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Purge
429
Date de parution: 
01/02/2012
EAN : 
9782253161899
Editeur d'origine: 
Stock

Purge

7,90€

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Collection  

1992, fin de l’été en Estonie. L'Union soviétique s'effondre et la population fête le départ des Russes. Sauf la vieille Aliide, qui redoute les pillages et vit terrée dans sa ferme. Lorsqu’elle trouve dans son jardin Zara, une jeune femme que des mafieux russes ont obligée à se prostituer à Berlin, meurtrie, en fuite, elle hésite à l’accueillir. Pourtant, une amitié finit par naître entre Zara et elle. Aliide aussi a connu la violence et l’humiliation… A travers ces destins croisés pleins de bruit et de fureur, c’est cinquante ans d’histoire de l’Estonie que fait défiler Sofi Oksanen.

Un très grand livre sur le mensonge et la peur. On en sort ébloui par la maîtrise et secoué par le propos. Alexandre Fillon, Lire.

Un livre âpre et dur qui met en parallèle la violence sur les femmes et sur les peuples. Augustin Trapenard, Elle.

Prix des lecteurs du livre de poche - Choix des libraires
2012

Les coups de coeur des libraires

L'avis de Delphine de la librairie La Réserve (Mantes-la-ville)

Le style de Sofi Oksanen est direct et sonore ; son récit se déroule méthodiquement jusqu’à un épilogue implacable vers lequel elle nous entraîne sur un rythme régulier mais opiniâtre. Elle a su magistralement rendre les sentiments d’oppression, de crainte, de lâcheté, de honte… Ses personnages de femmes sont intenses, vibrants, extraordinairement convaincants. Quant au contexte hardiment exposé, il est facile de comprendre que ses évocations historiques aient galvanisé les uns et gênés les autres aux entournures.

Une jeune auteure audacieuse et talentueuse : résolument à lire et à suivre…

http://www.librairielareserve.fr/

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L'avis de Olivier Schittenhelm de la librairie L'Escale littéraire (Paris)

De la terrible époque stalinienne au postcommunisme glauque, "Purge" revient sur l'histoire de l'Estonie, dont la mère de l'auteur est originaire. Sofi Oksanen souligne avec habileté que de nombreuses exactions furent commises dans cette ancienne république de l'URSS. [...] Roman aux accents dostoïevskiens, "Purge" évoque également sans détours ni pudeur la prostitution des filles de l'Est. La langue de Sofi Oksanen est belle, souvent poétique, elle éclaire, explique et apaise.

Les derniers avis

3
Je viens de terminer ce livre, et je suis presque déçue de la fin... Je pensais que l'on irait un peu plus loin dans l'histoire, mais non. A par ça, je n'ai pas grand chose à redire, c'est un roman fort, tant au niveau du texte et de certaines descriptions qui ne laisse aucune place à l'imagination, que des émotions qui transparaissent du récit. La syntaxe nous plonge aussi très vite dans les différentes ambiances, certaines passages où l'on a l'impression que tout va très vite, et d'autres plus lent, plus calme. Je conseille ce livre, mais pour un lecteur averti, sinon je pense que la violence de certains passages pourraient être déstabilisant et mener dans certains cas à l'abandon du livre...
3
Blogueur
Il n’est pas étonnant qu’il ait été récompensé par le prix Femina, puisqu’il est centré sur deux femmes. L’une, Aliide, dans l’Estonie occidentale de 1992, est vieille et vit seule dans sa ferme à l’écart du village. Elle passe ses journées à préparer des conserves de légumes et ses nuits à guetter les bruits suspects et les voyous des environs qui jouent à lui faire peur. La vie d’Aliide a basculé début des années 40, quand le beau Hans a posé les yeux sur sa sœur Ingel, et pas sur elle, Aliide. A compter de ce jour, Aliide la sournoise n’aura de cesse de tout faire (il faut insister sur le « tout ») pour conquérir Hans et le détourner de Ingel, la préférée, l’épouse idéale, si belle et si parfaite ménagère. Aliide perdra définitivement son âme une nuit de 1947, dans la cave de la mairie, alors qu’elle est interrogée (euphémisme pour « torturée ») par la police communiste. L’autre, Zara, dans cette Estonie occidentale de 1992, se réfugie dans le jardin d’Aliide. Bien que méfiante, celle-ci la recueille. Mais qui est cette jeune fille ? Elle dit fuir son mari violent, mais le lecteur apprend bien avant Aliide qu’elle vient en réalité de s’échapper des griffes de son proxénète, mafieux russe. Et que Zara n’arrive pas par hasard chez Aliide, les deux femmes ont en effet quelques gènes en commun. L’histoire et les secrets de famille nous sont révélés peu à peu, en même temps que nous est racontée, entre les lignes, l’histoire de l’Estonie et de ses occupations successives par l’URSS, puis l’Allemagne nazie, puis à nouveau l’URSS, jusqu’à l’indépendance en 1992. Les chapitres sautent d’une époque à l’autre, du passé lointain d’Aliide à celui, plus proche, de Zara, pour passer au moment présent de leur rencontre. Je ne sais pas très bien quoi penser de ce livre. J’aime quand la petite histoire des gens est inscrite dans les remous de l’Histoire, c’est l’occasion pour moi d’apprendre des choses et de joindre l’utile à l’agréable. Mais voilà, ici, la lecture n’est pas agréable. Certes, c’est bien écrit, bien traduit, le puzzle est drôlement bien amené, bref totale maîtrise du fil de l’intrigue, même si parfois la déstructuration chronologique est frustrante (comme dans les bons thrillers, quand la montée du suspense est soudain interrompue par un changement de sujet). C’est l’histoire elle-même qui met mal à l’aise, et le style l’amplifie. Des événements terribles sont décrits, ou seulement sous-entendus, froidement, sans émotions, parfois dans des termes crus, ce qui les rend d’autant plus glaçants. Je suis à peine arrivée à avoir pitié de Zara, pourtant brutalement exploitée, et je n’ai ressenti aucune sympathie pour Aliide, tant ce personnage est ambigu. Les violences infligées à l’une font écho aux humiliations subies par l’autre, et leur ont forgé à chacune une carapace d’insensibilité, rendant l’empathie difficile. L’auteur ne critique pas ses personnages, elle semble leur chercher des circonstances atténuantes dans les tourbillons du communisme ou du libéralisme. Si au temps d’Aliide, l’URSS était le « grand méchant », la mafia de l’Est a désormais pris le relais pour ce qui est de faire souffrir les femmes. Mensonges, trahisons, manipulations, collaboration sont au cœur de ce récit, en même temps que le constat paradoxal que le déclencheur de ces horreurs est … l’amour, même s’il s’agit de l’amour perverti, aveugle, égoïste et mal placé qu’Aliide voue à Hans. Ca fait froid dans le dos. Comme de constater qu’on n’a pas de réponse certaine à la question « qu’aurions-nous fait à leur place ? » Bref j’en ressors avec une sensation de malaise. Cette histoire ne laisse pas indifférent.