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Antonin Varenne

Après des études de philosophie, Antonin Varenne devient alpiniste du bâtiment puis charpentier, travaille en Islande, au Mexique, en Guyane et aux États-Unis où il écrit son premier roman Le fruit de vos entrailles suivi de Gâteau mexicain. Avec Fakirs, il reçoit le Grand Prix Sang d'encre, le Prix Michel Lebrun et le prix du meilleur polar des lecteurs de Points. Le Mur, le Kabyle et  le Marin, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar/20 Minutes, le prix du polar francophone et le prix Amila Meckert. 

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Coups de coeur des libraires

Le nouveau roman d’Antonin Varenne est âpre et foisonnant. À la fois récit d’aventures et roman d’apprentissage, il se déploie des plaines d’une Amérique tourmentée d’après guerre de Sécession jusqu’au Brésil. Une véritable épopée poétique et politique pour un jeune cow-boy en colère et en quête de rédemption.

Amérique 1871. Pete Ferguson va mal. Qui est-il ? Un enfant qui a grandi trop vite sous les coups paternels, un gamin qui a vu sa mère mourir sous ses yeux, un petit gars qui a fait beaucoup pour protéger son frère cadet de la violence et du malheur familial. À peine un homme et déjà il peine sous le joug de la culpabilité. À peine émancipé et il regarde la mort dans les yeux. Que veut-il ? Trouver sa place ? Un ancrage ? La paix. Surtout dans l’âme. Que fait-il ? Il fuit, il boit, il vole, il brûle dans le Nebraska, il tue dans le Nevada… Déserteur pendant la guerre de Sécession, il erre en colère contre le monde entier, sans attaches mais hanté par les fantômes du passé. Quand il intègre un groupe de chasseurs-pisteurs-dépeceurs de bisons, les Indiens ne sont pas loin. Quand il entend dire que l’Équateur est un côté de la terre où tout est inversé, il rêve de ce lieu comme celui d’un possible changement de destinée. Son errance sera marquée par la rencontre avec une femme, Maria, une Indienne Xinca prête à tout pour sauver son peuple. Une solitaire, une exilée, une fugitive comme lui. À leur façon, ils prennent soin l’un de l’autre, avec malchance, maladresse, amour aussi.

L’aventure est tortueuse, la vie si surprenante, dans ce vaste monde. Équateur est un grand roman d’aventures au cœur de l’Amérique de la fin du XIXe siècle. Mais c’est aussi un bluffant roman d’apprentissage, celui de la quête d’un jeune cow-boy qui veut atteindre l’Équateur, terre mythique qui, le croit-il, pourra changer son destin. Entre eux, des milliers de kilomètres parcourus via le Mexique, le Guatemala, la Guyane française. Pete Ferguson cherche sa place. Il sera marin, mercenaire, orpailleur, etc., au gré de multiples rencontres. Il croisera des bons, des brutes, des truands, des Indiens, des révolutionnaires, des poètes, des bagnards, etc.

Équateur est un formidable roman naturaliste. Des terres gelées d’Amérique à la moiteur sud-américaine, la sueur, le sang, la poussière collent à la peau. Le mal de mer, la faim, la fièvre y troublent les esprits. Les blessures et les maladies y affaiblissent les corps. La mort, la haine, la trahison, la déception y tourmentent les âmes.

Équateur est aussi un texte poétique sur la nature humaine. Les compagnons de route ou de déroute de Pete y sont aussi attachants que détestables dans leurs espoirs et leurs angoisses, comme dans leur cheminement aux côtés du jeune homme torturé en quête de rédemption. Pourtant, c’est à travers les mots que Pete trace sur son carnet et en toute sincérité des lettres à ses proches (même disparus) et leur écrit qu’il est au plus proche de sa vérité. Aussi, à Cayenne, Pete rencontre un marin tatoueur à qui il demande de graver sur son corps l’histoire de sa vie et les noms de ceux qui ont compté pour lui, sous forme d’une plante du pied à la tête.

« Je voudrais une racine qui me retienne au sol partout où je serai, parce que je n’ai plus de chez moi. Que ça me monte jusqu’à la tête pour que je n’oublie pas que je vais quelque part sur terre, même si je ne fais que marcher. »

EMMANUELLE GEORGE, Librairie Gwalarn, Lannion

La transformation. La transformation intérieure n'est-elle pas, dans le fond, la plus belle des aventures humaines ? En découvrant «Trois mille chevaux vapeur», le roman du très talentueux Antonin Varenne, on sait que la réponse est oui. Oui, la transformation guérit, en secret. Elle nous protège et nous console parfois, au-delà des épreuves et de la noirceur accablante du monde.
Le sergent Arthur Bowman est un sale type, un mercenaire, une brute, un assassin, à première vue sans scrupules. En 1852, il part en mission secrète durant la 2e guerre anglo-birmane. En plein milieu de la jungle, il est fait prisonnier, avec ses hommes. Pendant des mois ils seront torturés. Seuls quelques hommes s'en sortiront vivants, par miracle.
Après ce drame, Bowman part à Londres, tel un survivant hébété. Il devient policier, tout en sombrant dans l'opium et l'alcool. Mais la découverte d'un cadavre mutilé, lors d'une ronde à Londres, le trouble. Son passé birman le rejoint. Qui a fait quoi, lors des terribles séances de torture. Arthur Bowman décide d'enquêter pour comprendre le comportement de certains de ses hommes. Commence alors la métamorphose du sergent Bowman, sous forme d'une rédemption. Antonin Varenne nous offre un superbe roman d'aventures, mariant le polar haletant, le roman de guerre, et le western (quand Bowman arrive aux Etats-Unis). L'aventure est aussi bien à l'extérieur (quel souffle dans la narration) qu'à l'intérieur (la transformation intérieure du soldat nous émeut infiniment). Ce livre, d'une telle intensité, nous donne de l'espoir. Merci Monsieur Varenne.