COMPTE | Tatooa

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Encore une fois j'ai retrouvé Alex Cross avec plaisir. Cependant, je trouve que dans les derniers tomes, Patterson peine à brosser les personnages de façon convaincante. En quelque sorte, on dirait qu'il est vraiment lassé par eux. Je peux faire ici la même critique que pour "la lame du boucher", en fait. Style nerveux et efficace, action omniprésente, mais il manque vraiment de profondeur. C'est ultra-violent et assez proche de ce que j'imagine de certains pays d'Afrique (Corruption et valeur nulle de la vie humaine, "ye ye", comme dit le Tigre...). L'intrigue est linéaire et sans réelle surprise, les rebondissements assez répétitifs, l'avantage étant que le livre est court, le style aisé, et tout ça se lit facilement...
Je me suis positivement régalé ! Un grand merci aux Editions Le livre de poche et à Babelio pour cette belle découverte, me voilà conquise (et obligée d'acheter la suite !) ! Après un début un peu difficile, toutefois. Passé un prologue quelque peu intriguant, on est plongés sans sommations dans un monde moyenâgeux, les 5 Royaumes Ramusiens (clairement basé sur notre propre histoire entre 1000 et 1500, à aucun moment l'auteur ne s'en cache) aux prises avec un système religieux des plus envahissants (Cf Eglise Catholique) et en guerre, qui plus est, contre les "Medruks" (Cf Ottomans), le tout assaisonné de la quête d'un nouveau continent à l'Ouest, et à la mode fantasy, c'est à dire avec magie, lycanthropes et autres curiosités propres à ce genre ! J'avoue que j'ai été un peu perdue pendant une bonne centaine de pages, tant il y a de personnages et d'éléments à retenir pour arriver à s'y retrouver. Mais une fois passé ce moment de mise en place, on plonge dans un monde de pouvoir, de complots, d'alliances et de trahisons, de violence, plutôt réaliste, en fait ! Il y a des gens biens et des affreux dans tous les camps (sauf peut-être chez les "Inceptines", cet équivalent de l'église catholique du moyen-âge), dont un des dirigeants veut à la fois asseoir son autorité sur les royaumes (devenir plus puissant que les rois) et "purger" les royaumes de toute magie... Vive l'Inquisition ! La narration passe d'un personnage à l'autre. Dans ce tome, les plus important sont Corfe, déserteur et seul survivant de la bataille d'Aekir contre les Medruks, mais qui se rattrape par la suite, Hawkwood, capitaine du vaisseau qui va vers l'Ouest, Himerius le prêlat bouffi d'ambition (son fanatisme n'est là que pour servir cette ambition), Abeleyn, roi d'Abrusio et opposé au fanatisme d'Himerius et enfin Shahr Baraz, le khedive (chef de l'armée) du Sultan medruk Aurungzeb. Une foule de personnages gravite autour d'eux mais ceux-là ont été mes "repères" pour savoir où j'étais tout au long de ce récit très prenant, et épique à tous les niveaux ! Peu de personnages féminins importants, à part peut-être Jemilla, mais clairement les histoires "galantes" ne sont pas au centre de ce récit, même si l'amour est évoqué, surtout pour Corfe. Les batailles sont énormes et grandioses, même le voyage d'Hawkwood et ses tempêtes sont épiques dans ce bouquin ! J'ai également appris des tas de mots de marine et de navigation dans ce livre, ainsi que des termes techniques de batailles et de siège, sans que ça m'agace (ce qui est le signe que c'est bien dosé) ! Bref, j'ai commandé le tome 2, et j'apprécie grandement le fait que cette série ne comporte que 5 tomes, c'est tout à fait raisonnable, en ces temps de sagas à rallonge... Le seul tout petit moins, et je le signale à l'éditeur, c'est que certaines phrases narratives sont, dans mon édition, présentées avec un tiret comme les phrases de dialogues, ce qui est assez perturbant... C'est une série qu'on peut conseiller aux amateurs de GoT, c'est à peu près du même acabit, en plus court (ce qui, perso, me séduit davantage).
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À propos de : Boule de suif
J'ai la chance d'avoir l'édition "Classiques de poche", c'est à dire un recueil qui, outre "Boule de suif", contient 20 autres nouvelles, toutes "réalistes", et "de jeunesse". Qu'en dire qui n'a pas été dit. Que pour connaître Maupassant, il faut le lire, et que ce n'est que de cette façon-là qu'on peut connaître l'étendue de son énorme talent à décrire défauts et travers de ses contemporains. Qu'à son échelle, la valeur n'attend pas le nombre des années, et que ces nouvelles "de jeunesse" sont à peu près toutes de gros morceaux de vie à l'éclat meurtrier de la réalité et de la vérité sans fard de l'humain, même les plus courtes. Que la poésie côtoie chez cet auteur le plus vil réalisme et que ses descriptions frôlent souvent le sublime. Et qu'à aucun moment on ne s'ennuie avec lui... En un mot comme en cent, je suis fan. Les "petits chefs-d'oeuvre" du recueil, de mon point de vue : outre "Boule de suif", j'ai adoré "La dot", "Le lit 29", "Le protecteur", "La chevelure", "Rose", "l'aveu", "Le bonheur", "Une vendetta", "Une soirée", "Le vengeur", et "Première neige". Les autres sont tout à fait honorables également, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! Mais celles-là sont mes préférées, de façon non objective sans doute. Bref, Maupassant, c'est un "grand" de la littérature française, je ne suis pas la première à le dire, et sans doute pas la dernière ! ;-)
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À propos de : L'Île des ombres
Ce bouquin m'a tellement remuée que bien évidemment, il va m'être difficile d'être objective, mais je vais essayer. Les moins d'abord : des erreurs d'édition, des lourdeurs de traduction (répétitions) heurtent parfois pendant la lecture, même si c'est assez rarement. Les plus : c'est un roman à suspens, certes, mais d'abord une étude psychologique de personnages extrêmement fouillée. J'ai par moments eu l'impression de lire la description de ma propre famille, psychologiquement du moins. C'est assez perturbant. L'extrait de la réaction de Kate aux mails de sa mère, mis plus tôt, m'a rappelé mon propre vécu et ma propre famille d'une façon hallucinante, et les passages du genre sont assez nombreux pour m'avoir déstabilisée pendant les quelques jours de lecture. Pour moi, donc, ce bouquin a été une sacrée baffe. Par contre, je n'ai guère apprécié le personnage d'Emily. Mais je pense que ça fait partie du but de l'auteur, c'est juste que son côté victime permanente m'agace, comme il agacerait ma mère (trait que je lui ai repris en "moins pire", arf), comme il agace Birdie. C'est donc qu'il est fort bien brossé. A partir de la page 360 environ, on vire au "thriller" pur, les choses s'accélèrent. Difficile à lâcher, on se demande comment ça va finir... Les révélations y sont nombreuses et ça tourne au pugilat. Une dernière petite chose : les hommes sont les grands absents de ce roman. Il y en a, oui, mais ce ne sont que des satellites assez peu utiles, si ce n'est dans la violence du "méchant" Brad qui sert de catalyseur au côté thriller de l'affaire. Comme je viens d'une famille matriarcale, forcément ça m'a pas mal parlé, mais je pense qu'il est normal que ce livre ne "passe pas" auprès de certains lecteurs masculins. On est assez loin du thriller Harlan Coben, Patterson ou même Grangé, plus proche peut-être de certaines auteures de style anglais, comme PD James. Chose bonne à savoir si on veut lire ce bouquin !
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À propos de : Lignes de feu
Enfin, me voilà réconciliée avec Jeffery Deaver et Lincoln Rhyme. Après l'excellent "désosseur", je suis passée par des hauts et des bas avec eux, allant jusqu'à l'ennui, et oui... J'ai lu il y a peu "La vitre brisée", et j'avais bien aimé l'intrigue ainsi que toutes les explications sur les sociétés de récolte de renseignements informatiques. Mais une très grosse incohérence sur le dénouement qui a, semble-t-il, échappé à la fois à l'auteur, aux correcteurs, au traducteur et aux éditeurs, avait quelque peu modéré mon enthousiasme. Ici, pas d'incohérence... le sujet, c'est l'électricité, "le jus". Toutes les explications et les retours sur Thomas Edison sont vraiment passionnants, j'adore la façon dont Jeffery Deaver mêle le scientifique au suspens de l'enquête. Et quand on y réfléchit, c'est vrai que nous sommes totalement dépendants de cette énergie aujourd'hui, dans nos pays "modernes". Des attentats eco-terroristes visant tout le réseau, c'est plutôt bien vu, et pas banal ! Le livre est bien traduit et les explications ne sont jamais trop lourdes. De plus, deux intrigues se mêlent, puisque l'Horloger, croisé précédemment, revient sur le devant de la scène, enfin, en enquête parallèle, on va dire... Difficile de parler de ce livre sans trop spoiler, et il est hors de question que j'en dévoile quoi que ce soit qui pourrait en déflorer la teneur pour les futurs lecteurs ! Il y a juste un petit moins avec le personnage de Ron Pulaski, qui m'a bien agacée avec ses atermoiements (mais cela doit être fait exprès), et la multiplication des personnages qui fait que, parfois, je m'y suis un peu perdue et j'ai du revenir sur "Mais qui c'est lui ?" (avec des similarités de noms en début de bouquin qui n'arrangeaient rien, (je me suis emmêlé les pinceaux entre Kopeski et Pulaski en début de bouquin, sisi !) mais ce n'est pas une nouveauté pour moi, j'ai toujours du mal avec ça !). La fin est fertile en surprises multiples, et je n'ai pas pu lâcher le bouquin avant de l'avoir fini !
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À propos de : Miséricorde
Bon. Pour parler franc, je n'ai pas compris "l'immense succès" de ce bouquin . Certes ça se lit facilement (surtout vu la taille de la police...) et il y a un bon suspens. Mais ça reste une intrigue classique, on sait trop tôt le fin mot de l'histoire (même moi qui ne cherche pas forcément à savoir). Le style (de la traduction en tous les cas) est parfois lourd, parfois mal tourné également, au point de devoir relire certaines phrases pour les comprendre (on a l'impression que les mots ne sont pas à la bonne place). Les deux personnages principaux, Carl Morck et Assad, sont plutôt bien faits, j'ai apprécié les personnages, leur relation, et l'enquête qu'ils mènent ensemble. Par contre, Vigga, sa "femme", qui est le personnage censé apporter un peu de légèreté et d'humour au toutim (je pense), m'a surtout fait grincer des dents et passablement agacée, elle est trop stupide et ne sert à rien, franchement, si ce n'est à apporter des notes désagréables dans le bouquin. On se demande comment un type aussi intuitif et intelligent que Carl a pu épouser un boulet pareil, c'est pas vraiment plausible. Et comme il n'y a pas vraiment de personnages féminin plus présent et plus abouti (même la psy est juste esquissée, et Merete, la victime, même si elle tient plutôt bien le coup, c'est la "victime", quoi...), en fait on dirait ces vieux films américains où les filles servent juste de faire-valoir à gros seins. Non mais sans blagues, on est au 21ème siècle, là, oh, hé ! Bref, pas transcendant comme bouquin, franchement, il y a beaucoup mieux... je mets 3 étoiles pour le suspens bien entretenu, mais c'est tout, hein. PS : pourquoi ce titre ? Je me suis posé la question en refermant le livre. Il n'y en a strictement aucune dans ce livre, de miséricorde...
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À propos de : L'Année du rat
Ce livre ne mérite pas les mauvaises critiques que j'en ai lu, ni cette moyenne désastreuse sur Babelio. Il est simplement mal classé par "le livre de poche", ce n'est pas un thriller, c'est un livre de science-fiction. Et donc un très bon bouquin d'anticipation. Regis Descott est un auteur que je suis depuis que j'ai lu Obscura. Son style est nerveux et direct, et il a un don pour décrire des endroits où on n'a pas du tout envie de vivre ! (Le Paris des années 1880 quand on fait partie du "peuple" dans Obscura, par exemple...) Le héros de l'enquête que nous suivons n'est qu'un prétexte pour que Descott nous décrive un avenir pas très lointain, vraiment sombre, et déprimant. Relativement réaliste pourtant. L'histoire se passe dans la "Zone-Europe" après la 3ème guerre mondiale liée aux extrémismes religieux, essentiellement dans un Paris mégapole surpolluée et où la violence de la vie "d'en-bas" n'a d'égale que la superficialité des plus riches, simplement préoccupés de leur "jeunesse apparente" et de leurs loisirs. Une méga-firme détient les monopoles dans tous les domaines, et la corruption "à son service" est reine. Pour moi, Regis Descott est un maître quand il s'agit de décrire tout ce qui est le plus noir en ce bas monde. Son style percutant sert ces descriptions, il n'y a aucune digression et on est pris dans l'histoire sans trop savoir où on va mais sans vouloir lâcher non plus, exactement comme le héros, Chim'. (Et s'il n'avait pas "un truc spécial", forcément il ne serait pas le héros de l'histoire... N'en déplaise à une certaine "critique" qui en plus dévoile carrément toute l'intrigue du livre, au cas où ça intéresserait quelqu'un de le lire, merci, c'est trop gentil de tout spoiler, vraiment sympa...) Toutes les questions des conséquences à long terme des actions (stupides) d'aujourd'hui se posent avec acuité; et c'est non sans quelque angoisse qu'on le referme. Et si c'était cela, notre avenir ? .... Le moins : une traduction parfois laborieuse, des phrases quelques fois très mal tournées, mais je ne pense pas que ce soit du fait de l'auteur...
AAAAAAAAH ! Saperlipopette ! Quel tome les amis, ça envoie du bois, comme on dit en langage motard ! Difficiles de faire une critique sans spoiler, mais par le Saint Béni, j'ai essayé. Ce serait vraiment dommage pour vous de tout vous déflorer avant tellement il y a de rebondissements dans ce tome 3 ! Hier soir, je n'ai pas pu le lâcher avant de l'avoir fini. Autrement dit, j'en ai lu 350 pages... C'est plutôt exceptionnel que je lise autant d'un même bouquin dans une journée (même si je lis beaucoup), je me dois de le signaler ! Déjà il commence très fort ! La scène du prologue est horrible. Cependant, comme ça arrive à Himerius qui est antipathique au possible, j'ai été plutôt dans le mode "bien fait", du coup ça m'a pas choqué plus que ça... Ensuite il arrive à Abeleyn quelque chose qu'on n'attendait pas et qui est terrible ! Troisièmement, Jemilla m'a tapé sur les nerfs ! Mais quelle saleté intrigante celle-là ! J'ai adoré comment Isolla donne le change, cette intelligente jeunette fera une reine royale ! Les personnages féminins s'affirment, avec force, dans ce tome-ci, c'est à la fois agréable (dans le cas d'Isolla) et pénible (dans le cas de Jemilla ! *rire*) ! Quatrièmement, les aventures de Corfe et sa compagnie de Barbares (puis additionnée de Fimbriens) sont passionnantes, ces batailles, mes aïeux, c'est grandiose et épique, et j'avoue que mon imagination peine à suivre, pour une fois ! 40000 hommes contre 150000, ces massacres, j'ai beau avoir une imagination débordante, je n'y arrive pas ! Lofantyr est bien pathétique, le pauvre, il finit par avoir un peu de courage (ou d'inconscience ?), et ça lui coûte la vie. Si je reprends "saperlipopette" au début de ma critique, c'est parce que Lofantyr le dit, en plein cœur d'une bataille, et ça m'a bien fait rire ! Enfin, Albrec et Avila sont décidés à mettre le bronx encore plus dans le domaine religieux, et je me demande comment ça va tourner, ce côté-là de l'histoire ! On ne voit pas du tout Hawkwood dans ce tome, mais ça ne m'a pas manqué tellement il se passe de choses sur un seul continent, là ! Tout ce qu'on sait, à la fin, c'est qu'il "rentre maison" ! Jemilla, prends garde à toi ! Le constat de tout ce que j'ai écrit dans ce qui est masqué, c'est que Kearney est arrivé à rendre tellement vivants tous ses personnages qu'on les déteste, on s'y attache, on les aime, on n'a qu'une envie : savoir ce qui va leur arriver ! Bref, le coup de cœur se confirme largement. Il ne faut pas oublier de saluer l'excellent travail de Marie-Claude Elsen, la traductrice ! Bravo à vous !
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À propos de : Spirales infernales
Fichtre, Jeffery Deaver est un maître en matière de nouvelles ! On tombe de très très haut quasiment à chaque fois ! Quel talent ! Je n'ai pas toujours apprécié ses romans, mais toutes les nouvelles de ce recueil sont sidérantes de retournement de situation ! oO Excellent (et pratique pour combler des petits laps de temps, 16 nouvelles en 471 pages, elles sont courtes mais très efficaces !) !
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À propos de : Club Dumas
Fini ! Et que puis-je dire... Voilà un roman étonnant ! Au début, j'ai été assaillie de renseignements de toutes sortes sur Alexandre Dumas, sur la bibliophilie, cet "art" d'aimer les livres, à tel point que ça m'a fait tourner la tête ! D'ailleurs je me suis demandé où j'allais avec ce roman, bien plus d'une fois. Il y a donc deux conditions pour apprécier ce livre à sa juste valeur : avoir lu au moins "les trois mousquetaires" d'A. Dumas, et d'autre part s'intéresser à ces "fous de livres" que sont les collectionneurs d'éditions anciennes rares (et chères), prêts à toutes les folies pour assouvir leur passion... Et à leurs intermédiaires, mercenaires prêts à tout pour se faire une belle commission. J'ai connu un de ces "mercenaires". Pas très bien, j'étais jeune, c'était de la famille par alliance, éloignée. Il ressemblait, à l'époque, à la description de Corso, de très près, que ce soit physiquement ou intellectuellement ! Sauf qu'il n'avait pas de lunettes et des yeux d'un bleu de glace sous-marine. Je ne sais s'il exerce toujours ce métier... Mais je lui dois d'avoir dans ma bibliothèque une vieille édition de l'intégrale de Shakespeare en anglais, à laquelle je tiens comme à la prunelle de mes yeux... Du coup, vous comprendrez que ce livre m'a parlé direct ! Expérience vécue, même si d'assez loin, un faible pour A. Dumas, et une compréhension de cette folie (dont je n'ai pas les moyens, si je les avais, je pense que je l'aurais... Peut-être pas autant que les gens décrits dans ce livre, toutefois !) Bref, je n'ai pu que plonger avec délice dans cet univers qui m'est fermé, comme à la plupart d'entre nous. Je donne un petit avertissement, toutefois : Ce livre est formidablement bien écrit et bien traduit, MAIS déborde d'informations biographiques et techniques dont l'érudition, quoi qu'admirable, arrive à lasser un brin, tout de même, à part, je pense, les plus passionnés ! Le petit truc qui m'a gêné, c'est que par moment, ça fait étalage de culture qui n'apporte pas grand chose à l'intrigue. Enfin disons que je comprends que certains n'accrochent pas du tout ! Bon je suis restée accrochée malgré tout, même si ça dure pendant tout le livre, qui est vraiment complexe et fouillé. Cependant, au bout d'une centaine de pages, l'intérêt de l'enquête de Corso devient tel que tout cela se fond en un tout vraiment intéressant. Le style, le style de la traduction est vraiment superbe. Les descriptions sont magnifiques, les dialogues également. Les personnages sont ambiguës, tous autant qu'ils sont, et l'on ne sait à qui se fier. Comme nous sommes dans un livre, nous avons les détails de la vie et du passé de Corso, petit plus ! Quand on connait le film (que je connais par cœur parce que je suis fan), il est difficile de s'en détacher. Il le faut, cependant, car en fait, une fois de plus, le bouquin n'a rien à voir, à quelque niveau que ce soit, avec lui ! Les défauts, maintenant, et oui, il y en a, malheureusement. Le narrateur est un des protagonistes du livre. Hélas, il est impossible qu'il connaisse, justement, "l'intériorité" et le passé de Corso, d'autant que celui-ci est tellement secret que je ne vois pas ce qui aurait pu le pousser à en parler à l'homme narrateur. C'est donc incohérent... Ensuite, la fin est assez décevante. Je n'aime pas trop les auteurs qui n'osent pas aller "au bout" de leur idée, et ici, nous en avons un exemple type. Disons qu'il laisse la fin suffisamment ouverte pour qu'on imagine que Corso va, lui, ouvrir la porte, mais c'est tout... De plus, et bien que j'aurais pu m'y attendre vu le titre, l'intrigue autour de l'original du chapitre de Dumas remue en fait beaucoup de vent pour pas grand chose, et j'en ai été fort déçue. Intrigue complexe et fouillée tout au long du livre, certes, mais qui débouche sur un soufflé refroidi. Enfin quand je lis ce genre de fin c'est l'effet que ça me fait : "tout ça pour ça, pf...". Je pense que Polanski a bien décelé le souci du bouquin et l'a totalement occulté, de toute façon ç'aurait été bien trop compliqué pour un film ! Voilà, un avis en demi-teinte, donc... Il vaut quand même 4 bonnes étoiles, rien que pour le style magnifique, l'intrigue, et la passion qui s'en dégage.

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