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Tout pour être heureux (Un coup à prendre)
168
Date de parution: 
07/03/2012
EAN : 
9782253166757
Editeur d'origine: 
Diable Vauvert (FG)

Tout pour être heureux (Un coup à prendre)

6,10€

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Thème 
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Quand j'ai pris les filles tout seul pour la première fois, j'étais complètement paumé. Avant nos petits rituels du matin et nos jeux complices, on a d'abord été des étrangers. Et malgré les beaux discours, elles ont commencé par ne rien comprendre. Pourquoi tout d'un coup papa ne dormait plus avec maman, pourquoi tout d'un coup papa n'habitait plus dans la maison, pourquoi tout d'un coup papa avait fichu le camp ? X. de M.

Sur une petite mélodie à la Bashung, d’emménagement en garde alternée, le difficile chemin d’un homme, de la rupture à la séparation, avec la paternité en forme de rédemption.

Les derniers avis

3
Blogueur

Je m'attendais à un récit un peu tragi comique, à un retour humoristique sur une situation franchement pas drôle. Très vite, on sent pourtant que si l'humour est là dans les premières pages, en filigrane, rapidement à mesure que le narrateur prend conscience que ce n'est pas juste un jeu, un caprice de la quarantaine, le ton se fait plus anxieux : comment je vais gérer la pharyngite de la première, le goûter d'anniversaire de la seconde, déballer mes cartons, convaincre mon banquier de m'accorder un nouveau prêt, le tout en quinze minutes trente. J'ai aimé le début, comme j'ai aimé la suite. A mon sens, l'auteur a su trouver un équilibre très fragile entre la bravoure, l'auto-apitoiement, le caprice, la découverte de ce que c'est la vie sans une femme qui s'occupe de tout (ce n'est pas moi qui le dit, c'est le roman!).

On a parfois envie de détester un peu cet Antoine, parce que finalement cette Alice pourrait, plus ou moins certes, bien être nous. On aurait aussi pu être l'une des filles qui trinque sans rien avoir demandé. Certains (certaines) s'identifieront peut être aussi au "héros", qui passe finalement un sale quart d'heure. Le roman est court, se dévore, mais j'ai réussi à m'attacher à ses personnages, son ambiance, leurs états d'âmes.

La vie n'est pas toujours rigolote. On le sait, certains n'ont pas besoin d'en peupler encore en plus leurs lectures. Passez votre chemin, ce roman n'est pas fait pour vous. Pour d'autres, ceux qui pensent que tout finit toujours très mal, ça ne sera pas non plus la panacée. Pour tous les autres j'ai bien envie de recommander la lecture de ce récit (en totale objectivité, on ne m'a pas (encore) laisser tomber pour une jeune gourdasse à m'occuper de mes deux filles, il y des situations dans lesquelles lire ce genre de livre doit passablement agacer) ; je l'ai avalé en deux heures, et j'en suis sortie sans savoir s'il fallait sourire ou faire la tête, réfléchir ou profiter de l'instant. Et ce genre de roman, qui ne me laisse pas indifférente, je les aime !!

3
Blogueur

"Comme beaucoup d'hommes, écrit Antoine Duhamel, héros de ce petit roman mélancolique et élégant, j'ai du mal à faire deux choses en même temps." Autant dire que gérer à la fois une séparation (il a quitté sa femme pour une autre), un appartement, le boulot (en l'occurrence précaire : Antoine est auteur, et sans le salaire d'Alice, la vie est plus dure), et surtout leurs deux filles Claire et Alma, c'est un peu le black-out... Sans doute Antoine n'avait-il pas bien mesuré le long chemin qu'il y a entre la rupture et la séparation. Messieurs, autant le confesser, vos dents vont grincer. En revanche, du côté du sexe faible, surtout si on est une mère de famille qui travaille, difficile de ne pas se délecter, un peu, beaucoup même, de la vie post-divorce totalement chaotique de ce quadra insolent, du comique ridicule, du type complètement largué par sa putative nouvelle liberté. Mais Xavier de Moulins parvient tout de même à obtenir ce que tout homme obtient d'une femme responsable, même quittée, déprimée, et bafouée : de l'empathie, voire de la sympathie (teintée d'un brin de charité, certes). D'autant qu'au plan littéraire, sa phrase fait mouche, et sa plume vive et lucide est toujours empreinte d'émotion et de sincérité. Bref, on rit, on se moque, et puis, comme toujours, on pardonne.