COMPTE | sabrina.vincent@ymail.com

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À propos de : Au revoir là-haut
Les premiers chapitres du roman nous plongent dans les derniers jours de la Grande Guerre, dans la boue et l'enfer des tranchées. 50 pages hallucinantes, percutantes, violentes et incisives, qui m'ont aspirée et pendant lesquelles nous rencontrons les trois personnages principaux du récit. Le premier de ces personnages est le capitaine Pradelle, aristocrate désargenté qui court après la reconstruction de la fortune et de la renommée de sa famille. A côté de celui-ci on trouve deux soldats, Albert Maillard, homme discret d'origine modeste, angoissé et faible et Édouard Péricourt, jeune artiste plutôt extravagant dont la famille est quant à elle très riche. Ces deux-là vont, après un évènement qui va sceller leur destin, former un drôle de tandem, toujours solidaire, souvent tendre et vont tenter au fil des pages de survivre et de trouver leur place dans cette France d'après guerre. Cette fiction est servie par une architecture remarquable et une écriture d'une fluidité déconcertante. Le style est très "visuel" et non dénué d'un certain humour, le plus souvent caustique.
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New-York 1905. Lily Bart est une jeune femme célibataire. Enfin tout est relatif car à 29 ans elle est en passe de devenir une vieille fille. Orpheline sans le sous hébergée par sa tante elle se doit d'être l'investigatrice de son mariage. Étant donnée sa condition (sociale et financière) elle est obligée de se trouver un bon parti et ne peut pour cela compter que sur sa beauté et son charme fascinant incontesté qui constituent son unique richesse. Ce déterminisme social a fait d'elle une redoutable prédatrice qui étudie chaque proie potentielle avec minutie. Vous vous doutez bien qu'un grain de sable va venir enrayer cette machine parfaitement huilée et ébranler ce planning précis et réfléchi d'actions à mener pour trouver le meilleur parti. Et c'est quoi ce grain de sable? Le désir, véritable obstacle à sa destinée prédestinée. Ce grain de sable est incarné par l'amour pour un homme qui ne constitue pas un bon candidat et va engendrer un véritable conflit entre ses désirs et les règles dictées par la société. Le récit accumule les non-dits, les mauvais choix et les actes manqués. Bouh comme cela est agaçant! Mais comme cela est bien amené et efficace. Le développement du récit est fort bien pensé et organisé et le style très élégant malgré l'ironie et la critique cinglante sous-jacentes. Lily finit par être déchue de ces hautes sphères, victime des caprices du destin et de manigances malveillantes. Le problème est qu'en dehors de ce milieu étroit, Lily semble inapte à survivre... Cette lecture fut captivante, agaçante, désespérante, implacable et cruelle.
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Ce roman relate l'histoire d'une famille de paysans à la fois amoureux et totalement esclaves de leur terre qui vont se dévorer et consacrer leur énergie à se nuire. Ce roman est l'histoire de leur lutte sournoise et de leurs stratagèmes odieux motivés par une avidité et une avarice haineuses. Émile Zola y personnifie la terre et en fait une figure féminine, parfois généreuse mais le plus souvent cruelle. Le rapport à cette dernière est enragé, viscéral. La tentative de sa maîtrise est un combat de tous les jours. Le récit et la vie des personnage se règlent selon les saisons et les travaux (semailles, moissons, vendanges, labours) et les différentes étapes de la vie (naissance, baptême, mariage, mort). Dans tout le roman, la violence du désir de possession de la terre est omniprésente. Solidement ancrée en chacun, elle les pousse à des actes brutaux, parfois atroces et innommables, les transformant en bourreaux et en assassins. Vous l'aurez compris, ce livre est noir, très noir. Une noirceur violente, bestiale et déroutante, de celle qui ébranle et qui vous donne des frissons dans le dos. Un roman puissant. Âmes sensibles soyez prévenues.
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Ce roman relate l'histoire d'une famille de paysans à la fois amoureux et totalement esclaves de leur terre qui vont se dévorer et consacrer leur énergie à se nuire. Ce roman est l'histoire de leur lutte sournoise et de leurs stratagèmes odieux motivés par une avidité et une avarice haineuses. Émile Zola y personnifie la terre et en fait une figure féminine, parfois généreuse mais le plus souvent cruelle. Le rapport à cette dernière est enragé, viscéral. La tentative de sa maîtrise est un combat de tous les jours. Le récit et la vie des personnage se règlent selon les saisons et les travaux (semailles, moissons, vendanges, labours) et les différentes étapes de la vie (naissance, baptême, mariage, mort). Dans tout le roman, la violence du désir de possession de la terre est omniprésente. Solidement ancrée en chacun, elle les pousse à des actes brutaux, parfois atroces et innommables, les transformant en bourreaux et en assassins. Vous l'aurez compris, ce livre est noir, très noir. Une noirceur violente, bestiale et déroutante, de celle qui ébranle et qui vous donne des frissons dans le dos. Un roman puissant. Âmes sensibles soyez prévenues.
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À propos de : La Joie de vivre
Pauline devenue orpheline, est recueillie par des cousins, les Chanteau. Pauline est bonne, honnête et dévouée en toutes circonstances. C'est un peu agaçant. Madame Chanteau est calculatrice et manipulatrice. C'est très horripilant. Monsieur Chanteau est quant à lui cloué dans sa chaise longue pour cause de crises de goutte abominablement douloureuses et dont la récurrence éreinte le pauvre bonhomme. Ses plaintes incessantes empêchent d'ailleurs la chatte, Minouche, de ronronner en paix. C'est malheureux. Puis vient Lazare, le fils. Musicien contrarié qui multiplie les fausses bonnes idées, véritables gouffres financiers dans lesquels il fonce tête baissée dans le but inavoué de combler le vide abyssal de son existence. Il est dévoré progressivement pas son oisiveté et par sa peur obsessionnelle de la mort. Conséquemment il n'a peu à peu plus le goût pour rien. C'est déroutant (et un peu énervant). Il y a Véronique, la bonne un peu bourrue qui n'a pas la langue dans sa poche. Et enfin Louise, coquette et maigrichonne, un poil plus âgé que Louise, qui se retrouve très souvent en visite chez les Chanteau et qui se laisse farcir le cerveau par Madame et ses manigances... Ce roman c'est l'histoire de blessures, de dévotion et de sacrifice. Il est question de néant et d’ennui. La fin du roman que j'ai trouvée remarquable. La dernière tirade fait mouche. Je suis restée scotchée.
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Magnus invite son ami d'enfance Dick à venir passer des vacances dans la maison de famille située en Cornouailles. Cette invitation n'est pas innocente, Magnus souhaite que Dick endosse le rôle de cobaye et expérimente une nouvelle drogue fraichement élaborée par ses soins et qui permettrait de voyager dans le temps. Dick sera rapidement et à son plus grand déplaisir rejoint par sa femme Vita et les deux fils de cette dernière, qui viendront déranger ses expériences de voyageur temporel. Dick va malgré tout enchainer les voyages d'un monde (le sien) à un autre (le XIVème siècle) où il est le spectateur impuissant des intrigues qui se trament sous ses yeux. Certains passages d'une époque à une autre se font sans transition et sans douleur, d'autres sont plus difficiles. Ces expériences qui sont pour lui fascinantes et exaltantes vont progressivement entrainer une grosse confusion des pensées qui va lui faire mélanger les deux mondes. Dick finira par se demander si les époques existent de manière simultanée et permanente... Je ne vous en dis pas plus afin de ne pas gâcher votre plaisir de lecture. Ce roman sème le trouble. C'est un récit où hallucination et réalité flirtent en permanence. L'histoire est précisément ancrée géographiquement et l'intrigue se développe à une échelle locale réduite. Le seul élément qui m'ait un peu déplu est justement la descriptions des bâtiments et paysages et de leur évolution d'une époque à l'autre, intégrant modifications architecturales et évolutions topographiques engendrés par le temps. Nonobstant c'est un roman que je recommande à tous.
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À propos de : HHhH
Le livre raconte la vie de Reinhard Heydrich, tristement célèbre pour avoir été le chef de la Gestapo, celui des services secrets, et l'un des planificateurs de la solution finale. Il nous fait également le récit de la tentative d'assassinat menée contre lui depuis Londres, par le gouvernement tchécoslovaque alors en exil. En effet, Heydrich bénéficiait de la pleine confiance de l'état major nazi et avait reçu comme promotion d'être envoyé à Prague comme "protecteur" pour y remettre de l'ordre. Hitler avait estimé que la résistance tchèque y était beaucoup trop active. Heydrich prit son rôle à cœur et éradiqua cette dernière avec brutalité, ce qui lui valut le surnom de "bourreau de Prague". Nous sommes en présence d'un récit d'un évènement historique et de personnages réels. Mais l'auteur intègre également des notes/mini chapitres, sortes de parenthèses, qui éclairent le lecteur sur son processus d'écriture. Il accompagne ainsi le déroulement des faits en révélant ses doutes et questionnements sur la bonne démarche à adopter pour raconter l’histoire. Nous découvrons ainsi la lutte menée afin de ne pas céder à la tentation du romanesque qui l’a titillé pendant l'écriture, son obsession pour le sujet et ses conséquences sur sa vie privée. Comme pour La septième fonction du langage (Click), le récit est maitrisé, captivant et instructif.
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Écrit en 1938, adapté dès 1940 par Alfred Hitchock, ce livre nous raconte l'histoire d'une jeune américaine, naïve et timide en vacances en Monte-Carlo. Enfin vacances c'est vite dit car elle est en fait la dame de compagnie d'une vieille commère, Madame Van Hopper. Elle y croise Maxime de Winter, un aristocrate anglais récemment veuf. Ils se côtoient durant la grippe qui confine Mme Van Hopper dans sa chambre. Et très vite Maxime demande la jeune fille en mariage. Après leur voyage de noces, le couple s'installe à Manderley, un somptueux château situé dans la campagne anglaise où bidule (Ah oui j'ai oublié de vous dire que notre héroïne n'a pas de prénom) est persuadée qu'elle va vivre un conte de fées. Oui mais voilà, c'était sans compter sur la charmante Madame Danvers, l'intendante in chief. Cette dernière n'accepte pas que la nouvelle venue prenne la place de son ancienne maîtresse adulée, la fameuse Rebecca, et va tourmenter Machine. La vie à Manderley ne s'annonce vraiment pas facile, chaque pièce semblant hantée par le fantôme de Rebecca. Doutes? Hypothèses? Rêves? Trucmuche serait-elle victime de son imagination? Ce roman à l'ambiance quasi fantastique (Qualifié de gothique dès sa parution) est envoûtant et hypnotique. L'auteure enveloppe son récit d'un mystère captivant omniprésent et crée une intrigue pour le moins déroutante. Conclusion: je vous le conseille fortement.

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