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Baronne Blixen
416
Date de parution: 
30/03/2016
EAN : 
9782253098874
Editeur d'origine: 
Stock

Baronne Blixen

7,70€

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Thème 
Collection  
Karen Blixen, une vie romanesque. Ou plutôt des vies romanesques. D’abord chasseresse africaine au Kenya après son mariage avec le baron Bror von Blixen-Finecke, amoureuse au cœur brisé de Denys Finch Hatton, puis hôtesse mondaine dans sa demeure de Rungstedlund au Danemark, écrivain sur le tard (elle a 52 ans lorsque le futur best-seller La Ferme africaine est publié), conteuse, démiurge mondialement célébrée et lue, amante enfin d’un poète de trente ans son cadet, Thorkild Bjørnvig.
Dans ce roman vrai, de l'Afrique au Danemark, de New York à Londres, Dominique de Saint Pern ressuscite la femme courageuse et la diablesse, mais aussi l'âme de cet âge d'or où l'on savait aimer, écrire et mourir en beauté.
 
Le portrait d’une troublante complexité d’une Blixen tout ensemble douce et hautement manipulatrice, séductrice et fragile, est plus que réussi. Nathalie Crom, Télérama.
Un roman enlevé et touchant qu’on ne lâche pas.
Alexandre Fillon, Lire.

Les derniers avis

3
Blogueur

Karen Blixen a eu mille vies : la plus connue concerne les années qu’elle a passées en Afrique, à diriger une ferme et une plantation de café. On connaît, au moins par le film, les grands moments de cette période de sa vie : son mariage sans amour, la syphilis contractée à cause de son mari infidèle, sa relation passionnée mais incomplète avec Denys Finch-Hatton.

Le livre de Dominique de Saint Pern revient sur cette partie de sa vie, sans heureusement réécrire « La ferme africaine » ; c’est ici une autre approche du personnage de Karen Blixen, plus sentimentale à mon sens que « La ferme africaine », et qui éclaire davantage le personnage complexe qu’elle était.

« Blixen est une énigme…, explique le personnage de Clara à Meryl Streep au début du livre. Votre film inventera un mensonge qui deviendra une vérité, et cela pour l’éternité. » Le livre de Dominique de Saint Pern remédie à sa façon à cette injustice, en traçant un portrait plus dense de la Baronne, cette femme « profonde et frivole ».

par Cécile

3
Blogueur

C'était une bonne idée. Nous sommes en 1984. La productrice d'Out of Africa, le film que Sydney Pollack va tourner à Nairobi, téléphone à Clara Svendsen pour lui demander de venir au Kenya afin de parler de Karen Blixen à Meryl Streep. L'actrice américaine veut jouer, incarner à la perfection le personnage de la fermière et romancière danoise. Elle a besoin de tout savoir sur elle. Et Clara Svendsen est l'interlocutrice idéale. Secrétaire, dame de compagnie, infirmière, lectrice, exécutrice testamentaire de la géniale et fantasque baronne Blixen, son esclave aussi, elle a partagé les vingt dernières années de sa vie. Si elle ne l'a pas connue pendant son épopée africaine, elle en a lu et entendu les récits jusqu'à plus soif. Elle est sa mémoire prolongée. Va donc pour Nairobi. Ainsi commence le livre époustouflant de Dominique de Saint Pern, Baronne Blixen.

C'est une biographie romancée. D'habitude, je n'aime pas ce mélange des genres. Qu'est-ce qui est vrai? Qu'est-ce qui a été inventé? On ne sait pas. On nous leurre, on nous gruge. Mais, en l'occurrence, rien de tel. Inutile d'ajouter quoi que ce soit à la vie tellement romanesque de Karen Blixen (1885-1962). Il n'y a de roman dans le livre que le canevas (le récit fait à Meryl Streep, et donc à nous aussi lecteurs) et les dialogues des personnages. Dominique de Saint Pern a fait une enquête d'historienne, interrogeant des témoins encore vivants, accédant aux archives personnelles de l'écrivain. C'est un travail sérieux, digne de confiance, à quoi s'ajoute le plaisir de lire un roman d'aventures et d'amour.

Karen avait 24 ans quand elle est tombée follement amoureuse de son cousin suédois Hans. Lui ne la regardait même pas! Alors, elle se résolut à épouser son frère jumeau, Bror, qui n'avait pas la même prestance ni la même séduction. Mais il était riche, elle devenait baronne et il l'emmènerait au Kenya. Tout de suite, entre elle et ce pays, ce fut le coup de foudre. Un sentiment autrement plus fort et plus durable que pour son mari qui, dès leur première nuit, probablement, lui avait transmis la syphilis. Comment cette femme malade, si frêle, si maigre, courbée, cassée, jamais rompue, a-t-elle pu vivre jusqu'à l'âge de 76 ans en déployant une telle énergie, d'abord à la tête d'une plantation de café, puis, revenue au Danemark après la faillite de M'bogani, nom de l'exploitation, comme écrivain à succès? Qui peut expliquer le "charme magnétique" qu'elle n'a cessé d'exercer sur les hommes, en particulier sur Denys Finch Hatton, l'amant tant aimé, chasseur professionnel, toujours de passage, entre deux safaris organisés pour de riches Américains ou Anglais? En ce temps-là, au début du XXe siècle, il y avait abondance de lions et d'éléphants, et nul ne se souciait encore de la survie des espèces…

«C'est un travail sérieux, digne de confiance, à quoi s'ajoute le plaisir de lire un roman d'aventures et d'amour.»

Sophistiquée, raffinée, pointilleuse sur les usages, Karen Blixen avait en même temps l'orgueil des ambitieuses que rien n'effraie et ne décourage, ni les mauvaises récoltes, ni les attaques des fauves, ni les colères du ciel et des indigènes. De ceux-ci elle savait se faire à la fois respecter et aimer. Elle ne quittera l'Afrique qu'après avoir obtenu des terres pour les familles qui vivaient sur sa plantation. À Tumbo, l'enfant noir qu'elle élevait comme s'il avait été son fils, elle proposera soit une vache (cadeau miraculeux, à l'époque), soit de la suivre au Danemark. L'enfant choisit Karen. Elle lui donna une vache. Dominique de Saint Pern ne s'explique pas cette cruauté qui n'était pas dans ses habitudes.

Rentrée chez sa mère, à Rungstedlund – nom célèbre chez les Blixenophiles –, elle se mit à l'écriture aussi naturellement qu'elle eut naguère à parler aux Somalis et aux Kikuyus. Sept Contes gothiques, puis La Ferme africaine, écrits en anglais, remportèrent des succès considérables aux États-Unis et en Angleterre. Beaucoup moins en France. Le Festin de Babette n'est-il pas l'un des plus savoureux éloges qu'on ait jamais faits à l'étranger de la cuisine française? Par quel mystère cette femme, peu familière des fourneaux, a-t-elle réussi à écrire ce chef-d'œuvre de la littérature gastronomique? Dominique de Saint Pern semble elle-même plus à l'aise au salon, au bureau et dans la chambre qu'en cuisine. Car elle est autrement plus prolixe et plus convaincante pour raconter et justifier la passion qui a uni Karen Blixen au poète Thorkild Bjørnvig, de trente ans son cadet. Quelle femme! À elle seule, combien de romans?