COMPTE | Tranchant Stephanie

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À propos de : Sans pitié ni remords

Ce troisième opus (qui s’avère être une bonne suite du Jour des morts, autant qu’une excellente lecture indépendante ne présentant aucune difficulté de compréhension) est à la hauteur de ce que nous a habitué Nicolas Lebel. Le rythme, les dialogues, la qualité de l’enquête, l’humour et la noirceur ne manquent pas et sont franchement de qualité. Sans tomber dans les coups de théâtre excessifs ni les rebondissements incertains, l’auteur sait y faire pour que le lecteur ne sache jamais vraiment à quoi s’attendre. L’histoire est éprouvante parfois, intéressante toujours et surprenante, tout en gardant une ligne de crédibilité appréciable.

L’écriture est toute en richesse et en finesse, et les dialogues…du pur divertissement ! L’arrivée du nouveau Cuvier m’a énervée mais ses répliques beaucoup amusée !

« Cuvier s’approcha d’elle.

-Tu ne m’interromps pas la parole, je te l’ai déjà dit d’accord ?

Latour leva les mains en signe de capitulations.

-Les Ritals, c’est Mafia et compagnie. Il faut arrêter de se voiler les yeux dans le sable. » Page 44

Caricatural ? Oui, mais c’est tellement plaisant, et tranche bien avec l’intrigue qui s’avère particulièrement dure par moment.
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À propos de : De cauchemar et de feu

oilà une belle équipe que je vous invite à vite découvrir, si ce n’est pas encore déjà fait. Vous pouvez assez facilement faire leur connaissance avec ce nouvel opus, mais je vous conseille vivement de commencer par le début (j’aime cette continuité avec les précédents) car Lebel joue avec leur personnalité, les bonifie et use et abuse de certain de leurs traits pour le plaisir du lecteur qui ne peut qu’apprécier ces petites touches d’humour et ces nombreux clins d’œil (le stagiaire encore et toujours, par exemple, ou les sonneries de téléphone…)

Les voici donc embarqués dans une nouvelle affaire : jeudi 24 mars 2016, un homme est retrouvé abattu dans les toilettes d’un pub irlandais. Sur le corps de la victime, John Murphy, un catholique d’Irlande du nord (Belfast), on retrouve de nombreux tatouages en lien avec l’IRA et ,sur les lieux, un bonhomme simpliste (presque enfantin) dessiné au doigt et avec le sang de la victime rappelant une vieille légende irlandaise, le Far Darrig…

Mais l’approche du lundi de Pâques, annonçant un manque de personnel, et l’état d’urgence (relatif aux attentats parisiens du 13 novembre 2015) compliquent un peu les choses….

Si l’équipe va ici bien patauger, Nicolas Lebel nous permet à nous, au contraire, de capter beaucoup d’éléments et de comprendre plus facilement les bases de l’affaire, en construisant son roman sur deux récits : celui de l’enquête parisienne (d’ailleurs fidèle et très bien ancrée dans la réalité) et celui de plusieurs gamins d’Irlande du nord (quartier catholique de Gerry)avec qui ont fait connaissance en avril 1966 et que l’on va suivre (pour certains) jusqu’à nos jours, à travers les différentes étapes de cette terrible guerre civile qu’a connu l’Irlande.

De cauchemar et de feu est excellent ! Nicolas lebel est au meilleur de sa forme et signe là un Mehrlicht au-dessus de tout. L’histoire entremêlée (dans le fond et la forme) à l’Histoire (parfaitement et clairement rendue) est passionnante.

Méthodique, il offre là une excellente intrigue tant sur le plan de l’investigation avec des personnages qui gagnent toujours un peu plus en profondeur et qui aiment le travail bien fait (même s’il faut parfois s’écarter des conventions et des règles) que sur le fond et le contexte, grâce à cette grande fresque irlandaise minutieuse, humaine, juste et douloureuse. C’est complexe mais l’auteur arrive super bien à nous captiver, à nous intéresser, à nous impliquer dans l’un comme dans l’autre qu’il en devient impossible à lâcher le bouquin. La maîtrise des faits est parfaite et sans nous faire tomber dans le bouquin historique car il réussit à intégrer harmonieusement le contexte historique à l’enquête et, au-delà de lui apporter une grande crédibilité, permet aussi d’accroître l’intérêt du lecteur. L’histoire parallèle de Seamus, de l’IRA et cette petite touche de légende avec ce « Croquefeu » irlandais est hyper intéressante.

Bon, si je vous dis en plus que j’adore le style, qui ne manque pas d’humour et de pep's (les dialogue sont vifs, vivants et décapants parfois), vous risquez de croire que j’ai beaucoup aimé ce livre…

Evidemment ! De cauchemar et de feu est génial, lisez-le !
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À propos de : Canicule

Canicule est un très bon polar qui vous conduit droit au but grâce à une intrigue qui tient très bien la route et dont on est vite happé et surtout par l’écriture fluide et pertinente.

Jane Harper ne se perd pas dans des détails inutiles et nous offre une écriture visuelle qui donne presque l’impression de vivre ces pages comme un film. En effet, certains passages sont très cinématographiques. L’auteure nous plonge avec forces dans le passé grâce aux flashbacks qui arrivent intelligemment en plein discours. Ainsi, plutôt que d’utiliser une narration trop lourde du personnage qui témoigne (et un point de vue interne limité), la scène est directement jouée sous nos yeux. Même si ça a pour effet de couper brutalement la narration principale, je trouve que ça apporte beaucoup de punch à l’intrigue et à la lecture. On se retrouve face aux évènements que l’on vit de manière plus forte.

Grace à deux intrigue parallèles et entremêlées (dont le rapport étroit est constamment sous-entendu mais jamais absolument défini, ce qui laisse encore la part belle à de nombreuses suppositions) l’attention du lecteur est constante. A mesure que l’on s’enfonce dans cette petite ville et dans le passé de ses protagonistes (personnages taciturnes, brutes et violents) les secrets refont surface et l’envie de comprendre les deux affaires est omniprésente. On se fait pas mal d’idées sur chacun mais on est loin de se douter de l’épilogue à la fois surprenant et terriblement bouleversant.
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À propos de : La tresse

J’ai adoré ! Il y a beaucoup de réalisme aussi bien dans les faits que dans les sentiments de chacun des personnages. Leur peur, leur colère, leur bonheur, leur inquiétude…sont palpables et les épreuves qu’elles vivent m’ont beaucoup touchée (surtout Smita, dont la condition fait d’elle une moins que rien. « J’aurais préféré ne pas naître » dira une jeune veuve qu’elle croisera. Tout est dit !). J’ai aimé leur ténacité, leur faculté à ne pas renoncer et cette force qui se dégage du roman, cet élan incroyable qui apporte heureusement de l’espoir et une forme de bienveillance à l’ensemble.

L’auteure a su mettre suffisamment d’authenticité et surtout beaucoup de sensibilité dans ces histoires pour nous les faire vivre avec intensité. J’ai trouvé son écriture vivante et évocatrice. Sans épanchement, avec des mots simples, entre force et douceur, elle expose en alternance les vies de ces trois femmes. Il m’a été impossible de poser le roman avant de le finir et j’ai enchainé les chapitres avec avidité, les derniers mots de l’un appelant le suivant, des derniers mots particulièrement bien choisi pour, frapper le lecteur, le questionner, le ravir, l’inquiéter, le bouleverser et surtout l’encourager à lire la suite (comme si c’était nécessaire !).

« Oui, aujourd’hui est un jour dont elle se souviendra toute sa vie. » Page 20
« Elle ne dit pas la vérité : si son deux-roues est intacte, son âme vie t de chavirer. » Page 81
« A l’intérieur elle est en miette, mais cela, personne ne le sait. » Page 86
« La descente vient de commencer. » Page 165
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À propos de : En voiture, Simone !

Avec la belle-famille au centre de son nouveau roman, Aurélie Valognes décomplexe l’intégration des « pièces rapportées » dans celle-ci et met le doigt sur les problèmes relationnels (dans les deux sens) qui se posent souvent et qui jouent immanquablement sur le couple. Justesse et drôlerie cohabitent ici mieux que les Leguennec et leurs belles filles !

C’est tranchant, gentiment subversif et sympathique. Bon moment assuré avec ce nouveau titre dévoré en deux heures. Entre péripéties, piques acerbes, mauvaises humeur, conversations et réflexions plus profondes, coups durs et jolies surprises, Nos adorables belles filles est une lecture légère pas seulement à réserver aux vacances.

Qu’on se retrouve un peu, beaucoup ou pas du tout, c’est une lecture qui permet de passer un agréable moment sans prise de tête, à s’offrir ou à offrir à sa belle-mère pour lui montrer qu’elle est plutôt bien tombée avec nous et que quoi qu’il arrive (parce qu’il en arrive ici !!!) tout est bien qui finit bien (même quand on prend un mauvais départ…).
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À propos de : Minute, papillon !

Minute papillon est un roman actuel qui évoque les maux de notre société avec cette petite légèreté qui caractérise Aurélie Valognes.

Et sous ses airs de roman feel-good, c’est un livre qui cache bien son jeu. Je doute que les dernières pages ne touchent votre petit cœur, car il y a aussi là beaucoup de sensibilité et d’émotion (ah, cette fin, elle est parfaite !!!!).
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Virginie Grimaldi évoque la vie comme peu le font, elle parle à tous (Messieurs lisez aussi ses livres, c’est loin de n’être que des romans féminins. Ce sont des romans universels !) avec ce qu’il faut de simplicité pour que la lecture défile, qu’on avale ses moments de vie avec boulimie et qu’on se délecte au détour d’une page d’une formule, d’une image délicieusement touchante et vraie, douce aux oreilles, chaude au cœur ou brutale (mais nécessaire), élégante, pleine de charme et de délicatesse, des phrases qu’on aime lire (même si ça réveille des souvenirs qui font parfois mal) et qu’on ne peut s’empêcher de souligner ou noter.
merci Virginie Grimaldi pour cet excellent livre. Il y a là une acuité émotionnelle indescriptible. Tout en évoquant une sujet récurent de la littérature féminine, vous réussissez à faire un livre original, incroyable de sincérité, évocateur et inoubliable !
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Je ne vais pas vous mentir, on sait où on va ici (et c’est aussi pour ça que l’on choisit ce genre de littérature) et de ce côté Virginie Grimaldi répond parfaitement à nos attentes. Elle gère bien le côté prévisible (on ne s’ennuie pas du tout) et arrive même à pimenter la lecture de manière inattendue.

Le premier jour du reste de ma vie est un texte agréable, sans prétention et (presque) sans surprise. On en n’attend rien de spécial, si ce n’est un court moment d’évasion, et pourtant, dans cette histoire à la base très simple et pas vraiment innovante, l’auteure y apporte des petites touches surprenantes et transmet une énergie à son image.

Résultat : Le premier jour du reste de ma vie est facile à lire (les chapitres sont courts, le rythme est bon et la plume pleine d’humour est attrayante) et permet de vraiment décompresser. C’est un roman plein de coups (durs, bas, de mou, du sort, de cœur) qui fait du bien. Que demander de plus ?
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La délicatesse du homard fait un peu tantôt roman à l’eau de rose version romance pour mamies en mal de bons sentiments à la guimauve ; tantôt roman un peu glauque rempli de personnages en souffrance qui vous filent le bourdon en à peine trois pages.
En fait, rien de tout ça ici. C’est effectivement un roman qui mise sur l’amour et qui se construit sur des douleurs, mais c’est avec beaucoup de simplicité, de délicatesse et de respect (sans jouer sur le pathos et sur l’exagération) que l’auteure élabore l’histoire commune de François et Elsa.

Je n’ai pas été passionnément emportée ni chamboulée par les émotions car, sans pour autant manquer de crédibilité, certaines réactions m’ont laissée dubitative, surtout chez Elsa que j’ai trouvé parfois excessive. Toutefois, le mystère de leurs blessures, l’alternance des points de vue à chaque chapitre (tout en conservant une narration linéaire sans redondance), l’écriture posée et douce, l’intrigue qui (un peu prévisible quand même sur certains points) se révèle vite prenante…tout cela fait de ce titre une lecture plaisante et entraînante, d’autant qu’on s’attache assez vite à ces deux êtres touchants qu’on a envie de voir posés et heureux.
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J’ai beaucoup aimé ce roman. La plume de Baptiste Beaulieu est belle et mêle poésie et humour de manière pétillante. Les sujets délicats et graves sont traités avec plus de légèreté mais n’en demeurent pas moins émouvants. L’auteure use d’un juste dosage pour que l’ensemble ne tombe ni dans la caricature ni dans le mélodrame.

C’est un joli roman qui bouscule les émotions et qui se lit très agréablement. Les personnages sont sympathiques, haut en couleur (cette Crinchon, chef de service, atteinte du syndrome de la Tourette est géniale !) et très humains !

Il y a là beaucoup de mystère et Baptiste Beaulieu l’entretient très bien grâce, notamment, à l’alternance des récits : d’une part le compte à rebours jusqu’à la « déchirure » (un moment dont on ne sait finalement peu de choses et pour lequel on ne cesse de s’interroger) et la disparition de l’enfant, et de l’autre, l’après avec la folle aventure de Jo’. Les deux finissent par se rejoindre sur une révélation brutale qui vous rappelle de ne pas juger trop rapidement…
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