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nouveauté
Oublier Klara
312
Date de parution: 
10/06/2020
EAN : 
9782253934400
Editeur d'origine: 
Stock

Oublier Klara

7,70€

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Thème 
Collection  

Mourmansk, au nord du cercle polaire. Sur son lit d'hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintient encore en vie : alors qu'il n'était qu'un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique, a été arrêtée sous ses yeux par la police stalinienne. La blessure ressentie alors, puis l’absence douloureuse de Klara ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils, Iouri, qui choisira l’exil en Amérique pour tourner la page d'une enfance meurtrie.
Vingt-trois ans après, celui-ci répond pourtant à l’ultime appel de son père et à la mission que celui-ci lui confie : interroger l’Histoire, fouiller le passé. Ne pas oublier Klara…

Dans son enquête, Iouri explore les zones d’ombre de sa famille et découvre les liens cachés qui ont uni plusieurs générations.

La romancière parcourt l’espace et le temps, sensible à l’humain comme à la nature. Le Monde.

Isabelle Autissier brille aussi dans une autre navigation en solitaire, celle de l’écriture. Télérama.

Captivant. Le Figaro littéraire.

Les derniers avis

4
Blogueur

Isabelle Autissier construit, roman après roman, une œuvre forte et attachante. Après «Soudain, seuls» voici l’enquête menée à Mourmansk par Iouri, de retour en Russie après 23 ans pour tenter de retrouver sa mère Klara.
On avait quitté Isabelle Autissier avec «Soudain, seuls», ce combat glaçant et émouvant pour la survie mené par Louise et Ludovic, échoués sur l’île australe de Stromness. Un excellent roman – dont on se réjouit de voir l’adaptation cinématographique – comme l’est ce nouvel opus qui nous mène cette fois à Mourmansk. C’est là, au nord du cercle polaire arctique, que Iouri débarque un jour de 2017. Il a fait le voyage d’Ithaca, État de New York, «pour assister, vraisemblablement, à la mort de son père.» même s’il était parti 23 ans plus tôt, en se jurant de ne pas revenir et de couper les ponts avec ce père qui le maltraitait.
Sans doute pressent-il qu’en retrouvant la ville de son enfance, il pourrait faire ressurgir quelques souvenirs, reconstituer une partie du passé de sa famille et par conséquent le sien. Une intuition confirmée par Irina, sa belle-mère, qui l’accueille avec ces mots: «Heureusement que tu es là. J’ai prié pour cela. Tu dois le voir. Il faut qu’il te parle. Il a des choses à te dire. Vas-y vite avant…»
Arrivé à l’hôpital où son père est alité, il constate qu’il est déjà trop tard, avant de se rendre compte que Rubin respire encore, qu’il aimerait évoquer avec lui la vie de sa mère Klara.
S’il a tant à dire, c’est parce que jusqu’à présent le sujet était tabou, qu’il ne fallait même pas évoquer son nom, de peur de perdre une liberté déjà restreinte et de protéger la famille.
La construction du roman, qui visite tour à tour les trois générations, nous permet de comparer tout à la fois les régimes politiques, le poids de l’Histoire et les personnages de la famille: «une grand-mère énergique et sensible jusqu’à l’imprudence; un grand-père aimant, mais faible et veule; un père tenu de se battre dont la brutalité avait dévoré la vie; une mère inexistante qui s’était dévolue aux objets, puisque les êtres la décevaient. Et au final lui, Iouri, dont l’enfance avait été imprégnée de ces espoirs, de ces combats, de ces renoncements. Un destin identique à celui de millions de familles tourmentées par les soubresauts de l’Histoire, qui cachaient un cadavre dans le placard, croyant ainsi se faciliter la vie.»
Le cadavre en question, c’est la condamnation de Klara à 25 ans de camp pour espionnage et propagande contre le pouvoir soviétique. Avec Anton, elle était arrivée à Mourmansk avec leur bébé pour assurer la victoire du régime communiste en mettant leurs compétences de géologues au service de la recherche de minerai radioactif. «Ils bénéficiaient de bons de nourriture et surtout de charbon. Aussi, le soir, les visiteurs étaient nombreux, autant pour se tenir au chaud que pour profiter de l’ambiance. Car Rubin décrivait sa mère comme une optimiste invétérée, une femme énergique, aimant s’entourer, régner sur un aréopage d’amis.»
Un bonheur fugace pour le petit garçon qui se retrouve bientôt séparé de sa mère, en proie à un père de plus en plus irascible, de plus en plus violent et qui ne voit d’autre carrière pour son fils que la sienne, celle de marin-pêcheur.
Mais Iouri veut étudier, s’intéresse à l’ornithologie et surtout, sacrilège suprême aux yeux de son géniteur, éprouve une inclinaison très forte pour les hommes. Pour donner le change, il suivra le parcours traditionnel des pionniers, rencontrera Luka avec lequel il a ses premiers émois amoureux, et montera à bord du chalutier confié à son père en tant que mousse. Une expérience aussi traumatisante que formatrice et qui s’achèvera de façon dramatique.
Après la chute de l’URSS et le retour de prisonniers des camps, un nouvel espoir de revoir Klara naît.
Mais le nouveau régime charrie aussi avec lui lenteurs administratives et jugements arbitraires. Isabelle Autissier montre fort bien que la peur ne s’envole pas d’un jour à l’autre et que l’économie de marché provoque aussi de grands bouleversements, surtout dans ces régions reculées. Un roman fort, à hauteur d’hommes qui tisse des liens entre les générations et qui démontre combien il est difficile de s’évader, de vouloir fuir un destin ancré dans les gènes.
https://collectiondelivres.wordpress.com/2019/06/21/oublier-klara/

Iouri vit et travaille aux États-Unis. Avant d'être américain, il a grandi en Russie, dans un environnement dur et violent, tempéré par sa passion pour les oiseaux. Une violence que son père a lui aussi connu, petit garçon marqué par la disparition de sa mère, scientifique accusée de traîtrise sous le règne de Staline. Sur son lit de mort, ce père demande à Iouri de trouver une explication à sa disparition. "Sauver Klara" nous fait traverser l'Union Soviétique, puis la Russie, à travers le destin de trois générations. Un grand voyage captivant et passionnant, documenté et sensible. Une vraie réussite et un immense coup de cœur !