COMPTE | Shaynning

4

Ce mystérieux livre noir sans auteur et avec un titre qui laisse supposé qu'il n'y a pas de titre a piqué ma curiosité assez vite. Et je peux affirmer ne pas être déçu.

Santa Mondegua est une ville très singulière où trainent des gens fort peu recommandables. Lorsque Miles Jensen, agent spécialisé dans les enquêtes surnaturelles, est mandaté pour investiguer sur une série de meurtres très violents dans cette ville, on lui impose un coéquipier qui a une très mauvaise réputation et qui semble faire une fixation sur un tueur en série que l'on nomme le "Bourbon Kid". En parallèle, le barman du Tapioca, lieu qui fourmille de racaille en tout genre, est au cœur d'une série d’évènements entourant le vol d'une pierre au potentiel magique, l’œil de la Lune, qui passe de main en main, de voleur en voleur. Deux jeunes moines sont d'ailleurs en mission pour la récupérer, eux qui n'ont jamais quitté leur île auparavant. Une jeune femme se réveille d'un long coma de cinq ans,amnésique et survivante d'un carnage dont le Bourbon Kid serait l'auteur. Et tous ces personnages sont appelés à se croiser, dans une fresque aussi étonnante que violente.

Le livre sans nom est un récit prenant, bien rempli, avec une touche obscure qui rappelle le scénariste Tarantino et la plume de l'écrivain Stephen King. Même si beaucoup des personnages sont des brutes, on ne peut s'empêcher de s'y attacher , d'une certaine façon. On a donc un roman qui s'apparente à la fois au polar et au fantasy urbain, avec une touche un peu "far west". À Santa Mondega, c'est la force brute et le pouvoir destructeur des armes qui comptent, bien qu'un peu de ruse ne fasse pas de mal non plus.

Bref, c'est un livre à lire.

5

J'ai rarement vu un degré de beauté pareil en un seul livre. Dès les premiers chapitres, j'ai su que non seulement ce livre me plairait, mais je que je n'en "sortirais pas indemne". C'est le pouvoir des grands livres que de se voir soi-même évoluer, même juste un peu. Ce n’est donc pas juste un livre distrayant, intéressant et beau. C'est un bijou!

J'ai rarement lu une quatrième de couverture aussi juste. "Des personnages qui paraissent sombres se révèlent lumineux", on ne peut plus vrai. "Rendre l'ordinaire extraordinaire", absolument. L'autrice est une magicienne des mots. Elle a le sens du récit, de l'anecdote et elle parvient à rendre non pas une histoire, mais une pluralité d'histoires magnifiquement ficelés ensemble pour nous donner une fresque sociale merveilleuse, sensible et émouvante.

C'est un roman qui marque l'esprit dans une grande palette d'émotions, de la joie à la nostalgie, de la tristesse à l'indignation. C'est une sorte d’ode à la vie. Malgré la présence du cimeterre et des nombreux défunts. Au fond, pour mieux cerner la vie dans toute sa grandeur et sa complexité, on n'a pas vraiment d'autre choix que de faire un relai par sa meilleure amie, la mort. Ça va ensemble. Et l'auteur parvient à élaborer une histoire qui les met en valeur l'une et l'autre, avec doigté et avec élégance aussi.

On vous parlera de jardin, de deuil, de renaissance, de compromis, d'amitié, de fleurs, d'enfants, de cœurs brisés, d'enfant roi, de rencontres, d'adultère, d'amour sincère, de voyage, de temps et d'âmes, pour ne citer qu'eux. Surtout, on vous parlera de "changer l'eau des fleurs", de la capacité extraordinaire et véridique de l'humain à être résilient, à surmonter les obstacles et à sa capacité de se renouveler, à se reconstruire sur des ruines. Et que souvent, cette résilience, elle se bâtie avec le pouvoir des autres. Ce sont des "facteurs de résilience" dans le jargon du travail social.

** Je pense d'ailleurs que ce livre fera écho chez tous les gens qui ont l'empathie et le soucis des autres qui caractérisent les intervenants, des infirmiers aux travailleurs sociaux, des professeurs aux ressources humaines.

Ce roman est très "lourd", il a beaucoup de contenu. C'est sans doute pour ça que je le l'ai pas dévorer d'une traite. On aurait que chaque passage était si profond que je ne pouvais m,empêcher de prendre le temps de lire et relire pour être sure de cerner tous ces mots, toutes ses nuances et ses implications. Bien qu'il y ait de nombreux thème légers, certains m'ont stoppés dans ma lecture. "Ayoye, mais qu'est-ce je ferais dans pareille situation?" , "Ayoye, je l'avais pas vu venir", "Ayoye, qu'est-ce que cela implique?". Oui, il m'en aura couté de la réflexion ce livre, mais merci à lui, vraiment.

Étonnamment, il y a un peu de "policier" dans ce roman, une dimension de polar. Il s'agit de l'histoire de la mort d'une petite fille, on en apprendra peu à peu tout le long de l'histoire. Et l'auteur nous envoie sur toute sorte de pistes, toutes plausibles, avant de larguer une bombe au final.

Bref, j'ai l'impression de ne pas rendre justice à cette œuvre avec mes mots maladroits, mais si vous me lisez, sachez que vous devez lire ce livre au moins une fois dans votre vie. Vous en sortirez grandis. Peut-être pas profondément, mais assurément .

3
À propos de : Call me by your name

L'auteur a une très belle façon d'écriture, un mélange intriguant de sensualité et de philosophie.

Nous avons ici l'histoire d'amour entre Oliver, 24 ans, professeur de philosophie et américain, et Elio, jeune Italien de 17 ans, qui aime jouer du piano et qui semple lui aussi très philosophe de nature.

J'ai aimé le lire, mais je ne pense pas le relire, ceci-dit. Certains passages m'ont semblé longs et le final plutôt amer, voir triste. Après tout, on sait dès le début que cette histoire d'amour n'a pas d'aboutissement à proprement parler, ce qui d’emblée rend le tout triste. C'est peut-être ce que dénonce l'auteur: un amour aussi riche et complet qui n'aura pas d'avenir parce que ce genre de relation n'est pas permise par la société.

Sans être le meilleur livre, je pense cependant qu'il fait parti de ces livres à lire une fois dans une vie, ne serait-ce que pour la beauté de l'écriture et le côté particulier de la relation des deux hommes.

4

Il s'agit de mon premier Grimaldi et ce roman à trois voix était fort touchant.

Endettée, mère monoparentale et pas spécialement heureuse de son travail, Anna se sens dépassée lorsqu'elle constate que ses deux filles ont également leur quota de soucis. Son aînée, Chloé, s'offre désormais aux garçons en constant qu'être chaste les lui fait perdre. Hélas pour elle, une fois offerte, les garçons de restent pas plus. Sa cadette, Lili (qui semble vivre avec un syndrome d'Asperger, mais ça ce n,est que mon avis) vit de L,intimidation à l'école et ne cherche pas à s'en défaire. La mère d'Anna confit à sa fille une mission: porter les cendres de son époux aux confins du Nord, là où se dessinent les aurores boréales. Anna voit là une opportunité d'éloigner ses filles de leurs problèmes et de retisser leurs liens abîmés par la vie. Elles s'embarquent pour un périple en VR qui leur permettront de rencontrer des gens, de se parler à cœur ouvert ( mais parfois à cœur défendant) et de se trouver des moyens pour mieux affronter leurs démons respectifs.

On dit que le voyage est salvateur et je suis on ne peut plus d'accord. Dans l'inconnu, nous sommes égaux, ce qui permet de tisser des liens solides. C'est donc une belle histoire de mise à jour, de vérités, de liens mère-fille, de rencontres enrichissantes, de paysages nordiques et même de neurodiversité. Un bon petit livre qui nous aide à relativiser la valeur des gens et du temps.

5

Ce livre, c'est un hymne à l'espoir qui fait du bien.

C'est le genre de livre qui se lit tout seul, qui nous pince le cœur ou nous l'allège, le tout ponctué d'un humour agréable. Les thèmes sont variés, mais les plus grands concerne la famille, les liens sociaux, l'introspection, la conscience et le rapport à la vie et à soi. Sans faire dans la philosophie compliqué, elle nous permet de poser un regard nouveau sur les choix que l'on fait face à nos proches, face à notre rythme de vie ou même à la concrétisation de nos désirs. Plus que tout, c'est l'histoire des survivants, ces gens qui ont connu la souffrance, affronté la perte, vécu le deuil et se sont relevés, plus solides et plus authentiques que jamais.

4
À propos de : Avalanche Hôtel

C'est un bon polar, bien que je n'ai pas dévoré ce livre comme certains autres polars.

Croisé entre la perte de mémoire, mémoire génétique et hôtel mystérieux abandonné, on revisite légèrement l’œuvre de King "The Shining", mais sans le côté fantastique. D'ailleurs, il y a quelques petits clin d’œil amusants au sujet dudit livre.

Joshua Auberson fait un rêve plus vrai que nature lorsqu'il parcours les couloirs aux murs verts du Avalanche Hotel. Lorsqu'i se réveille dans un hôpital, après avoir échappé à une morte certaine sous une avalanche, il se questionne sur ce rêve. Certains éléments semblent vouloir le guider sur une piste, une enquête qu'il menait avant de se retrouver trois mètres sous la neige. Une histoire vieille de vingt ans qui, une fois Joshua sur ses traces, semblent faire apparaître les cadavres.

De beaux personnages, un cadre inquiétant et une plume fluide, c'est un bon roman pour les amateurs du genre!

5
À propos de : Le Chant du rossignol

Le chant du rossignol est le genre de livre qui nous fait aimer l'histoire et qui propose des modèles féminin magnifiques. En effet, il s'agit ici de placer les femmes en premier plan lors de la deuxième guerre mondiale, alors que les hommes étaient presque tous partis ou prisonniers. Ces femmes qui ont du trouver ensemble ou seule le moyen de survivre alors que la France était occupée par l'ennemi.

Vianne et Isabelle sont sœurs. Orphelines de mère et délaissées par leur père, lui-même meurtris par la première guerre mondiale, les deux sœurs ont apprit tôt à survivre. Vianne se maria tôt pour échapper à son père et Isabelle fut envoyée dans d'innombrables endroits et écoles par ce même homme. Lorsque les préludes de la guerre se profile, Antoine, mari de Vianne est contraint de partir se battre pour la France. Celle-ci capitule en peu de temps lorsque les allemands marchent sur Paris. Antoine est fait prisonnier de guerre et Vianne n'a d'autre choix que d'accueillir un capitaine allemand sous son toit, puisque les "Botch" occupent désormais le pays. Isabelle, volontaire, déterminée et patriotique, cherche à tout prit un moyen de se battre pour le retour d'une France libre. Elle grimpe les échelons de la résistance jusqu'à devenir une passeuse, sous le nom de code "le rossignol". Famine, rafles, humiliations, amis menacés et déportés, les deux sœurs ne seront pas épargnées par la guerre, mais à travers elle, se trouveront une force de caractère hors du commun, Vianne pour sa fille Sophie, Isabelle pour l'avenir du pays et sa famille.

Ce récit est magnifique, humain et pognant. Les personnages sont complexes et ont se sens rapidement proche d'eux. Une belle histoire de courage, de solidarité et de résilience.

5

La narratrice de cette histoire relate une partie de sa vie. Lors de son passage a Monte Carlo, la dame de compagnie de la riche veuve Van Hopper, une fouineuse bavarde qui manque de tact et de manière, la jeune femme fait la rencontre de Maximilien de Winter, récemment veuf et ombre de lui-même. Même si la chose lui paraît impossible, l'aristocrate semble se plaire en sa compagnie et lorsqu'elle doit partir sur un coup de tête de son employeur, "Maxim" la demande en mariage. La jeune Mme de Winter va donc vivre dans le superbe manoir Manderley, là où le souvenir de l'ancienne femme de Maxim, Rebecca, persiste encore dans la mémoire collective. Si bon nombre de personnages ont été pâmé devant la belle et intrépide Rebecca, les choses ne sont pas telles qu'elles semblent l'être. Et lorsque le bateau de la défunte femme est retrouvé en mer, les évènements prennent une tout autre tournure.

Superbement relaté, c'est une histoire relativement simple mais très agréable à suivre. Daphné Du Maurier est l'une des meilleure autrices que j'ai lu, dans les livres classés "classiques littéraires". Le genre de livre que l'on savoure , ne serait-ce que pour la richesse de la plume de l'auteur.

On sait dès le début qu'il est arrivé quelque chose de grave au couple De Winter, mais on découvre la vérité bien plus tard, dans une succession de rebondissements. La narratrice, une jeune femme anxieuse et à l'estime fragile, a une forte tendance à anticiper pour le pire, alors il y a beaucoup de suppositions. Et même à la fin, alors qu'on croit avoir deviner, on reste surpris.

Je le conseille fortement, c'est définitivement un chef d’œuvre.

4
À propos de : Un sac de billes

Lorsque Joseph et son frère Maurice, qui jusque là menaient une vie normale de jeune garçon amateurs de billes et de bagarres amicales, se retrouvent affublé de l'étoile jaune des "Juifs" et se font malmenés par leurs camarades de classes une fois à l'école, les frères Joffo ont une conversation avec leur père. À sept ans, leur père fut envoyé sur les routes afin d'échapper à la rafle des jeunes par la Gestapo russe. Maintenant, c'est leur tour, afin d'échapper aux officiels qui traquent les juifs à travers la France occupée. À dix ans, Joseph et son frère de douze ans partent donc sur la route vers la France libre, où, espèrent-ils, pourront-ils poursuivre le cour de leur vie et échapper au sort des déportés. Seulement, même en France libre, les dangers les guettent. Alliés inespérés, situations particulières, escapades nocturnes et une foule de petits travaux ponctuent leur route vers la liberté. Une histoire de famille, de débrouillardise, d'horreurs et de miracles d'humanité.

Un beau petit récit au ton enfantin et autobiographique d'une histoire qui ne devrait jamais toucher les enfants.

5
À propos de : La tresse

Triple histoire savamment reliée ( ou "tressée), ce petit roman nous transporte dans le quotidien de trois femmes dans trois pays différents.

L'une d'elle est Indienne, femme de la plus basse extraction sociale possible en Inde, que l'on appel les Intouchables. Ironiquement, ces femmes intouchables sont largement violées. Smita espère voir un meilleur avenir pour sa fille, loin des excréments à ramasser et des restes qui leur servent de repas. Mais ceux et celles qui tentent se d'échapper risquent leur vie.

Guilia est Italienne, fille d'un propriétaire d'entreprise de confection de perruque de cheveux naturels. Une vieille technique. Lorsqu'elle rencontre Kamal, un homme de confession Sikh, c'est le grand amour. Mais un jour, elle découvre la ruine de l'entreprise familiale et un mariage avec un homme italien pourrait être la solution pour sa famille...mais pas pour elle.

Sara Cohen est québecoise et vient de recevoir une nouvelle qui va changer sa vie: elle a un cancer. Loin de vouloir partager la nouvelle, Sara craint surtout de se faire laisser derrière, comme si elle était d'ores et déjà condamné. Sa lutte contre les autres pourrait lui couter la vie bien plus que le cancer. Un rude combat contre les préjugés sociaux et l'abandon précoce des malades.

Ces trois histoires sont appelés à se mêlé, sans que les trois femmes ne se voient jamais. Mais cette liaison les sauvera, les liera. C'est une ode au courage et à la détermination des femmes, indépendamment de leur origine. Parce que pour beaucoup d'entre elles, naitre femme est déjà un combat en soit.

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Portrait de Shaynning