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La Gaieté
216
Date de parution: 
04/01/2016
EAN : 
9782253087243
Editeur d'origine: 
Stock

La Gaieté

6,90€

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Avec un enfant on ne peut plus se permettre d’être triste, un point c’est tout. D’ailleurs j’aurai bientôt plus le temps, plus l’énergie, plus force. Et puis j’en ai bien fait le tour, de la tristesse, j’ai bien tout compris, je sais qu’elle n’est pas liée au présent, qu’elle n’est pas née non plus avec le grand chagrin d’il y a dix ans, j’ai compris qu’elle vient de beaucoup plus loin, peut-être de Kuala Lumpur, mais qu’est-ce qui s’est passé à Kuala Lumpur ?
J. L.
La romancière témoigne d’une lucidité et d’une fragilité qui parlent à tous, et surtout à toutes. Delphine Peras, L’Express.
Il y a cette écriture rapide, nerveuse, qui prend ici une nouvelle ampleur, qui ose. […] C’est un bonheur. Marie-Françoise Leclère, Le Point.

Les derniers avis

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Faut-il se fier au titre ? Justine Lévy, dont c'est le quatrième "roman", poursuit son instrospection intime avec ce récit encore une fois très personnel où l'on retrouve son double littéraire - Louise, que l'on a vue devenir adulte, puis femme, puis mère. Le précédent, "Mauvaise Fille", où elle racontait la maladie de sa mère survenue en même temps que sa première grossesse, m'avait paru aussi impudique qu'il m'avait fouillé les tripes. Entre mauvaises filles on se reconnaît. A présent, Louise/Justine est donc une jeune maman qui s'est résolue à afficher une façade, sinon de bonheur (existe-t-il seulement ?), au moins de non-tristesse, s'efforçant de dominer la mélancolie qu'elle a chevillée au corps depuis l'enfance et de cultiver la joie de vivre, d'avoir des enfants "contents contents contents" et d'être souriante souriante souriante. Elle refuse de leur infliger ses angoisses comme elle a dû subir celles de sa mère ou la cruauté des belle-mères de passage - bref elle veut absolument être la mère qu'elle aurait voulu avoir. Pour ses enfants elle surmontera les vieilles douleurs, les vieilles rancoeurs et se fera guerrière, elle apprendra donc à être gaie, résolument.
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« Moi, j'explique à Angèle : on ne vient pas sur une terre vierge et pure et vierge, avec tout à apprendre et tout à faire. On n'est pas une page blanche… une chouette page blanche sans ratures sur trois générations. Mais non, on porte la mémoire de sa famille, on trimballe ses paquets de problèmes et de névroses… En naissant bien sûr, on a tout oublié mais tout est là, en nous. » Cette phrase résume pour moi la teneur de ce livre, suite de « Mauvaise fille », où l'auteur poursuit son récit introspectif.

Louise donne à ses enfants une éducation où la gaieté est le mot d'ordre, pour qu'ils soient contents avant tout et pour cadenasser les portes de la tristesse. Car Louise reste pétrie de culpabilité, avec une « peur absurde d'être une mauvaise mère comme elle a été une mauvaise fille. » « Je suis aux commandes d'un navire qui ne doit pas être trop chargé pour ne pas prendre l'eau et arriver au bon port de la gaieté. »
C'est une véritable guerre, presque une croisade, qu'elle mène pour que ses enfants n'héritent pas de la tristesse et des chromosomes du chagrin venus du passé », elle parle d'un bouclier anti-tristesse. On sent pourtant que cette défense est bien fragile, qu'elle essaie de se persuader comme elle essaie de nous persuader. Il y a malgré tout parfois de l'humour et de la légèreté dans la narration de certains épisodes et certains souvenirs qu'elle évoque, ce qui nous permet de « souffler » un peu dans ce récit qu'on lit d'une traite.
Malgré son titre, j'ai trouvé ce livre empreint de beaucoup de tristesse mais profondément touchant et très beau.