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Le Coeur qui tourne
224
Date de parution: 
28/09/2016
Langue: 
Français
EAN : 
9782253068662
Editeur d'origine: 
Albin Michel

Le Coeur qui tourne

6,90€

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Détails
Thème 
Collection  
Bobby Mahon était une figure respectée du village. L'ancien contremaître de l'entreprise locale est désormais, comme la majorité des habitants, au chômage. Sans indemnités ni espoir de retrouver du travail. La crise qui frappe de plein fouet l'Irlande déchire les liens de sa communauté. Les langues se délient, les rumeurs circulent, les tensions et les rivalités émergent. Et, faute de pouvoir s'en prendre au patron qui a mis la clé sous la porte, Bobby devient la cible d'hommes et de femmes démunis et amers. Jusqu'à l'irréparable...
Vingt et un narrateurs se succèdent pour raconter leur vérité dans une construction ambitieuse qui n'est pas sans rappeler Faulkner. Un premier roman élu « Meilleur livre de l’année 2012 » en Irlande.
 
 
Tendre, émouvant, mais aussi cynique et toujours intrigant. Un coup de maître. Hubert Artus, Lire.

De ce récit percutant, on retiendra l’émotion, la drôlerie et la puissance critique. P. B.-H., Le Monde des livres

Les coups de coeur des libraires

Un projet ambitieux

 

Avec ce premier roman polyphonique, Donal Ryan nous plonge dans la réalité sociale de l’Irlande rurale. Le discret Bobby Mahon est un homme respecté et apprécié, un peu différent des autres villageois plus rustres. Il sera le personnage central de ce roman autour duquel vont s’articuler vingt et une autres voix. Poker Burke, l’entrepreneur local qui emploie Bobby et la plupart des autres habitants, a fui après les avoir escroqués. La colère et l’amertume grandissent dans cette communauté qui connaît une véritable crise. Au milieu de ce désastre humain se tissent les histoires singulières de chacun.

Comment le cours tranquille de cette petite ville va-t-il s’emballer ? Avec quelles conséquences ?

Il y a de l’âpreté dans l’écriture de Donal Ryan, qui n’a recours à aucune fioriture lorsqu’il explore la nature humaine. Sans jugement, la perspective de chacun y est dépeinte pour donner une vue d’ensemble de cette population troublée. Il y questionne les rapports humains avec toute la violence qu’ils peuvent comporter. Il navigue ainsi entre ombres et lumières afin d’explorer les mécanismes de la lâcheté, de la culpabilité, mais aussi de l’amour. Un projet ambitieux qui évoque les romanciers du sud des États-Unis.

Par Agathe Guillaume, Librairie Millepages, à Vincennes

 

Les derniers avis

3
Blogueur

Juste un mot, vous aviez raison, il est drôlement bien ce livre.

Bobby est un super mec, il aime une super femme. Il est super beau, il a l'étoffe d'un super héros, tous l'admire. Sauf qu'il n'en sait rien, il se prend pour un gros nul. Son rêve, c'est de tuer son père. Et on le comprend.

Les lotissements sont vides, contrefaits, et quand Bobby tente de sauver quelques espoirs, ben, il n'aurait pas dû.
Les pubs sont remplis d'hommes désœuvrés, marqués par l'atavisme local, bornés, queutards et à courte vue, quand le poids de la déveine ne les a pas  rendu tarés, débiles, racistes, violents et profondément désespérés.
Bobby est le cœur autour duquel tournent les récits de ces 21 narrateurs, le lien entre ces personnages qui, tour à tour, prennent la parole pour raconter un bout de son histoire, ce qu'ils pensent en savoir, parfois, ce que les autres en disent aussi ... Ils posent alors quelques petits bouts de la leur, des bouts racornis et coincés là, dans ce village qui porte la poisse. Des bras cassés, des humiliés, des meurtriers par omission, des impuissants.

Dans une autre langue que celle de l'auteur, cette humanité pourrait n'être que vile et terrible. Mais, au contraire, ce qui est terrible, c'est que tous sont un peu humains, touchant sous les couches de non-dits, des restes d'amours et d'humour ...

Et un beau personnage se profile là, Bobby, un homme à terre qui à une allure de héros de statue de héros grec. Fallait le faire ....

3
Blogueur

Un titre évocateur qui colle parfaitement à ce roman à la narration surprenante. Ce court récit de 200 pages s’articule autour d’un chapitre unique par personnage, à la manière d’une chaîne dont chaque maillon s’intriquerait les uns à la suite des autres et laisserait voix à tout un ensemble d’individus.

Je n’avais jamais lu un récit aussi ambitieux, qui ne s’attache à aucune intrigue en particulier mais qui laisse le champ libre à ses personnages !

Il y a pourtant bien une espèce de fil conducteur dans ce roman, l’histoire de Bobby, le premier personnage à faire entendre sa voix dans le roman. C’est lui qui lance les hostilités, et avec quel impact ! 

 Cette manière de passer d’un point de vue à un autre permet également de montrer ce qui se cache réellement derrière certaines attitudes ou comportements. De l’embarras passe pour de l’hostilité, de la bienveillance pour de l’opportunisme, c’est incroyablement bien rendu. Et drôle parfois tant certains protagonistes semblent complètement à côté de la plaque. Donal Ryan sait donner voix aux sentiments de ses personnages mais également donner corps à ce petit village irlandais où la détresse côtoie l’espoir de lendemains meilleurs.