COMPTE | The story of jo

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Me voila donc plongée, dès les premières pages de ce roman, dans une profonde tristesse... On retrouve de suite la plume de l'auteure, celle qui m'avait transportée aux côtés de François et Elsa dans la Délicatesse du homard. Antoine est à l'aube d'une toute nouvelle vie. Alors que tout laisse à penser qu'elle sera douce auprès de sa femme et de sa future fille, un drame impensable se joue à la maternité : Raphaëlle meurt subitement, en donnant naissance à la petite Lou. Toute la famille est dévastée, Antoine anéanti. Impossible pour lui de créer un lien avec son enfant, la petite sera choyée par les sages femmes, puis par la mère du jeune père dans les premières semaines de sa vie. Antoine en veut à Lou, celle qui d'après lui, lui à enlever sa femme. Il ne veut pas l'approcher, encore moins s'en occuper : sa mère est là pour ça, venue s'installer chez lui temporairement. N'ayant plus gout à rien, il décide de reprendre le travail, pour occuper son esprit, et se met en quête d'une nounou pour Lou. Il rencontre Rose, elle est jeune et très disponible : une priorité pour ce contrat quelque peu particulier, Antoine l’embauche. Rose intègre donc ce cercle familial brisé, et s'attache immédiatement à la petite fille dont elle s'occupe jours... et bientôt nuits.

Cette histoire, c'est avant tout celle d'une reconstruction. Celle d'un homme ampli de colère, qui rejette toute forme d'amour, et qui s'attache désespérément au souvenir de sa défunte épouse. Le lecteur suit également l'histoire de la construction de la vie de Rose, des choix d'adulte qu'elle prendra, de la bonté qui émane de toute sa personne.

J'ai apprécié tous les personnes, qu'ils soient principaux ou secondaires. Rose est une jeune fille mature pour son âge, on sent qu'elle à vécu quelque chose de fort dans sa vie, qui l'a marqué pour toujours et qu'elle profite de chaque instant. Elle n'essaie pas de s'imposer dans cette famille bancale, ni de prendre le rôle de la mère de Lou. Elle est d'une patience à toute épreuve, et considère que son rôle auprès d'Antoine est capital : cette mission sera sans doute la plus belle de toute sa vie, mais ça elle ne le sait pas encore... Antoine est également très attachant, j'ai eu mal avec lui, et j'ai souvent eu les larmes aux yeux lorsqu'il parvient à franchir des petites étapes de sa difficile reconstruction. Il avance, il tombe parfois, mais se relève souvent grâce à Rose. Laure Manel parvient à retranscrire avec justesse les émotions de ses personnages, c'est une écriture fine, aérienne et extrêmement touchante.

5

Jean et mémé Lucette : voici deux personnages qui se sont bien trouvés. Jean est confié à sa grand mère alors qu'il n'a que 6 ans. Le petit garçon pense alors que c'est l'histoire de deux ou trois jours, le temps que sa maman s'installe à Paris. Les jours passent, et mémé Lucette tente de combler ce vide et la tristesse qui s'empare du cœur de Jean. Une nouvelle vie commence à Grandville, auprès de cette grand mère un peu bourru, qui cache une vraie bonté d'âme. Jean grandit, dans une société en pleine mutation. L'auteure nous dresse ici un panorama de cette France de la fin des années 60 : mai 68, l'essor de la technologie, le combat pour les droits des femmes... Chaque génération à son avis sur la question, les jeunes ressentant d'avantage la pression qu'exerce ce nouveau monde d'après guerre. Les liens de famille sont mis à l'honneur dans ce roman, comme c'est le cas dans les autres ouvrages d'Aurélie Valognes.

Je me suis beaucoup attaché à Jean, ce petit garçon qui ne comprends pas pourquoi sa maman est partie, le laissant seul avec sa grand mère. Ces deux personnages principaux sont très touchant, le lien qui les unit devient de plus en plus fort au fil des chapitres. Chacun s'apprivoise, parfois difficilement, le quotidien de Jean et sa grand mère est bouleversé le jour où Marie prend la fuite. Mais l'amour filiale est inconditionnelle, et l'auteure parvient ici à retranscrire à merveille les sentiments de ces deux êtres si différents. J'ai également beaucoup aimé le personnage de Françoise, moins développé que ceux de Marie, Jean et mémé, mais qui jouera un rôle primordiale dans la reconstruction sentimentale du petit garçon.

Un roman bien plus profond que ceux parus précédemment, plus développé, et beaucoup plus triste. J'ai d'ailleurs été très étonnée sur ce point, les autres livres étant très drôles avec des personnages un peu caricaturés mais avec toujours une histoire bien ficelée. Ici, nous sommes plus sur le récit d'une enfance, porteur d'espoir, de bonheur, mais aussi de désillusions... Pas de rebondissements qui amènent le personnage principal à une happy end, Aurélie Valognes s'est un peu éloignée de son "style" habituel, mais c'est cependant une grande réussite ! La délicatesse qui imprègne ce roman ne pourra que convaincre les septiques, ceux qui se posent encore la question : c'est pas un peu nian-nian Valognes ?

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À propos de : Bakhita

Bakhita nait dans un paisible petit village du Darfour, et y même une vie tranquille de petite fille africaine, aimée de sa mère, son père et ses frères et sœurs. Cette relative quiétude est ébranlée par un premier événement qui traumatisera souvent Bakhita : l’enlèvement violent de sa sœur ainée. Elle a alors 5 ans. Elle vivra les deux années suivantes avec ce manque quotidien, puis sera enlevée à son tour par deux hommes, près de son village, et vendu comme esclave à seulement 7 ans. Elle marchera longtemps, pieds nus, et traversera tout le pays pour se rendre au Soudan, pays roi du trafic d'esclaves. Certains passages du récit ici me marqueront pour toujours, la violence est omniprésente, Bakhita perd tous ses repères, elle est déshumanisée. Les maitres battent, fouettent, insultent, les femmes, les hommes, les bébés.
Binah. Dans son grand malheur, Bakhita rencontre Binah, petite fille du même âge, qui la suivra dans cette longue traversée du désert, et qui sera achetée par le même maitre par la suite. Sans Binah, Bakhita n'aurait certainement pas survécu. C'est elle qui lui permet de garder espoir, elles se soutiennent mutuellement, elle devient sa famille et sa seule raison de survivre. Une relation profonde, d'un amour inconditionnel que l'auteure parvient à nous transmettre de manière magistrale. L'écriture de Véronique Olmi est fluide, presque poétique (ce qui tient du champ de force à la vue de la cruauté décrite...), et dépeint avec une terrible justesse les grandes étapes de la vie de la jeune esclave. Le lecteur pleure, tremble, espère aux côtés de Bakhita. Véritable biographie parfaitement documentée, Véronique Olmi retrace le destin tragique de celle dont le prénom signifie "la chanceuse".

La deuxième partie du roman débute avec l'arrivée de Bakhita en terres européennes. Les relations avec les maitres changent, et elle rencontrera des personnes qui la "sauveront" du calvaire de l'esclavagisme, et lui permettront de trouver sa voix, celle qu'elle a finalement toujours essayé de suivre : sauver les enfants.

Ce qui m'a le plus touchée dans cet ouvrage, c'est de voir que l'âme de la jeune femme est toujours aussi pure, même après tous les supplices qu'on lui a infligé, tous les conflits traversés (en Afrique et en Europe) : Bakhita est d'une force exceptionnelle, et d'une bonté extra-ordinaire. J'ai également appris de nombreuses choses sur la traite des esclaves au Darfour et au Soudan, je ne connaissais pas les détails de cette triste période. Un roman que je vous conseille de lire, qui me marquera sans doute pour toujours, et qui sera sans aucun doute dans mes plus beaux coups de cœur de l'année. Merci Madame Olmi pour ce livre merveilleux.

Une fois de plus, les allers-retours passé-présent-futur vont s’avérer nombreux au sein de ce livre. J'avais déjà beaucoup aimé cette nouveauté du tome 2, après avoir été un peu déroutée par la rencontre avec Lily, je m'étais prise au jeu et attendais avec impatience les chapitres dédiées à l’ère pré-traversienne. Ici, l'histoire est recentrée sur Kelsea et ses visons du passé, et nous allons en apprendre d'avantage sur les personnages qui ont bâti New London après la Traversée.

J'ai beaucoup aimé me retrouver dans le passé, et en découvrir davantage sur la construction de New London, et sur ce qui a donné naissance aux différentes royautés du territoire. Ce voyage nous apprend que les erreurs du passé forgent le futur : Kelsea pourra t-elle réparer les fautes commises hier ? Nous allons bientôt connaitre la raison de ses "fugues", et elle est folle ! Une fin, justement, qui ne laisse pas de marbre, certains trouverons ce dénouement extraordinaire, tandis qu'elle laissera sans doute d'autres sur la réserve. Pour ma part elle m'a fait réfléchir (d'ailleurs je crois que je réfléchis toujours lol), mais j'ai trouvé ça surprenant et inattendu ! Donc un très bon point !

Comme d'habitude, j'ai adoré les personnages et suivre leurs évolutions : Aisa devient une vrai tigresse, Massue coincé dans son rôle de Régent (et prêt à exploser à n'importe quel moment!), Kelsea dans sa rencontre avec la Reine Rouge, et la Reine Rouge elle même qui perd pied devant une menace impossible à contrôler... Même le Fetch tombe le masque !

La notion de sacrifice est au cœur de ce roman, et le rend fort et percutant. Chaque personnage devra faire des choix qui s’avéreront déterminant dans ce combat pour la liberté. Certains feront des erreurs, d'autres suivront leur intuition (guidés parfois par les visions de la petite Glee...), souvent au péril de leur vie.

Je me peux pas tout vous dévoiler, mais je peux cependant vous conseiller mille fois la lecture de cette merveilleuse saga. Une héroïne forte et anti-conformiste, des personnages secondaires bien développés, une intrigue très originale : et en plus c'est bien écrit !! Non mais vraiment, vous attendez quoi ? :)

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Ce livre nous permet de comprendre le rôle des émotions et leurs influences sur notre santé . Les premiers chapitres nous expliquent ainsi, de manière concise et sans termes médicaux compliqués, le fonctionnement des émotions, des sentiments chez l'Humain, et plus particulièrement chez l'enfant. Les chapitres suivant traitent de la question de la méditation pour les jeunes enfants (à partir de 5 ans ici). J'ai beaucoup aimé le discours de Clarisse Gardet, qui affirme que l'on ne doit pas utiliser la méditation comme moyen de "réguler" les émotions des petits, mais au contraire pour apprendre à vivre avec, en toute bienveillance. La méditation permet aux enfants de mieux connaitre leurs émotions. Cela peut être également un bon moyen d'engager une discussion entre le parent et l'enfant, qui pourra peut être aboutir à l'identification d'un élément déclencheur de telle ou telle émotion (stress, colère...). Un précieux moment de partage.

On retrouve également de cours exercices qui permettent d'apaiser colère, jalousie, doute... Très facile à mettre en place, je trouve ça top !

Un CD vient compléter la lecture de cet ouvrage. Nous y retrouvons tous les exercices du livre, mis en voix par Clarisse Gardet. J'ai beaucoup apprécié écouter la douce voix de l'auteure, le vocabulaire est adapté pour des enfants en bas âge, et les séances de méditations-accompagnées sont de courtes durées. Un bon point !

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À propos de : Gabriële

Ce livre, c'est l'histoire d'une famille, celle de Anne et Claire Berest, les deux auteures de cet ouvrage, écrit donc à quatre mains. Nous plongeons avec elles au cœur du début du XXème siècle, et découvrons Gabriële, qui n'est autre que leur arrière grand-mère. Ces deux femmes ont mené une longue enquête afin de reconstituer la vie de celle qu'elles n'ont pas connue. En effet, alors que Gabriële meurt à 104 ans (en 1985), ses petites filles n'ont alors jamais entendu parlé d'elle, un lourd secret familial pèse sur plusieurs générations... Gabriële fut une femme libre et intelligente, elle révolutionna le monde artistique, rencontra des hommes hors du commun. Cependant, ce fut une piètre mère. Elle donna naissance à quatre enfants, dont le dernier se suicida à l'age de 27 ans, laissant derrière lui une petite fille de quatre ans : la mère de Anne et Claire. Un roman très habité par ses auteures, une démarche intime qui permet au lecteur de découvrir l'histoire de Gabriële, épouse de Francis Picabia.

Ce que j'ai également beaucoup aimé dans cette lecteur, c'est être complètement immergée dans cette période du XXème siècle. Une époque passionnante, au sein de laquelle les courants artistiques se multiplient, les artistes toujours plus talentueux évoluent à l’intérieur d'un cercle restreint. Gabriële rencontrent ainsi Marcel Duchamps (elle sera sa maitresse), Guillaume Appolinaire... C'est une femme accomplie, excellente musicienne et compositrice. Cependant, difficile pour elle de se faire connaitre et respecter dans ce monde encore réserver aux hommes. Elle vivra très souvent dans l'ombre de son mari. Une description des conditions des femmes de l'époque qui m'a fortement intéressé.

J'ai également été touchée par le récit d'Anne et Claire Berest lorsqu'elles évoquent la fuite maternelle de leur grand mère. Le couple Buffet-Picabia donnera naissance à quatre enfants dont ils confieront l'éducation à des nourrices. Gabriële est loin d'être une bonne mère, elle ne sait pas comment s'occuper de sa progéniture (elle exprimera des regrets à ce propos quelques années avant de mourir). Il n'en reste pas moins que cette relation inexistante mère-enfant est édifiante...

Petit + : le fait que les deux sœurs auteures ne portent pas de jugement sur cette femme, qui ne s'est pas occupée de ses enfants.

Nous sommes ici dans un portrait très documenté et romancé, ce qui permet une lecture fluide et très agréable. Un livre biographique dont l'écriture à pris un caractère fondamentale pour les deux auteures : découvrir qui était Gabriële, cette femme dont leur mère leur a caché l'existence, et ce qu'elle avait accomplie au cours de sa longue vie. Je vous conseille vivement cette lecture si vous aussi vous affectionnez cette période du XXème qui révolutionna en bien des façons le monde de l'art.

4
À propos de : Les Couleurs de la vie

Kim est une jeune femme en plein tourment : sa grand mère qui l'a élevée, vient tout juste de décider de sans aller pour toujours, afin de ne pas être un poids pour sa petite fille. Ce choix fatidique, Kim n'arrive pas à l'accepter. Elle se sent démunie, seule et de nombreuses questions existentielles viennent perturber ses pensées : mérite t-elle l'amour qu'on lui porte ? La vie mérite t-elle d'être vécue ? Existe t-il des cotés positifs à la vieillesse ?
Sur un coup de tête, elle quitte son ile Bretonne et son compagnon Clovis, pour s'installer quelques semaines à l'autre bout de la France, à Antibes. Embauchée dans une maison de retraite, parviendra t-elle à trouver les réponses à ses questions au contact de ces personnes âgées, toutes plus loufoques les unes que les autres ?

Ce que j'ai particulièrement aimé dans ce roman choral, c'est qu'il n'y a pas de temps mort, chaque chapitre est révélateur d'une anecdote, d'un fait divers qui permet à Kim (et à nous, lecteur, par la même occasion) de démêler le vrai du faux sur l'histoire de ces deux personnages si mystérieux : Gilonne et Côme. Une petite enquête, au cœur d'un roman feel good, c'est assez original !
L'auteure donne la parole à chaque protagoniste (et même à certains objets, comme un miroir ou un palier !), qui personne donnant sa propre version de l'histoire. Et j'avoue que j'ai été surprise !

Beaucoup de thèmes sont abordés dans le roman, et toujours avec tendresse : la famille, la maternité, le deuil, la vengeance, l'amitié, la solitude... Sans jugement aucun. Un voyage au détour de plusieurs vies, de l'enfance à la vieillesse.

Les personnages sont très attachants, et l’écriture fluide, ce qui permet une lecture agréable. J'ai beaucoup aimé le couple Kim/Clovis, deux jeunes gens sincères, qui ont une confiance aveugle l'un envers l'autre.

Un roman qui m'a fait passer un bon moment. J'aimerai maintenant lire Entre ciel et Lou, pour découvrir cette île Bretonne qu'est Groix dont l'auteure ne nous montre ici que les prémices ! Un livre où les relations inter-générationnelles sont mises en avant. Une belle découverte pleine de tendresse.

4
À propos de : Mon dernier continent

J'ai tout de suite été emballée par le résumé du livre : une histoire d'amour compliquée, mais surtout le lieu du récit: l’Antarctique, une des dernières terres sauvages du globe. J'avais donc hâte de débuter cette lecture, et je dois dire que dès les premières pages je savais que j'allais l'aimer. Il y a certains livres où l'on apprécie la plume de l'auteur dès les premières lignes, où la lecture se faire fluide, et où l'on ressent toutes les émotions que l'écrivain à voulu retranscrire sur le papier... C'est tout à fait ça avec ce roman, je ne sais pas vraiment comment l'expliquer, mais je savais dès le départ que j'allais tomber en amour avec "Mon dernier continent".

Il est vrai que, dès le départ, nous savons qu'un événement tragique va arriver : chaque chapitre commence par "2 ans avant le naufrage...", "1 an avant le naufrage...", pour arriver à "1 jour avant le naufrage". Il y a parfois des retours en arrière (20 ans avant le naufrage), où on en apprend davantage sur la vie du personnage principal, et comment elle en est arrivée à faire ses voyages au cœur du Pôle Sud. Cette chronologie funeste ne m'a pas dérangée, je trouve que cela garde le lecteur en haleine, et j'avais hâte d'arriver au bout de ma lecture afin de connaitre le dénouement de l'histoire.

J'ai également aimé les détails du quotidien en terrain polaire, la rudesse du climat, la splendeur des couchers de soleil, qui s'éternisent en ligne d'horizon. La beauté des paysages est parfaitement décrite par l'auteure, je me voyais moi aussi sur la glace, près de Deb, à compter les manchots Adélie. Je ne lisais pas un livre, j'étais AVEC eux. On retrouve par ailleurs de nombreuses anecdotes d'explorations survenues sur le continent : des découvertes, des hommes perdus au milieu des glaces, et parfois même des expéditions aux destins tragiques.

Je me suis beaucoup attachée aux personnages, dont deux sont mis en avant dans ce roman : Deb et Keller. C'est Deb qui raconte l'histoire, son histoire. C'est une jeune femme sensible, qui s'est toujours sentie un peu "à part", et qui n'a jamais trouvé l'homme qui saurait la faire chavirer. D'ailleurs, des hommes, elle n'en a connu que très peu. Puis un jour, elle rencontre Keller, lors d'une expédition dans le grand Sud. Il y a quelque chose en cet homme qui l'attire, et puis tout se fait naturellement... Le retour à la vie civilisée ne va pourtant pas se passer comme prévue... Parviendront-ils à consolider leur couple naissant, Keller est-il vraiment prêt pour une nouvelle histoire d'amour ? De nombreux questionnements qui alimentent le récit sans l’alourdir, et dont les réponses nous parviennent grâce à plusieurs flash-back.

Petit plus : la portée écologique du roman. A travers ses personnages, l'auteure nous fait passer un message important, celui de la destruction de la nature par les humains. Et sur l'impact du tourisme en milieu sauvage.

Une très belle lecture, que je vous recommande chaudement. Si vous aussi vous aimez les terres australes, plongez dans ce livre !

A la lecture des premières pages, il m’a fallut un petit temps pour resituer tous les personnages et les évènements passés. En effet, l’univers du livre étant tellement riche et les personnages nombreux, je ne me souvenais plus de certains (par exemple ce qu’avait fait Thornes, ou même Javel). Alors que dans certaines suites les auteurs remettent en situation leurs personnages, en rappelant au lecteur ce qu’il s’était passé dans le tome précédent (cela à le don de m’énerver, surtout lorsqu’on lit successivement plusieurs tomes, j’ai l’impression que l’auteur me prends pour une idiote), j’ai vraiment apprécier ici de devoir faire fonctionner mon cerveau afin de me remémorer les épisodes passés. Tout s’est mis en place rapidement et j’ai alors pu profiter à fond de ce roman.

La grande nouveauté de ce livre (qui risque d’en dérouter plus d’un), c’est sa bascule dans le genre dystopie, avec l’arrivée d’un nouveau personnage rempli de mystère : Lily. Même si l’on tutoyait le genre dans Reine de Cendres, nous découvrons ici certains éléments de la vie pré-traversienne. Chaque détail de l’Histoire à son importance, l’auteure nous laissant en haleine (quel plaisir!) tout au long du roman, en entre-coupant son récit d’un savant aller-retour passé/présent (je ne vous dévoile pas à travers quel moyen, mais c’est très ingénieux). Je vous avoue que j’ai été très surprise lors de la lecture des premiers chapitres, voire même déçue. Mais rapidement, j’ai été intriguée par l’histoire de Lily, et j’attendais même les chapitres sur la jeune femme avec impatience ! Bravo Erika Johansen pour ce retournement de situation !

Nous en apprenons également d’avantage sur le passé de plusieurs personnages : sur notre Massue préféré, sur le Père Tyler, ou encore sur la terrible Reine Rouge ! J’ai aimé suivre d’avantage les gardes de la Reine (Pen, Kibb…) car je ne les distinguait pas assez dans le premier tome.
Des révélations sur le passé, mais également sur la transformation actuelle de la Reine (une transformation qui s’avère mentale, mais également physique) : l’auteur parvient à nous montrer la lente évolution de Kelsea, qui devient de jour en jour plus mure, plus réfléchit, stratège. Un côté plus sombre, féroce, grandit en elle : parviendra t-elle à le maitriser ?

Un roman donc que j’ai adoré, encore + que Reine de Cendres, oui oui c’est possible ! La richesse des détails font de cette saga un petit bijou, mêlant de manière équilibrée fantasy et dystopie.
A ne pas manquer !! Et vivement le tome 3, pour découvrir ce qu’il adviendra du royaume du Tearling …

Je rencontre donc Pauline, maman de 35 ans d’un petit garçon, dont la vie sombre peu à peu dans la mélancolie, puis bientôt la dépression. Elle ne parvient pas à faire le deuil de sa relation avec son mari, qui vient de la quitter après plus de 10 ans de vie commune. Alors voila, je vous expose la scène : moi, sur mon canapé, il fait 30 degrés dans l’appart. J’ouvre mon livre, et je m’apprête à plonger dans un feel good à la française. Feelgood ? Et bien pas tout à fait.

L’auteure nous permet de suivre la vie de Pauline, celle-ci entame une correspondance avec son ancien compagnon, elle lui écrit chaque jour un souvenir de leur histoire. Cette correspondance nous donne un aperçu de leur amour sincère. Alors que Pauline ne se souvient que des bons moments passés, les lettres écrites par Ben vont, quand à elles, se montrer révélatrices d’une tragédie non cicatrisées. Je ne m’attendais pas à une réponses de Ben aux lettres de Pauline, et cela fait prendre une tout autre tournure au récit, nous permettant de confronter les points de vue. Et je ne présageais pas du tout ces confidences !…

Afin de se changer les idées et parvenir à aller mieux, Pauline décide de partir en vacances avec toute sa famille. Chacun des personnages que nous rencontrons ici est unique et nous rappelera certainement des membres de notre propre famille: Nonna, cette grand mère affectueuse et compréhensive, la mère de Pauline qui lui fait sans cesse des reproches sur sa manière d’éduquer son enfant, le frère homosexuel, la sœur « parfaite »… Tout ce petit monde cohabite le temps d’un été au sein d’une grande maison en bord de mer, ce qui promet des révélations toutes plus insoupçonnées les unes que les autres ! Certaines confessions permettront à Pauline une reconstruction plus douce et sereine.

Gros + du roman : des phrases extrêmement drôles ! Je me suis surprises à rire à plusieurs moments (chose très rare pour moi en lecture). Ce qui rend le récit d’autant plus touchant.
Les rebondissements nombreux : la lecture se fait fluide, on tourne les pages à une vitesse folle.

Petit moins : certains personnages un peu caricaturaux, mais je n’en tiens pas rigueur, car c’est souvent le cas dans les romans de feelgood. J’ai beaucoup pensé à la plume de Sophie Kinsella en lisant Grimaldi (et je l’adore !).

Un roman tendre, où la famille (au sens large) est au cœur du récit. Une très bonne lecture donc, j’aimerai maintenant découvrir d’autres romans de cette auteure.

Portrait de The story of jo