COMPTE | Maliv

3
Un roman qui ne laisse pas reprendre son souffle ; du grand art : de l'action à travers les continents et à travers l'histoire ;un auteur de grand talent.
3
Un roman écrit par un auteur très talentueux; Un plaisir de la première ligne à la dernière; un livre qu'on ne peut lâcher. Du grand art.je choisi donc de voter pource roman.
3
Un régal ; une symphonie d’allégresse sur fond de requiem ! Ce n’est pas « Mozart qu’on assassine » , Eva Baronsky nous le fait revivre et revenir dans le Vienne d’aujourd’hui pour notre plus grand plaisir. Quelle chance pour le lecteur que ce roman attachant et drôle qui conjugue les styles en empruntant au 18éme siècle des réparties savoureuses. Mozart s’éteint le 5 décembre 1791 pour se réveiller au 21éme siècle ; c’est une suite d’incompréhensions pour celui qui n’a pas le mode d’emploi de notre civilisation. Les technologies et les mœurs ont évolué , mais pas son point de repère qui reste la musique car « il » est musique ; « elle fait voler en éclat tous les temps et ne peut se permettre de prendre en considération les limites d’une seule vie humaine ». Responsable devant Dieu, Mozart n’a pu terminer son requiem. Va-t-il pouvoir le reprendre au « Lacrimosa » et en coucher la fin sur partitions ? Il nous dit en passant que la version écrite par Xaver Süssmayer est détestable, bien évidemment ! L’auteur semble avoir emprunté la fantaisie et l’étourderie de Mozart au très beau film « Amadeus » de Milos Forman : il est débordant de créativité, de vie et d’amour. Va-t-on retrouver les nombreuses partitions qu’il a écrites et essaimées à Vienne lors de sa résurrection ? Eva Baronsky en détient le secret, espérons qu’elle nous le livre un jour…
3
À propos de : Les Intéressants
Il faut bien que jeunesse se fasse…et le reste de la vie aussi ! Ce livre raconte la rencontre dans les années 70 d’un groupe de jeunes de 15 ans dans un camp de vacances privilégié du nom de « spirit-in-the-woods ». Au départ, le rêve pour « se préparer aux grands moments de la vie », puis la réalité, tellement différente de l’imagination.. « Si l’on s’arrête, on meurt ! », alors on avance en sautant d’une pierre à l’autre, faite de joies et de drames. C’est un chemin de désordres affectifs, et la vie s’empare de chacun, « les secoue dans tous les sens jusqu’à ce qu’ils deviennent méconnaissables même aux yeux de ceux qui les avaient bien connus. » Et les problèmes que les ados rencontrent les suivront toute leur existence ; oui, les cœurs souffriront toujours …Au fil du temps les vies des gens qui s’aiment s’éloignent de plus en plus ; les raisons sont nombreuses : l’argent, les centres d’intérêt, les nouvelles connaissances et amitiés, la vérité que l’on cache, les mensonges que l’on croit utiles… L’histoire de cette génération de jeunes qui s’était baptisé « les Intéressants » nous est conté par Meg Wolitzer sur presque 600 pages. Son écriture est précise et quelquefois laborieuse ; c’est probablement parce qu’elle souhaite nous faire partager les détails comme les forts moments d’émotion. Après y être entré, et ce n’est pas immédiat, on peut se noyer dans ce flot narratif sans relief. Mais les personnages torturés sont terriblement attachants et on a envie de les accompagner jusqu’au bout pour souffrir avec eux, surement pour nous rassurer car leur vie, c’est comme la vraie vie,…la nôtre.
3
À propos de : Le fils
Ceux qui aimaient jouer aux cowboys et aux indiens vont être servis ! La vérité toute crue dans cette saga qui raconte l’histoire du Texas. Trois personnages de la même famille racontent à chacune de leur époque leurs vies mouvementées. Depuis le massacre de la famille de la famille du « fondateur » et de son enlèvement par les Comanches dans les années 1850, on est captivé par les récits entremêlés des trois McCullough. C’est un livre solide et excellent; on y apprend comment, depuis l’acquisition des terres, en passant par l’élevage du bétail, et enfin par l’exploitation du pétrole, des puissantes fortunes se sont créées sur ce territoire en grande partie désertique. Les récits sont crus et bouleversants ; le réalisme des scènes de tueries est parfois insoutenable. Les indiens nomades sont passionnés par les guerres tribales, mais sont aussi des vrais écolos. Les uns volent la terre aux autres, puis les mexicains les volent aux indiens qui se la font chiper par les conquérants de l’ouest américain ; tout ça dans le sang, les manipulations et la douleur. Le Texas est composé de dynasties comme celle des McCollough pour qui tout a été bon pour arriver à accumuler des grandes fortunes. Le romande Philipp Meyer est une pépite comme on en trouve rarement. Son style est coloré, coulant et très agréable. Il s’appuie sur une documentation nourrie et nous livre un morceau essentiel de l’épopée qui a conduit à la création d’une grande nation.
3
À propos de : La Part des flammes
Bien que s’en défende l’auteure, voici un roman historique de grande qualité ; une véritable perle à la manière et à l’époque de Maupassant. En se basant sur une tragédie retentissante en 1897, l’incendie du Bazar de la Charité, Gaëlle Nohant nous entraîne dans un Paris où se côtoient la misère, la maladie et la grande noblesse. Le thème de la bienfaisance y est admirablement bien traité. Elle est au service de différents objectifs qui vont du don de soi, à la réalisation sociale par la gravitation d’échelons nécessaires pour accéder à la table des grands noms de ce siècle. La bienfaisance sert à se montrer et à paraître pour beaucoup d’épouses désœuvrées ; elle puise aussi ses racines dans le drame personnel et sert de refuge pour chasser le désespoir et le renoncement à chercher le bonheur. On peut voir aussi comment les épreuves changent le caractère et comment les brulures physiques peuvent libérer des sentiments que la morale réprouvait. Les grandes catastrophes sont aussi l’occasion de voir se développer l’esprit chevaleresque qui est le liant des grands romans. On trouve dans cet ouvrage, de très belles pages sur Paris, et déambuler à pied ou en fiacre et redécouvrir les métiers d’hier aujourd’hui disparus. Les personnages sont attachants bien qu’un peu manichéens ; ils sont servis par une écriture simple et efficace, sans complaisance pour le « faux semblant » ou la cruauté de parents qui vont jusqu’à l’enfermement psychiatrique de leur enfant rebelle. Un roman historique d’une grande actualité qui nous invite à relire Verlaine pour le repos intérieur et la sérénité ; merci Mme Nohant.
Ce livre apparemment simple pousse à la réflexion sur soi même et la vie en général.L'auteur nous rappelle dans cette fable que nous sommes des "exilés de l'enfance",et c'est pour cela qu'on a recours aux histoires entre autres palliatifs.On est toujours en recherche de solutions au problème du temps qui passe; ce livre va nous y aider; merci Mr Hamid.
3
À propos de : La Végétarienne
Aucun commentaire ne pourra trouver les mots justes pour évoquer ce fabuleux roman. Comment, pour fuir la société, une jeune femme, Yonghye, devient végétarienne avec pour but ultime de se fondre dans le monde végétal. Son parcours, parmi les siens se déroule en trois parties : avec son mari d’abord, puis avec son beau-frère et enfin avec sa sœur. Dans la dernière partie, l’étrange sérénité de Yonghye désespère sa sœur tant elle est impuissante à stopper son comportement suicidaire. Conte ou roman ? Qu’importe, le texte est d’une force inouï servi par une écriture délicate et précise. La lecture est d’abord presque amusante au départ, puis captivante et nous laisse à la fin en souffrance devant l’inéluctable. Pour qui veut les recevoir, les messages sont nombreux dans ce petit livre qui invite à la réflexion sur la société et la place qu’on y tient. Han Kang est une jeune auteure de grand talent. On peut espérer qu’elle soit chef de file de cette nouvelle génération libre littéraire sud-coréenne. On pourrait donc en attendre encore de nombreux trésors
3
Des vies et des destins qui s’entremêlent pendant les dernières guerres en Tchétchénie. Roman prenant qui laisse le lecteur horrifié devant toutes les atrocités commises par les occupants russes. Le récit est très documenté, on est projeté dans la misère et la douleur d’un peuple opprimé. On n’échappe à rien de tout ce qui est horrible : la torture, les enlèvements, les viols, la prostitution forcée, les mines personnelles, la charcuterie dans les hôpitaux, les trafics de toutes sortes…sans oublier la corruption et la délation. La réalité est tellement sordide que « les rêves sont le véritable foyer des habitants de ce pays ».La tristesse est extrême et ceux qui sont aimés « disparaissent comme fondent les glaçons pour ne laisser que de l’eau claire ». Les amis se trahissent et se vendent à l’occupant car « la guerre n’est pas une chose naturelle, elle change le comportement des gens ». Anthony Marra nous a destiné un livre de douleurs encore et encore…son écriture limpide ne nous épargne rien ; elle ne laisse de l’espoir qu’à ses lecteurs très attachés aux personnages qu’ils aimeraient voir s’en sortir. Ce livre est touchant à bien des égards, d’une grande sensibilité, il nous fait voir les meilleurs comme les pires côtés de l’être humain en temps de guerre. Tout est bon pour se maintenir en vie et garder intact « la constellation de phénomènes vitaux » qui est en soi. Chef d’œuvre d'humanité !
3
Attention, si vous craignez de ne pouvoir être disponible dans les heures qui suivent les premières pages de ce roman, surtout ne le commencez pas ! Les amoureux des aventures épiques vont se régaler ; un tourbillon d’actions, d’exotisme et de précisions historiques vous attend. La plume rebondissante d’Antonin Varenne vous entraînera de Birmanie à Londres, puis sur les chemins de la conquête de l’ouest américain avant le début des années 1900. Comment un sergent de la Compagnie des Indes se retrouve à la poursuite d’un « serial killer » à travers plusieurs continents ? Au fil des pages, dans un rythme endiablé, nous suivons Arthur Bowman, ses cauchemars, sa violence, ses errements…une brute au grand cœur qui voit défiler tant de personnes qui viennent mourir dans ses bras. C’est aussi un amoureux des livres,ce qui n’a rien pour nous déplaire ; il découvre le nouveau monde sur les traces de Washington Irvin et se prend d’affection pour les textes de David Henri Thoreau. Sorti de l’enfer dans la jungle de Birmanie, son épopée nous fait vivre le massacre des Indiens par « les Blancs qui ont inventé en Amérique un pays sans passé pour avoir une vie nouvelle et en effacer la mémoire ». Dans la peau d’un justicier, cet écolo avant l’heure est un humaniste qui aide les misérables et combat le racisme. Un peu Mandrin, Monte Christo et Don Quichotte, il est très attachant cet aventurier « complet » qui « cherche une mort ou une vie honorable ». Ce roman nous laisse plein d’images fortes, et admiratif devant un style efficace qui donne un rythme soutenu. A l’instar d’Antonin Varenne ou Pierre Lemaître, on crie bravo aux auteurs de romans qui viennent du polar ! Une belle école pour une littérature réussie qui met en joie ses lecteurs.

Vous n’avez pas encore sélectionné de livres à lire.

Rendez-vous sur la page de vos livres préférés pour les ajouter à votre Pile à lire !

Portrait de Maliv