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Malerba
448
Date de parution: 
06/04/2016
EAN : 
9782253093145
Editeur d'origine: 
JC Lattès

Malerba

7,90€

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Malerba : mauvaise herbe. C’est ainsi qu’on appelait Giuseppe Grassonelli dans le village sicilien où il est né. Très jeune, sa famille l’envoie en Allemagne pour l’éloigner de ses mauvaises fréquentations. À Hambourg, il va découvrir un autre monde, se mettre au jeu, tricher et s’enrichir. Lors de son dernier retour au pays, il est pris dans un violent règlement de comptes mafieux au cours duquel périssent son grand-père adoré, ses oncles et ses cousins. Il réussit à s’enfuir et décide de se venger. Il tuera tous ceux qui ont assassiné les siens. Arrêté à vingt-sept ans, il est condamné à une peine de perpétuité incompressible. En prison, il découvre la littérature et la philosophie Dans ce récit passionnant et très personnel, il livre le témoignage d’une véritable rédemption.
 
Ce livre est un formidable roman noir. Mais c’est surtout une histoire vraie. Philippe Blanchet, Le Figaro.

Les derniers avis

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Blogueur

L’autobiographie en général est un genre que l’on appréhende avec prudence. L’auteur, bien entendu, ne livre jamais que ce qu’il accepte de dévoiler et, aussi honnête que puisse être sa démarche, la mémoire est fluctuante, les souvenirs se reconstruisent. 

C’est nécessairement ainsi que l’on aborde Malerba et en particulier son premier chapitre de la plume de Giuseppe Grassonelli dédié « À mon ennemi ». Et puis, bien vite, on s’aperçoit que le personnage qui compte sa vie entre les chapitres assumés par Grassonelli n’est pas Giuseppe mais Antonio. Ce qui n’empêche pas Grassonelli qui écrit clairement depuis sa prison, qui conte son quotidien d’enterré vivant et livre ses états d’âmes, de commenter à la première personne l’histoire et les actes d’Antonio. Il y a certainement dans cette manière de romancer les faits passés une volonté de ne pas prêter le flanc à d’éventuels recours en justice, mais aussi et surtout une façon pour Giuseppe Grassonelli de se détacher de celui qu’il a été pour l’analyser d’une manière non pas plus froide, mais, paradoxalement, plus objective, même si cette notion ne peut rester que relative, à tout le moins en ce qui concerne les actes même, Grassonelli cherchant évidemment à les minimiser. 

Et puis, grâce à cela, se dévoile derrière l’histoire de vengeance, derrière le portrait d’une société à la fois archaïque sur le plan des mœurs et des coutumes et moderne sur le plan de la criminalité organisée et des réseaux, une réflexion profonde sur le cycle de la violence, sur la culpabilité, sur l’amitié et la confiance… sur l’obéissance à des règles que l’on se forge soi-même et que Grassonelli vit dans sa chair, lui qui a toujours refusé de parler à la justice, y compris sur des faits avérés et recoupés. C’est une drôle de morale qui se dessine là, mais qui en vaut bien d’autres.

3
Blogueur

« Malerba » signifie « mauvaise herbe » en italien. Et mauvaise herbe, Giuseppe l’est depuis sa plus tendre enfance. A ce sujet, Giuseppe Grassonelli explique à quel point son enfance était vide : vide d’affection parentale, vide d’amusements d’enfants de son âge et vide de repères pour suivre le droit chemin. Il a alors trouvé la rue et est devenu un délinquant. L’ignorance l’a conduit à la rue et de l’ignorance est née la violence. 

Et la « mauvaise herbe » ne s’arrange pas en grandissant.. Giuseppe commet de petits délits, fréquente des voyous, gagne sa vie en trichant aux jeux, jusqu’à ce qu’un jour, il devienne un tueur pour la mafia. Ses meurtres vont le conduire directement à la case prison. Et comme il choisira de ne pas collaborer avec l’Etat (qu’il estime lié à la mafia), Giuseppe Grassonelli écopera de la peine la plus sévère : la perpétuité sans remise de peine et avec 22 heures d’isolement par jour.

Et de la prison, viendra la rédemption. En prison, Giuseppe devient un autre homme : il se met à lire et suit un programme d’éducation dispensé aux détenus. Il obtiendra deux diplômes de philosophie et de lettres.  C’est donc la connaissance qui a finalement sauvé cet homme et donné un sens à sa vie.

Et c’est sur ce point que son récit est réellement intéressant et totalement inédit à mes yeux. Cette autobiographie résonne comme un véritable message pour la jeunesse actuelle, elle aussi en perte de repères. Pour l’auteur, il n’existerait donc pas un « gêne du délinquant » : on ne nait pas délinquant, on le devient.

« Malerba », quoi qu’en en dise, fut une très belle lecture dans laquelle j’ai adoré me plonger ; tellement que j’ai eu l’impression de connaître Giuseppe, comme s’il avait été à mes côtés pendant mes lectures. Au final, on s’attacherait presque à cet homme, qui a pourtant plusieurs meurtres à son actif. A cela, Grassonelli répond : « Malerba n’efface pas mes crimes, il interroge surtout sur comment l’instruction peut combattre la violence » et conclut : « Mieux vaut manier la plume que le pistolet ».