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L'Enfant de l'étranger
768
Date de parution: 
02/01/2015
EAN : 
9782253020424
Editeur d'origine: 
Albin Michel

L'Enfant de l'étranger

8,90€

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Tout commence en 1913, dans le jardin de la maison de campagne des Sawle dans le Middlesex. Etudiant à Cambridge, le timide George Sawle a invité aux Deux Arpents un de ses camarades, l'aristocratique et énigmatique Cecil Valance. Ces jours dans la maison familiale et le poème qu'ils inspirent à Cecil vont changer leur destin. Et plus encore celui de Daphné, la sœur de George. En ce printemps où rien n'annonce les proches bouleversements de l'Histoire, un pacte se noue secrètement entre les trois jeunes gens, point de départ d'une fresque saisissante à travers le XXe siècle, par l'un des plus grands romanciers anglais contemporains.

Un immense roman dans lequel il faut se laisser glisser. On en sort ébloui comme rarement. Alexandre Fillon, Livres-hebdo. Bienvenue dans le vertige du temps et des caprices de la mémoire. Emily Barnett, Les Inrockuptibles.

Ce livre a reçu le prix du meilleur livre étranger en 2013.

Les derniers avis

4

Alan Hollinghurst dépeint ici le déclin de l’aristocratie anglaise et met l’accent sur la vision de l’homosexualité au XXe siècle. Le roman est découpé en cinq parties et pour être honnête, il est difficile de joindre les débuts de chaque partie avec la précédente tant il y a eu d’années d’écoulées entre deux périodes et que de nouveaux personnages apparaissent sans qu’on puisse faire de liens directs avec les personnages existants. Un sentiment de frustration peut survenir en fin de parties car l’on s’attache aux personnages et qu’une impression de fin est avortée pour chacun d’eux. Cependant, suivre les péripéties de personnages tout au long de leur vie plaira à coup sûr aux grands dévoreurs de saga familiale.

3
Le troisième roman d'Alan Hollinghurst, «L'enfant de l'étranger», est une éclatante réussite. Organisé en cinq parties isolant différents moments répartis chronologiquement – mais sans solution de continuité – entre l'orée du XXe siècle et le début du XXIe, la fiction s'ouvre sur le court séjour qu'effectue un jeune poète de la petite aristocratie et au talent prometteur dans une famille bourgeoise dont il séduit tant un fils que la fille. Plusieurs personnages établissent au cours des décennies suivantes la biographie de cet écrivain qui a trouvé la mort durant le premier conflit mondial et dont il apparaît que l'aura est indue. C'est ainsi, à travers la conscience d'hommes et de femmes, dont certains l'ont connu (très) intimement et qui cherchent à savoir ou à cacher ce qui ne peut être révélé de l'écheveau des secrets de famille, que se donne à lire une critique acerbe de la société britannique – et, notamment, des milieux littéraire et universitaire. Si la question de la liberté sexuelle – et de l'homosexualité (masculine), tout particulièrement – est ouvertement abordée, on ne peut y limiter l'originalité et la portée du roman. Les cinq parties constituant autant d'éclairages variés sur la décrépitude d'une famille, qui tente de préserver les apparences, et les errements de ses membres, dont certains s'échouent parfois lamentablement, le récit s'écrit aussi dans ses ellipses et ses failles – dans ce qui échappe aux personnages, dans ce qu'ils ne peuvent ou ne veulent pas dire –, conduisant le lecteur à le construire au fil de la narration et en marge de celle-ci ainsi qu'à s'interroger sur les blancs qui demeurent. C'est donc un très grand roman – classique et moderne tout à la fois, et extrêmement riche – qu'offre Hollinghurst à ses lecteurs.