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La Boîte de Pandore
576
Date de parution: 
02/01/2020
Langue: 
Français
EAN : 
9782253934332
Editeur d'origine: 
Albin Michel

La Boîte de Pandore

8,70€

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Collection  

Alors qu’il assiste à un spectacle d’hypnose, un homme est choisi dans l’assistance pour participer au numéro final. Dubitatif mais intrigué, René se plie au jeu et se retrouve soudain plongé dans une vie antérieure. Ce n’est que la première…
Au fil de ses découvertes, il comprend que ce qu’il a vécu dans ses vies précédentes peut influer sur sa vie présente. Professeur d’histoire, un nouveau défi passionnant se pose à lui : peut-il changer le cours de l’histoire, le réécrire et modifier ainsi la mémoire collective ?
De Paris à l’Égypte, en passant par l’Atlantide, un roman drôle et audacieux sur les mécanismes de la mémoire – individuelle ou générale – et le sens de l’histoire.

Un nouveau terrain de jeu où il fait bon s’égarer. Le Figaro madame.

Un roman truffé d’informations historiques passionnantes. Du très grand Bernard Werber ! Aujourd’hui en France.

Tous les titres de Bernard Werber sont au Livre de Poche.

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5

René, 32 ans, est professeur d’Histoire dans un lycée parisien. Il vit seul dans son appartement de la capitale. Son existence n’a rien d’exaltant jusqu’au jour où son amie et collègue, Élodie, également professeure dans le même établissement scolaire, lui propose d’assister à une représentation des plus originales, sur une péniche, La boîte de Pandore. La cheffe d’orchestre de ce numéro de scène intitulé « Hypnose et mémoires oubliées », c’est Opale, une magnifique rousse aux grands yeux verts. « Pourvu que cela ne tombe pas sur moi », pense René tout bas, mais comme le hasard n’existe pas, c’est bien lui que l’hypnotiseuse désigne pour monter sur scène.
« ̶ « Mémoire profonde » ? Désolé. Je ne sais pas ce que cela veut dire. (René)
̶ Vous allez pouvoir le découvrir si vous acceptez de tenter l’expérience. Je veux être parfaitement honnête et vous informer que c’est la première fois que je l’accomplis sur scène. […](Opale)
̶ Fermez les yeux. Détendez-vous. Respirez amplement. […] Maintenant, visualisez un escalier. Descendez les marches. Ça y est ? Vous êtes arrivé devant la porte de l’inconscient. La voyez-vous ? » (Opale) P.17
Il suffit de lire la quatrième de couverture très épurée du roman pour d’ores et déjà savoir que l’ouvrage va nous faire vivre une histoire intensément prenante : « Savez-vous qui vous êtes vraiment ? Êtes-vous sûr de ne pas avoir vécu d’autres vies ? » Le ton est posé !
Au-delà de l’intrigue et de l’histoire de René et de ses acolytes, ce qui me passionne dans l’écriture de Werber c’est sa capacité à transmettre une connaissance dense et hétéroclite. Avec cet auteur, on apprend toujours, et sur des thèmes extrêmement variés. On s’interroge aussi beaucoup, sur les fondements de la vie, sur les croyances, sur ce qui peut ressembler à des évidences. Il arrive à immiscer le doute dans votre esprit, à vous faire revoir vos schémas de pensées. Ici, il utilise les notes de René, intitulées « Mnenos », pour creuser davantage certains sujets comme les mythes grecs, les expériences sur la mémoire collective ou encore les « mues nécessaires ».
Selon moi, La boite de Pandore reste l’un des meilleurs romans traitant du sujet de la réincarnation et des vies antérieures. (J’ai bien dit « romans »).
Bernard Werber exploite ici un mythe grec qui a su traverser les âges, celui de la boite de Pandore : Prométhée vole le feu au dieu forgeron Héphaïstos et l’offre aux mortels. Zeus, le dieu des dieux, décide de punir Prométhée pour cet affront et de trouver un moyen de faire souffrir les hommes à jamais. Il demande à Héphaïstos de créer une femme humaine parfaite, Pandore. Zeus offre à Pandore une boîte mystérieuse, mais lui interdit de l’ouvrir. Elle est conduite sur Terre et épouse Épiméthée.
« Un jour, n’y tenant plus, elle l’ouvrit pour découvrir ce que ce simple objet contenait de si terrible. Que n’avait-elle fait ? Aussitôt, tous les maux de l’humanité furent libérés : la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la misère, la folie, le vice, la tromperie. Quand Pandore comprit son erreur, elle voulut refermer l’objet magique, mais il était trop tard, tous les malheurs s’étaient déjà répandus dans le monde. Seule l’espérance y resta enfermée. Depuis ce jour, ainsi que l’enseigne le mythe de la boîte de Pandore, les hommes souffrent et n’ont comme seul réconfort que l’espérance. » P.123
Bien évidemment, il sera question de vies antérieures dans ce roman (les 111 vies précédentes de René), mais pas seulement, car les thématiques chères à l’auteur sont nombreuses. Après avoir été hypnotisé par Opale, René a le sentiment d’avoir franchi une frontière qui lui permet dorénavant de vivre avec plus de convictions et d’intensité, un mélange de peur et d’exaltation, une découverte de lui-même. Il décide par exemple d’ouvrir les yeux de ses élèves de Terminale et change radicalement sa manière d’enseigner l’Histoire :
« Il inspire profondément et entame son cours comme il l’a prévu. Le titre s’affiche sur l’écran : « Mensonges de l’histoire officielle et vérités à déterrer » ». P111
Imaginons que nous puissions avoir accès, en pleine conscience, à nos vies antérieures, à toutes celles et tous ceux que nous avons incarnés avant cette vie-là, au-delà du « ici et maintenant ». Qui y découvririons-nous ? Des héros ? Des assassins ? Un samouraï ? Une princesse d’Iran ? D’autres âmes avec lesquelles nous avons déjà parcouru un bout de chemin dans un autre hémisphère ? Une personne avec qui nous avons déjà vécu une histoire d’amour intense ? Nombreuses sont les religions qui acceptent l’idée de réincarnation, la fin du corps en tant que véhicule et l’immortalité de l’âme. Et comme l’exprime si justement Bernard Werber à travers les paroles d’un moine cambodgien : « L’humanité a besoin de retrouver sa mémoire », car nous ne sommes pas nés par hasard.
Bravo à l’auteur et belle lecture à vous.

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