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L'Armoire des robes oubliées
432
Date de parution: 
05/06/2013
EAN : 
9782253175568
Editeur d'origine: 
Albin Michel

L'Armoire des robes oubliées

7,60€

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Elsa, la grand-mère d’Anna, est atteinte d’un cancer foudroyant. Entourée de ses proches, elle compte bien profiter de chaque instant, de chaque plaisir, jusqu’au bout : les rayons du soleil, les bains de mer, ou le corps de Martti, son mari depuis plus de cinquante ans, contre le sien. Mais Anna découvre que derrière ce mariage heureux se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. C’est une vieille robe oubliée dans une armoire, trouvée par hasard, qui va réveiller le passé... Encensé par la critique finlandaise, ce roman émouvant allie avec grâce fraîcheur et puissance, légèreté et profondeur. Corinne Renou-Nativel, La Croix. Dans un style simple, mais sans facilités, Riika Pulkkinen sait décrire très exactement les différents âges du bonheur et de la souffrance. Certaines scènes, certaines pages de ce roman, confinent à la perfection. Nils C. Ahl, Le Monde des livres.

Les derniers avis

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En 1964, Elsa est une professeure et pédopsychiatre de grande renommée. Son métier l'oblige à beaucoup voyager, de congrès en conférences. Son mari, Marrti, est lui un peintre reconnu, très pris par sa peinture. Pour pallier leurs fréquentes absences, ils engagent Eeva, jeune campagnarde étudiante à Helsinki, pour s'occuper de leur fille Ella. En 2010, Elsa est atteinte d'un cancer incurable. Pour profiter encore un peu de sa maison et de sa famille, elle choisit de quitter l'hôpital et de mourir près des siens. Ainsi, Marrti, Ella et ses deux filles Anna et Maria se relaient auprès d'elle pour veiller sur son bien-être et partager des souvenirs. Au cours d'une belle journée où Elsa se sent bien, elle décide avec Anna de faire renaître un de leurs jeux d'autrefois: elles vont se déguiser et prendre le thé dans le jardin. D'une vieille armoire, Anna sort une robe qu'elle ne connait pas. Sa grand-mère lui confie que cette robe appartenait à Eeva et lui raconte cette jeune fille qui, un temps, a fait partie de leur famille et dont plus personne ne parle aujourd'hui. Malgré la maladie, les secrets, les drames, les chagrins, c'est surtout l'amour qui transparaît dans chaque ligne de ce magnifique roman. Celui d'une mère pour sa fille, celui d'une femme pour son amant, celui d'une fillette pour sa nourrice, celui qui lie entre eux les membres de la famille d'Elsa. Dans une langue tout en poésie et en douceur, Rikka PULKKINEN nous mène, au gré de son récit, dans le coeur de ses héroïnes, celles de 1964 et celles de 2010. Elle dévoile leurs peurs, leurs peines, leurs passions, leurs élans, leurs culpabilités, leurs tristesses, toute la gamme des sentiments de ces femmes faibles et fortes à la fois. C'est sensible, touchant, nostalgique et cela sonne toujours juste. Il faut se laisse bercer et emporter par l'écriture de cette toute jeune auteure finlandaise qui sait parler de choses graves et légères, sans pathos, mais avec finesse et générosité. Un grand moment de lecture.
3
Deuxième roman de Riika Pulkkinen (mais premier à être traduit en français), «L'armoire des robes oubliées» est une immense réussite. La jeune auteur parvient en effet, par un travail formel pleinement maîtrisé doublé d'une écriture empreinte d'une capacité d'évocation poétique forte, à renouveler considérablement le canevas convenu du récit de secrets de famille. La narration, rigoureusement organisée, fait s'alterner deux époques – présente et passée, distantes d'une quarantaine d'années – et deux voix – celle d'un narrateur extérieur à la fiction, qui adopte successivement le regard de plusieurs personnages (parmi lesquels domine celui d'Anna, petite-fille d'Elsa et de Martti), et celle d'un personnage, Eeva, jeune fille au pair qui a entretenu jadis pendant trois ans une liaison avec Martti, le père de la petite fille qu'elle était chargée de garder (Eleonoora, la future mère d'Anna et de Maria). Ce sont dès lors des points de vue obliques – et partiels – qui sont donnés à lire: celui d'une jeune femme et d'un homme encore jeune connaissant les affres de la passion et des disputes, celui d'un couple au bord de la séparation inéluctable (liée à la mort prochaine d'Elsa), celui d'une fille et de deux petites-filles. Trois générations de femmes habitent ainsi le roman. Sur fond de drame personnel (une femme, Elsa, se meurt d'un cancer foudroyant), il offre matière à réflexion sur des questions essentielles de l'existence: la vie et la mort, l'amour et la haine, la sincérité et le mensonge. Comment une femme et un homme peuvent-ils vivre encore leur vie et se résoudre à se laisser quand l'un a trompé et que l'autre le sait? Comment une fille peut-elle vivre sa vie de femme quand elle a vu son père aimer une autre que sa mère? Comment une petite-fille peut-elle vivre sa vie de grande adolescente entrant dans l'âge adulte quand elle découvre l'histoire de ses grands-parents? Enfin, le roman de Riika Pulkkinen – qui met en scène, à travers le personnage de Martti, un peintre en recherche de langage(s) à travers des expériences multiples – offre une réflexion ouverte sur la question fondamentale – en art et en littérature – de la réalité de l'existence humaine et de la perception fragmentaire et subjective du réel qu'en a la conscience humaine.