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Les Haines pures
384
Date de parution: 
10/02/2016
EAN : 
9782253087106
Editeur d'origine: 
Albin Michel

Les Haines pures

7,30€

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Thème 
Collection  
1945, Bayon, en Provence. Gabrielle revient dans la ferme familiale qu'elle a fuie six ans auparavant. Elle y retrouve sa mère, toujours aussi hostile, et sa sœur cadette, Louise, une adolescente instable et fragile. Un an plus tôt, la famille voisine a été décimée dans des circonstances jamais élucidées. Gabrielle est bouleversée par la nouvelle. Bientôt, un locataire un peu trop curieux prend possession du mas délaissé. La jeune femme et lui s’interrogent sur les étranges entrelacs qui relient la plupart des villageois à ce massacre, dont on n’ose plus parler.
Un roman sombre et fascinant sur l'après-guerre : traumatismes, règlements de comptes, mensonges, mais aussi sur  les haines anciennes qui couvent dans le cœur des hommes. À la manière de Philippe Claudel, Emma Locatelli explore la noirceur de l’âme humaine et les blancs de l’Histoire

Les derniers avis

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Emprisonné jusqu'au bout comme l'héroïne de ce roman plus sombre que sombre et pourtant crevé du soleil de l'été en Provence, le lecteur sort de cette histoire anéanti et captif.... La haine comme la chaleur est implacable. Mme Locatelli, vite un autre livre....
3
Blogueur

Avant de commencer ce livre, je ne pensais pas qu’il existait de « haine pure ».

Je pensais, naïve, que dans chaque haine, il y avait des raisons, des explications, et voire un espoir, même infime, de voir cette haine disparaître. Je pensais que les mots « haine » et « pureté » étaient des antagonismes. Le premier impliquant une noirceur incompatible  avec ce que renvoie la pureté. Emma Locatelli, tout au long de son roman, m’a montré que je me trompais. Dans cette histoire sordide, il y a des haines pures. Vraiment pures. Des haines tellement viscérales, installés, « naturelles », voire innées, qu’elles sont indemnes de tout espoir d’humanisme ou d’empathie.

En 1945, Gabrielle revient dans son village natal, Bayon, au beau milieu de la Provence. Elle retrouve la ferme familiale. Et sa mère. L’exemple le plus probant de ces haines pures. Une femme au cœur inexistant et à l’âme aussi noire que ses paroles…

Auprès de cette mère qui n’a d’ailleurs de mère que le nom, vivent Jean, le frère aîné, désormais handicapé, suite à une vilaine blessure lors un échange de tirs avec des soldats allemands en fuite, et Louise, la cadette, la beauté faite jeune femme; le rayon de soleil de cette maison. Mais que seule Gabrielle voit…

Durant son enfance, Gabrielle a toujours trouvé refuge chez les Roccetti, une famille italienne habitant la ferme juste à côté. La seule source de tendresse pendant ses jeunes années. Sauf qu’à son retour, elle apprend que la famille entière a été retrouvée morte, dans des circonstances obscures. Suicide? Assassinat? Vengeance? Ne pouvant se satisfaire des réponses et des explications des uns et des autres, la jeune femme va mener sa propre enquête, épaulée par Paul, le nouveau locataire de cette maison maudite.

En remuant ses propres souvenirs, en interrogeant les habitants du village, en confrontant les versions des uns et des autres,  Gabrielle met le feu à une poudrière qui en explosant, va dévoiler la douloureuse vérité.

Avec la Libération en toile de fond, et une écriture limpide et parfaitement maîtrisée, Emma Locatelli nous offre ici un roman noir et violent sur la situation de nombreux villages ou villes au sortir d’une guerre qui a laissé des traces indélébiles en chaque Français. Entre règlements de compte,  familles exsangues par les réquisitions, Résistance et collaboration, dénonciations calomnieuses et dérives en tout genre, récits d’exode et de bombardements, les héros de ce roman découvrent le Mal qui s’est immiscé en chacun, et qui a dévasté ou dévaste ce qui reste d’un monde chancelant.

A lire absolument