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Que ton règne vienne
192
Date de parution: 
02/03/2016
EAN : 
9782253069119
Editeur d'origine: 
JC Lattès

Que ton règne vienne

6,10€

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Thème 
Collection  
Deux ans après l’enterrement de son père, Paul revient progressivement à la vie. Jean-Paul a été un de ses pères solaires, flamboyants, qu’on se tue à trop aimer. Une enfance de carte postale ; Oscar, son amie à la vie à la mort ; Ava, son amour absolu… Et Jean-Paul, qui plane sur la vie de son fils, figure tutélaire écrasante autant qu’admirée. Jusqu’à un soir de novembre 2013, où tout va basculer.
Comment survivre quand le passé a un tel goût de trahison ? Paul en réchappe grâce à l’amitié indéfectible d’Oscar. Mais il lui reste tout à réapprendre.
 
 
Hymne à l’amitié, réflexion sur la paternité et l’image obsédante du père, Que ton règne vienne ajoute sa touche délicate aux comédies de l’époque. Marianne Payot, L’Express.
 
D’une plume drôle, douce et féroce, Xavier de Moulins brosse une chronique douce-amère de la société qu’il dissèque. Un vrai talent. Valérie Gans, Figaro madame.

Les derniers avis

3
Blogueur

Xavier de Moulins parvient à nous maintenir au fil de ces 219 pages dans une sorte d'attente, il suggère tout dès le début, tout en nous gardant dans l'expectative, enchaînant plutôt adroitement les actes de la pièce qu'il met en scène (allant jusqu'à anticiper un futur tout proche).
Nous oscillons donc entre les années 70 et 2015...
Paul tente de revivre, et se souvient (comme un avant/après "la chute"... (et j'ai retrouvé des souvenirs de mon enfance qui ont fait naître quelques sourires nostalgiques)), entouré d'images/icônes qui le hantent.
Le souvenir d'un père qui était son Dieu, du couple cahotique de ses parents, de la famille qu'ils formaient. Son propre couple, rencontre, mariage, enfants, une femme hôtesse de l'air et lui, papa "moderne" hyper présent.
Et puis, la trahison...
Alors il autopsie, réalise, et tombe...

Mais, dans sa chute, il est fidèlement soutenu par un ami, Oscar, qu'il appelle "frère d'enfance", homosexuel en passe de se marier et bientôt papa grâce à une mère porteuse de vie.
Un ami qui, lui aussi, le porte vers la vie... un ami qui lui tient la main, ne lâche pas, et l'aide à faire l'ascension d'une pente très raide, pour le voir renaître et repartir en pèlerinage. (...)

Que ton règne vienne (au titre n'évoquant pas pour rien le "Notre Père"...), au delà d'un livre sur l'amour/haine d'un fils pour son père disparu, et la perte de repères... est aussi, et à mes yeux essentiellement, un livre sur l'amitié qui lie Paul et Oscar.
Sur le fait que les amis, les purs-les durs-les vrais, se veillent et veulent parfois bien plus votre bien que votre propre famille.
Et sont présents, une fois le bout de l'impasse atteint, pour vous aider patiemment à la manoeuvre...

3
Blogueur

Saint-Exupéry disait qu’un livre est achevé quand il n’y a plus rien à retirer. Xavier de Moulins a parfaitement réussi cet exercice et nous propose un roman sobre sans être dépouillé. Ses phrases courtes donnent le rythme qui convient à l’histoire qu’il nous raconte et dans laquelle il nous entraîne. Il y a de très belles pages comme la 155. C’est l’histoire de gens ordinaires, sans pathos, sans fioritures inutiles, sans surcharge. Ce qui leur arrive pourrait nous arriver et pourtant on n’a pas envie de lâcher, on s’y attache. L’alternance des chapitres datés font passer du présent, date de la reconstruction de Paul, à son passé et aux évènements qui l’ont conduit à sa dégringolade. Jusqu’à la page 150 on attend, on espère un basculement, une tragédie, enfin un de ces rebondissements qui relance. Il viendra. On le pressent, puis on se dit que non, puis finalement, que si, c’était bien ça. La construction est donc réussie.

Le roman est parsemé de ruptures (jusqu’aux finales pour lesquelles il faut laisser la surprise). La mère d’Oscar, son ami d’enfance, l’architecte de la reconstruction de Paul, s’enfuit et ne réapparaîtra qu’au mariage de son fils. Les parents de Paul au bord d’un divorce qui ne se fera pas, mais la rupture est consommée. Le départ d’Ava et ses enfants qu’il voit trop peu. Le divorce d’Oscar dont le mari ne supporte pas que la mère porteuse ait accouché d’une fille (Xavier de Moulins aurait-il sacrifié à l’actualité du mariage homosexuel ?)
La question qui est posée est la suivante : un fils peut-il grandir sans « tuer » le père ? Du père et du fils, adulte et avancé dans la vie, qui est le souverain régnant ? Le fils doit devenir le père, prendre cette place qui lui revient de droit. Paul se nourrit-il des ruptures environnantes pour trouver sa place ? On souffre avec Paul de sa solitude qui n’est pourtant pas inscrite en lui, qui est le produit du parcours des autres, le fruit des chocs de la vie.