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Dans les angles morts
640
Date de parution: 
02/01/2019
EAN : 
9782253258292
Editeur d'origine: 
Editions de la Table Ronde

Dans les angles morts

Cécile Arnaud (Traducteur)

8,90€

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Détails

Fin février 1979, Chosen, petite ville étriquée et appauvrie, en passe d’être repeuplée par de riches New-Yorkais. George Clare rentre chez lui et trouve sa femme assassinée. Leur fille de trois ans, seule dans sa chambre, est saine et sauve. Pour le shérif Travis Lawton, George est le premier suspect. Huit mois plus tôt, le couple avait acheté la ferme des Hale pour une bouchée de pain, George omettant de dire à sa femme que les anciens propriétaires, acculés par les dettes, s’y étaient suicidés, laissant trois orphelins, Eddy, Wade et Cole. Dans les angles morts est aussi l’histoire des frères Hale, et celle de la maison de leur enfance.

Une fresque d’une étonnante profondeur. Un grand roman américain. Cécile Mury, Télérama.

Conteuse puissante, Elizabeth Brundage se montre aussi douée pour le suspense que pour la psychologie. Alexandre Fillon, Le Figaro littéraire.

Un roman prodigieusement captivant. Sabine Audrerie, La Croix.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Arnaud.

Sélection PDL
2019

Les coups de coeur des libraires

Les maisons choisissent-elles leurs habitants ?

La talentueuse Elizabeth Brundage se joue des codes du thriller pour nous offrir une véritable fresque polyphonique mêlant gothique, étrange et chronique familiale. En perçant peu à peu le mystère qui entoure les Hale, on reste ébahit devant tant de maîtrise pour un premier roman.

Julien - Fnac de Reims

Les derniers avis

5
Blogueur

Il y a des thrillers policiers, ésotériques, psychologiques, maintenant même des thrillers domestiques (comprenez thriller dans un cadre familial), bref du roman usé et élimé qui sent le réchauffé à chaque nouveauté en librairie.

Et puis il y a ce que j’appellerai le thriller littéraire. Dans les Angles Morts en est un.

Vous vous demandez ce que c’est ? C’est simple, c’est un « beau » thriller en plus d’être « bon ». L’écriture est superbe de réalisme, de sensations, d’émotions aussi.

On zappe les scènes violentes inutiles et on mise sur le décor, les personnages.

L’histoire commence par la découverte du corps sans vie de Catherine, une jeune maman, par son mari. Si le mari semble désemparé, le voisinage semble tout sauf surpris. Et on rembobine un an en arrière, avant que Catherine et George emménage dans la ferme des Hale. Ici commence le récit d’un drame annoncé, d’un homme violent et désaxé, d’une famille détruite et d’une maison où drames familiaux flirtent avec le paranormal.

Le décor est rural, une petite ville avec une ferme perdue au milieu des champs. Des gens simples s’y côtoient, la plupart se connaissant depuis des générations. Et puis ces citadins qui arrivent et rachètent pour trois fois rien des maisons qui ont été saisies aux fermiers n’arrivant plus à vivre de leurs exploitations.

Ce n’est pas la forme de la pièce qui compte, lui dit-il, en en tenant une autre en l’air. Ce sont les espaces vides. Ceux qu’il faut remplir. Comme là, vous voyez ?

Ils s’y attelèrent ensemble, et quand ils eurent fini, il remarqua, C’est pas mal, non ? En bas, le puzzle disait, Le calme et le silence. Il faillit en rire, parce qu’une ferme, c’était tout sauf ça. Il n’y avait aucune vérité dans cette scène pittoresque. Ce n’était qu’un chapitre parmi d’autres du grand conte de fées qu’était l’Amérique. Si on voulait voir une vraie ferme, il faudrait des fermiers ruinés et alcooliques, des animaux affamés craignant pour leur vie. Il faudrait des épouses amènes, des enfants au nez morveux et des vieux brisés après avoir donné leur cœur et leur âme à la terre.

Les croyances et superstitions sont encore très présentes et quand plusieurs drames surviennent dans un même lieu on parle vite de lieu maudit.

Le roman nous présente tout d’abord la famille Hale, premiers propriétaires de la ferme. Les parents et les trois frères, encore adolescents, doivent abandonner bétail et maison, ne pouvant plus survenir à leurs propre besoins.

C’était des garçons peu communs, songeait Catherine. Polis, sincères – brisés. Il y avait des choses qu’elle remarquait : le demi-sourire de Cole, comme s’il était désolé d’apprécier ce travail. Son frère Wade, aussi placide que du lait, réfléchi, courtois, un peu gauche. Et Eddy, un poète inconstant, un magouilleur, qui croisait rarement son regard. Quand il le faisait, on ne pouvait pas détourner les yeux.

Tout comme dans la seconde partie où on fera la connaissance de Catherine, tout tourne autour de la mère de famille et de la relation qu’elle a avec son mari.

Elizabeth Brundage nous dresse deux tableaux de femmes aimantes mais mal aimées. Leurs histoires sont différentes tout en restant aussi tragique l’une que l’autre. Et au milieu, gravitent des enfants, des amis, des voisins, des époux parfois coupables, parfois victimes.

Il en ressort un magnifique thriller, remarquablement écrit. On espère que ses trois premiers romans seront très vite traduits en français, et d’une manière aussi parfaite que l’a fait ici Cécile Arnaud.