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Vernon Subutex (Tome 2)
408
Date de parution: 
30/03/2016
EAN : 
9782253087670
Editeur d'origine: 
Grasset

Vernon Subutex (Tome 2)

7,90€

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On retrouve Vernon, toujours SDF, et mal en point. L'ancien disquaire est déconnecté du monde réel, sans ambition ni projets. Il apprend à vivre dans la rue, au côté de Charles, un poivrot collant. Les anciens amis de Vernon continue de le traquer comme il possède l’interview inédite du rockeur Alex Bleach, enregistrée peu avant sa mort…
Une formidable suite après un premier tome salué par une presse unanime et plusieurs fois primé.
 
Un livre de combat porté tout à la fois par une capacité d’indignation inentamée et une empathie époustouflante – et tout sauf aimable.   Nathalie Crom, Télérama.

Virginie Despentes dévoile sans complaisance notre temps en nous offrant un antidote possible. Un véritable écrivain – libre, unique, corrosive.   Nelly Kaprièlian, Les Inrockuptibles.

On peut faire tourner  Vernon Subutex entre ses doigts comme une pierre précieuse changeant de couleur à la lumière du jour.  Marie-Laure Delorme, Le Journal du dimanche

Les derniers avis

3
Blogueur

Nourri d'indignation et de mélancolie, le deuxième volet de la fresque sociale de la romancière captive par sa saisie aiguë de la réalité contemporaine.

Cristallisée sur le personnage de Vernon Subutex, l'ancien disquaire devenu SDF, entouré des fantômes de ses amis de jeunesse aujourd'hui disparus, la mélancolie est sans conteste l'une des couleurs de Vernon Subutex, la trilogie romanesque dont Virginie Despentes a donné le premier volet en janvier (1) et dont voici le deuxième opus. Mais du seul désenchantement on ne fait pas une arme de guerre, or Vernon Subutex est bel et bien un livre de combat. Un roman porté tout à la fois par une capacité d'indignation inentamée et une empathie époustouflante — et tout sauf aimable ou complaisante —, une faculté d'identification et de compréhension qui permet à l'écrivain de s'immiscer en profondeur dans chacun des multiples person­nages de sa fresque, d'en faire surgir les raisonnements, les égoïsmes, les rancoeurs, les désarrois, les défaites et d'en faire résonner les voix intérieures avec une infinie justesse.
Ils ont 20, 40, 70 ans, ils sont retraités, SDF, salariés plus ou moins précaires, les uns plutôt marginaux, les autres tant bien que mal intégrés dans l'ordre économique et social tel qu'il fonctionne — et dysfonctionne, surtout, malmène et brutalise les individus... Ils sont une quinzaine, dont pour la plupart on avait fait connaissance dans le premier volume. Les revoici, assemblée hétérogène d'individus dispersés à tous les horizons de la sphère sociale mais physiquement réunis, comme agglomérés autour de Vernon Subutex. Subutex toujours à la rue (pour mieux dire, au parc des Buttes-Chaumont, où « sa place favorite [est] le creux que forment les racines du plus vieux marronnier » du jardin public), mais qui apprivoise cette situation, semble s'y couler, s'y dilater — « la vérité, c'est qu'il ne supportait plus, physiquement, ni les murs ni le plafond, il respirait mal, les objets l'agressaient, une vibration nocive le harcelait... » — et agir sur ceux qui l'approchent comme un aimant, le catalyseur d'une douce dissidence contre l'ordre brutal des choses.
Il faudra attendre l'ultime volet de la trilogie pour connaître la destinée que Virginie Despentes réserve à cette improbable faction. D'ores et déjà, dans ce Vernon Subutex 2, ce qui captive, ce qu'on admire, c'est l'acuité avec laquelle l'écrivaine se saisit de la réalité contemporaine, la netteté de son regard sur notre société et des mots qu'elle trouve pour la décrire, l'inflexible désaveu qu'elle oppose à ses règles et ses dogmes pervers. 

3
Blogueur

C'est beau, Montmartre, la nuit.
C'est sinistre et effrayant, quand on y vit dehors, même l'été.
C'est ici que l'on retrouve Vernon. Tel qu'on l'avait laissé - pire, même, la rue n'est pas un bain de jouvence...
Alors, ce deuxième opus tant attendu est-il aussi excellent que le premier ? Virginie Despentes avait promis qu'il serait "le plus différent possible du tome 1, sans non plus "jump the shark", c'est à dire faire tout à fait n'importe quoi". (Obsküre Magazine, avril 2015)
Différent, il l'est.
Pas si sex & drug & rock'n roll. On sort des immeubles parisiens friqués/branchés avec coke et pipes à tous les étages. On est dans la rue, entre Montmartre et le superbe parc des Buttes-Chaumont, en galère, dans le monde de la précarité, de la débrouille et de la solidarité, au côté de Vernon et puis d'autres, vous verrez...
On suit Sélim, un papa aussi ordinaire que formidable en plein désarroi depuis que sa fille ado lui a échappé avec sa conversion religieuse.
On apprend assez rapidement ce qu'il y a sur les cassettes laissées par Alex, on n'attendra donc pas le troisième opus en piaffant. Même si bien sûr, on a envie de connaître le sort des deux personnes en fuite...
On retrouve tous les personnages du premier volet. N'ayez pas peur de vous y perdre, les quelques lignes de présentation consacrées à chacun en préambule vous montreront que vous ne les aviez pas oubliés. Mais alors qu'ils étaient éparpillés dans le précédent épisode, que les changements de narration pouvaient être fastidieux à suivre, cela semble plus simple ici - il faut dire qu'ils sont souvent regroupés, dans cette histoire.
L'ambiance est donc bien différente, je l'ai trouvée plus sombre. La savoureuse touche Despentes est là, pas de souci : c'est politiquement incorrect, percutant, grinçant, et drôle grâce au sens de la formule de l'auteur. A travers les voix de ses protagonistes, Virginie Despentes balance des réflexions tous azimuts sur la politique, la religion, la société, le couple, l'éducation, l'amitié... Ces idées sont parfois dérangeantes, surtout lorsqu'elles sont très argumentées - ça donne le tournis et bouscule nos petites certitudes, tout ça. Le ton m'a semblé encore plus virulent que dans le premier tome, est-ce l'effet "7 janvier" ? Despentes serait-elle encore moins complaisante ? Gratte-t-elle encore plus là où ça fait mal ? C'est ce que j'aime chez elle, même si ça rend le propos dense et la lecture parfois plombante.

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