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La Passagère du silence
320
Date de parution: 
05/10/2005
EAN : 
9782253114666
Editeur d'origine: 
Albin Michel

La Passagère du silence

7,70€

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Tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l’art antique chinois, était-ce bien raisonnable ? Fabienne Verdier ne s’est pas posé la question : en ce début des années 1980, la jeune et brillante étudiante des Beaux-Arts est comme aimantée par le désir d’apprendre cet art pictural et calligraphique dévasté par la Révolution culturelle. Et lorsque, étrangère et perdue dans la province du Sichuan, elle se retrouve dans une école artistique régie par le Parti, elle est déterminée à affronter tous les obstacles : la langue et la méfiance des Chinois, mais aussi l’insupportable promiscuité, la misère et la saleté ambiantes, la maladie et le système inquisitorial de l’administration… Dans un oubli total de l’Occident, elle devient l’élève de très grands artistes méprisés et marginalisés qui l’initient aux secrets et aux codes d’un enseignement millénaire.
De cette expérience unique sont nés un vrai récit d’aventures et une œuvre personnelle fascinante, qui marie l’inspiration orientale à l’art contemporain, et dont témoigne son extraordinaire livre d’art L’Unique Trait de pinceau (Albin Michel).

Grand Prix des lectrices ELLE document
2004

Les derniers avis

3
Ce livre n'est pas qu'un livre qui parle du parcours artistique de Fabienne Verdier. C'est aussi un reportage sur la Chine d'après la révolution culturelle et sur la Chine reculée parfois oubliée. A travers ces pages l'auteure nous raconte donc son arrivée dans ce pays, plus catastrophique qu'autre chose. La désillusion sur l'image qu'elle en avait, mais aussi l'état sanitaire pitoyable dans lequel beaucoup de chinois vivent et qu'elle aussi subira plus d'une fois. Elle nous raconte aussi sa mise à l'écart par le partie chinois dans l'établissement où elle apprend (par la suite ça s'améliora un peu), et sa constante surveillance, ainsi que l'encadrement quasi militaire des étudiants chinois. Elle nous racontera sa mission à l'ambassade de France en Chine ce monde de l'administration peuplé de faux-cul où seule l'image compte. Mais pourtant ceci n'est pas le plus important de ce livre, même s'il s'avère intéressant de savoir. Outre le fait qu'elle nous explique toutes les subtilités de la calligraphie où le Tao tient une grande place dans l'équilibre et l'esthétique des traits, pour moi le plus important, le plus parlant, c'est quand Fabienne Verdier raconte ses rencontres avec toutes sortes de personnes ou de communautés. Comme les Yi, les Miao ou encore les grands maîtres chinois, rejetés injustement par la société, avec souvent interdiction de peindre. Le plus parlant c'est aussi quand elle raconte la misère de ces peuples et l'indifférence total du gouvernement chinois à leur égard. Pourtant ce qui m'a été le plus déchirant, c'est quand elle raconte le passé chinois qui a été détruit au nom de la révolution culturelle. Quand j'ai lu ce livre j'ai vraiment ressenti comme une perte énorme, toutes ces destructions du patrimoine Chinois et finalement humanitaire. Je vous assure qu'au même titre que les humains, cette révolution a été un véritable massacre de l'art et du patrimoine, et tout ça à cause de quoi ? A cause de la jalousie du savoir, de la sensibilité et de la culture des intellectuels par le gouvernement chinois ; pour moi très franchement ce n'est rien d'autre qui a pu pousser à cette incroyable bêtise. Quoi qu'il en soit et malgré le commerce avec la Chine nécessaire à toute nation aujourd'hui (hélas), espérons qu'un jour, qu'au même titre que le Tibet, la Chine retrouve sa pleine liberté. Un livre que je recommande. Extraits du livre : "Nous possédions de nombreux souvenirs après avoir passé l'un et l'autre tant d'année en Chine. Nous en avons expédié une partie par bateau mais il y'a certains objets dont un peintre ne se sépare jamais : ses pinceaux, ses sceaux. certains sceaux, très anciens m'avaient été offerts par de vieux lettrés. A l'aéroport les douaniers ont fouillé mes affaires et en ont confisqué beaucoup. [...] On me les a repris, comme si j'étais une voleuse du patrimoine chinois, alors que les officiels détruisaient au même moment des centres historiques d'une valeur inestimable dans les grandes villes de Chine." ""Quand tu te crois perdue dans le chaos, m'avait dit mon maître, tu reviens à l'origine à partir de laquelle on peut créer.""