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L'Aquarelliste
432
Date de parution: 
13/05/2015
EAN : 
9782253068518
Editeur d'origine: 
Editions des Deux Terres

L'Aquarelliste

François Rosso (Traducteur)

7,30€

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Début du XIXe siècle, la Lombardie est sous domination autrichienne. Bianca, jeune peintre surdouée, fait ses premiers pas vers l'indépendance. À l'invitation de don Titta, un influent poète féru d'horticulture, elle entame la réalisation d'un catalogue illustré sur la flore, d'une richesse exceptionnelle, du domaine de Brusuglio. N'appartenant ni à la classe des maîtres ni à la domesticité, Bianca devient l'observatrice privilégiée de la demeure et commence à déceler des secrets. Elle se prend d'affection pour Pia, une jeune servante vive à qui elle souhaite communiquer un souffle de liberté. Ces quelques années à l'aube du Printemps des peuples vont mettre sa naïveté et sa droiture à l'épreuve de la complexité du monde. Un apprentissage majeur dans sa vie de femme et d'aquarelliste.

Beatrice Masini emporte le lecteur par sa grâce et sa subtilité. Une belle réflexion sur le sens du possible et ses surprises. Fabio Gambaro, Le Monde des livres.

Les derniers avis

3
Une description de la vie quotidienne en Italie précise et sensible. Toutefois, je me suis ennuyée à lire cet ouvrage :je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages
3
Beatrice Masini publie en 2013 son premier roman, dont le titre, «Tentativi di botanica degli affetti» («Essais de botanique des passions»), est plus explicite que celui de la traduction française, «L’aquarelliste». Si ce dernier souligne l’activité principale de la protagoniste, l’original italien met davantage l’accent sur ce qui est au centre du roman : l’expérience difficile consistant à concilier la science qui étudie les végétaux et celle qui étudie l’affectivité humaine. Car «L’aquarelliste» n’est pas un roman historique, mais bien un roman qui greffe sur une base historique une fiction qui cherche à pénétrer les difficultés auxquelles est confronté celui qui tente de cataloguer les sentiments et d’interpréter les cœurs. Par ailleurs, la toile de fond politique et sociale – discrète – ne contribue qu’à mettre en évidence la position et le rôle de la femme, la problématique de l’abandon des nouveau-nés et les dynamiques familiales. Un jour de printemps, à l’aube du XIXe siècle, Bianca Pietra, une jeune femme de bonne famille, mais aux faibles moyens pécuniaires, quitte sa maison natale sur le lac de Garde pour aboutir dans la florissante campagne milanaise, où elle est reçue par un poète à la réputation établie, don Titta, qui s’adonne à l’agriculture expérimentale, qu’il pratique dans sa vaste propriété, et qui cultive des fleurs et des plantes exotiques dans le parc de sa villa de Brusuglio. Bianca, aquarelliste douée, est appelée à reproduire le patrimoine botanique du maître des lieux. Élégante autant qu’ardente et tourmentée, elle s’adonne à la tâche avec enthousiasme, s’intégrant dans une famille aussi grande que compliquée. Elle dessine, peint et explore les jardins, comme elle étudie avec intérêt la myriade de personnages qui peuplent la grande demeure. Parmi eux figure Pia, une petite servante orpheline, à l’intelligence aiguë et à la grâce innée, qui jouit de singuliers privilèges. Curieuse jusqu’à l’impudence, sincère à l’excès, encline aux rêveries, Bianca se convainc que les origines de Pia recèlent un secret que don Titta et ses proches tentent de préserver ; il n’en faut pas davantage pour que naisse en elle le désir de découvrir la vérité en entamant une enquête passionnée… Ce que Bianca, si fine dans son observation et son illustration de la nature, s’obstine à ne pas comprendre, c’est que cette quête du vrai met en jeu ses propres sentiments et que c’est là une entreprise périlleuse parce que la botanique des affects n’est pas une science exacte, qu’elle ne connaît pas de règles et peut se révéler profondément décevante. Les passions humaines échappent en effet, hier comme aujourd’hui, à une analyse de type scientifique. C’est ce que raconte brillamment l’auteur à ses lecteurs. Les doutes, les questions, les incertitudes, les suppositions de Bianca quant à l’esprit humain confèrent sa substance au roman en lui imprimant une dimension intimiste, une analyse profonde des personnages, de leur système de valeurs et de leurs inclinations. Ainsi Beatrice Masini développe-t-elle dans «L'aquarelliste» une poétique originale où la science qu’est la botanique se mue en métaphore de la quête de l’homme en l’homme.