dans un tourbillon de soirées mondaines, de bourgeoiseries, de drogues et de happenings. Alors que la scène de l'art tout entière lui tend les bras, il rencontre Lucy, tout juste échappée de sa bourgade pour conquérir New York avec une coloc spéciale, un job de barmaid et des rêves pleins la tête. Entre peintre, critique et muse se dessine alors un triptyque amoureux étourdissant où la chute est rude, et le voyage, délicieux.
Un roman addictif et mélancolique qui est définitivement un de mes coups de coeur 2018.

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