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Partages
192
Date de parution: 
21/08/2013
EAN : 
9782253174851
Editeur d'origine: 
Mercure de France (FG)

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6,90€

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C’est l’histoire de deux corps projetés dans une ville et qu’envahissent peu à peu des fantômes : Sarah, Juive d’origine polonaise, née et élevée à New York, est venue vivre en Israël avec sa mère après les attentats du 11-Septembre. Leïla est palestinienne, elle a grandi dans un camp de réfugiés en Cisjordanie. Elles ont dix-sept ans et, en commun, le désir de ne pas être sérieuses. Leurs voix alternent dans des jeux de miroirs troublés de brisures, puis se mêlent au rythme d’une marche qui les conduit l’une vers l’autre dans les rues de Jérusalem. Soeurs ennemies, Leïla et Sarah sont deux Antigone dont la chair est la terre où border et ensevelir leurs morts.

Deux voix, deux images en négatif d’une même tragédie que Gwenaëlle Aubry orchestre magistralement dans Partages, opéra sanglant qui ne connaît ni mièvrerie ni dogmatisme. Intense. Marianne Payot, L’Express.

Les derniers avis

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Blogueur
Thématique assez intéressante que celle suivie par Gwenaëlle Aubry dans ce récit croisé de Sarah et Leila, toute deux vivant originellement dans des mondes différents qui à la fleur de l'adolescence, vont se retrouver tragiquement et intimement liées. Issue d'une famille juive polonaise dont les grands - parents maternels ont connu le ghetto de Varsovie et les camps d'extermination, Sarah vivait insouciante et en totale méconnaissance de l'importance de l'héritage tragique de ses racines juives et du poids de la mémoire de ses ancètres au coeur d'un monde et d'un continent nord américain bien éloigné des tragédies de la Palestine et des conflits qui l'anime. De ses parents divorcés, seule la mère conserve un semblant de pratiques religieuses et ploie sous le poids de la l'holocauste et de la crainte d'une nouvelle atteinte au peuple juif. Née à New York, Sarah est décidément bien loin des préoccupations maternelles, soutenue par son père et se sent particulièrement en sécurité. Ce sont les attentats du 11 Septembre qui vont entraîner la décision quasi instantanée de sa mère à partir avec Sarah, rejoindre son fils et sa femme pour s'installer définitivement là où, selon elle, la sécurité est totale : Israël. Une décision unilatérale bien lourde en conséquences pour Sarah. Pour Leïla la violence, la misère, les attentats et la ségrégation entrenue par Israël sur la Palestine sont son quotidien depuis la naissance. Des frères torturés, des intifadas renouvelés, la haine, les rivalités tout cela ne peut que créer et renforcer un seul souhait chez elles ; celui de s'instruire et d'émigrer vers l'Occident. Au moment où le destin de nos deux héroïnes les font se rencontrer à Jérusalem, Leïla a obtenu de son père qu'il souscrive à ses voeux et ne suive pas la tradition du mariage jeune et arrangé. C'est à Jérusalem que ces deux jeunes femmes vont jouer leur partition et leur ultime confrontation involontaire. Sarah s'appropriant enfin en Israël l'histoire du peuple juif et son historique familial personnel, Leila, pourtant sur le point de fuir le destin d'une palestinienne mariée tôt, sans autre perspective que d'enfanter et de pleurer, à l'opposé devient la victime expiatoire des haines entre juifs et palestiniens et s'orientant vers le destin d'une kamikaze. On ne peut que saluer la performance de nous rendre les pensées de l'une et l'autre des ces deux adolescentes prises dans la tourmente mais aussi du quotidien des juifs en Israël et des réfugiés palestiniens. Livre étonnant par son mode d'écriture qui m'a parfois paru un peu déroutant quand des paragraphes s'entrecoupent au milieu de phrases pour les monologues intérieurs de Sarah et Leïla. Livre pragmatique où l'auteure rend parfaitement compte de la construction des deux entités diamétralement opposées, des excès des deux parties et de la lente évolution de ses deux héroïnes.
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Je tiens tout d'abord à remercier « Le Livre de Poche » pour ce livre. « Partages » fait parti de la sélection du mois de janvier du Prix des Lecteurs 2014 catégorie Littérature. J'ai voulu débuter par celui-là car, pour être honnête, c'était celui qui me donnait le moins envie. Le thème ne m'attirait pas, n'ayant pas l'habitude de lire des ouvrages abordant comme thème principal la religion, les différentes communautés.. Et, surprise, je me suis reçu une grande gifle. Tout au long du livre, on suit l'histoire de deux jeunes femmes : Leïla, née et vivant en Cisjordanie dans un camp palestinien ; et Sarah, New-Yorkaise née d'une mère juive qui, à la suite des attentats du 11 septembre, quittera ce pays avec sa mère pour Israël. On alterne les points de vue entre l'une et l'autre, tout en conservant la première personne du singulier. On suit donc la même histoire, cette même guerre qui déchire ces deux communautés à travers des regards jeunes, féminins. L'énorme point positif de ce livre est la plume de l'auteur. Dès les premières lignes, elle a su me conquérir. Son écriture est juste légère, douce, envoutante mais aussi dure, puissante et écorchante. Certes, les phrases sont longues et parfois le choix de la ponctuation peut surprendre mais rien n'est laissé au hasard. Tout est calculé pour rajouter encore plus de puissance à ses mots, à son histoire. Gwenaëlle AUBRY a un don, celui de l'écriture, de maîtriser les mots et leur pouvoir. Quand à l'histoire, on est directement plongé dedans. Le thème est par contre complexe et ce livre ne peut être apprécié dans sa totalité que pour les férus d'histoires et/ou de religion. Bien qu'ayant apprécié ce livre, j'ai dû faire des recherches sur certains sujets abordés pour mieux comprendre et j'avoue, sans honte, ne pas avoir saisi tous les messages que l'auteur nous émet. Les personnages sont tout aussi maîtrisés que l'histoire. Les deux jeunes femmes sont attachantes, chacune à sa propre histoire, ses propres problèmes mais qui sont tout de même liés. Elles vivent près l'une de l'autre, mais leurs appartenances font qu'elles sont si éloignées. Ensemble, elles partagent cette histoire et seulement le premier et dernier chapitre. Au commencement, on pourrait croire que ce n'est que le hasard qui a fait qu'elles se sont croisées, mais à la fin du livre, on se rend compte que c'était bien plus : le destin. Elles partagent ensemble des mêmes envies : être libres. Finalement, elles partagent le même emprisonnement, le même destin face à ce conflit qui, au lieu de les séparer, va les unir dans un ultime chapitre incroyablement intense. Quant aux personnages secondaires, ils sont aussi bien construits et attendrissants que les deux filles. En conclusion, ce livre est une vraie découverte que chaque lecteur devrait lire. « Partages » est comme un kaléidoscope : il nous fait découvrir de manière intime les différentes facettes et couleurs de ce conflit encore et toujours d'actualité en nous miroitant les points de vue des deux parties. Gwenaëlle AUBRY nous « partage » tout son talent dans un jeu de dualité maîtrisé à la perfection tout au long de son histoire : entre guerre et paix, beauté et horreur, tension et calme, parole et silence, vie et mort.