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La Végétarienne
216
Date de parution: 
02/03/2016
EAN : 
9782253067900
Editeur d'origine: 
Serpent à Plumes

La Végétarienne

6,60€

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Une nuit, elle se réveille et va au réfrigérateur, qu’elle vide de toute la viande qu’il contient. Guidée par son rêve, Ynghye a désormais un but : devenir végétale, se perdre dans l’existence lente et inaccessible des arbres et des plantes. Ce dépouillement qui devient le sens de sa vie, le pouvoir érotique, floral, de sa nudité vont faire voler en éclats les règles de la société, dans une lente descente vers la folie et l’absolu.
 
Une très troublante fable. Olivier Barrot, « Un livre, un jour ».

Les derniers avis

3
La littérature asiatique occasionne souvent une plongée dans des territoires littéraires avec lesquels le lecteur occidental n'est pas toujours familiarisé. Des univers troubles et troublants, faits de rituels et de sensations qu'il lui faut apprivoiser... L'intriguant roman de Han Kang est de ceux-là. On fait connaissance avec Yŏnghye à travers le regard de son mari : une épouse ordinaire, qui vit un amour sans passion dans une vie rangée. Jusqu'à ce "J'ai fait un rêve" dont l'Histoire nous a appris qu'il pouvait être source de tous les basculements... Yŏnghye décide alors de bannir de son alimentation tout élément d'origine animale, quitte à faire preuve d'irrévérence dans cette Corée du Sud tant policée. Mais l'obsession ne s'arrête pas là : celle qui se fait de plus en plus lointaine et étrangère à son entourage, presque jusqu'à son propre corps, décide de se débarrasser de ce qui est en cuir et renonce même à l'acte sexuel - "Tu sens la viande", assène-t-elle. Une violence sourd dans les esprits et dans les gestes, entre ravages moraux et déchéance physique. Le beau-frère, aussi énigmatique qu'entreprenant, aux ambitions artistiques curieusement déviantes, esquisse alors le projet de dessiner des fleurs sur le corps de la jeune femme à partir d'une tache mongolique : cette explosion de fleurs est-elle une renaissance ou l'expression d'une blessure rampante qui se propage ?... La grande réussite de cette fable maîtrisée est d'inscrire à chaque instant le propos à la limite du malsain, sans jamais y tomber réellement mais en créant ce dérangement qui interpelle, en laissant s'installer un véritable malaise dont il est difficile de sortir indemne. En particulier, la scène de torture du chien Blanc m'a profondément marqué et continue de me hanter...
3
Une toute première lecture coréenne (beaucoup de premières fois avec toutes ces sélections du PDL et de découvertes). Une lecture absolument nécessaire et dérangeante. Un thème tabou dans les contrées orientales, un peu moins en Occident, même si ce sujet abordé celui lié aux pathologies psychiatriques et leurs retentissements sur les vies personnelles, familiales et sociales. Une style un peu trop lourd et pesant mais peut-être à dessein en vu du thème. Si je ne vote pour ce livre, je le conseille vivement.