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Les Corps inutiles
352
Date de parution: 
24/08/2016
Langue: 
Français
EAN : 
9782253098560
Editeur d'origine: 
JC Lattès

Les Corps inutiles

7,30€

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Thème 
Collection  
« Elle avait décidé d’aller à la fête. Ne savait pas où aller, en fait. Elle avait pleuré tout son saoul sur le bord du trottoir, pleuré et pleuré encore, puis les larmes s’étaient taries, séchées par le vent. Le ciel passait de bleu à noir, il était vingt heures trente (pile, comme un signe) sur la Casio vintage.
Elle avait quinze ans depuis quelques jours.
Elle avait mille ans depuis quelques minutes. »
Clémence doit fêter la fin du collège avec ses amis. Le sort en décide autrement. Mauvaise rencontre. Quinze ans plus tard, la jeune femme, solitaire et sauvage, travaille à la Clinique, une usine qui fabrique des poupées grandeur nature pour les hommes esseulés. Portrait intime de l’adolescence, drame psychologique aux accents de roman policier, Les Corps inutiles déroule le fil d’une vie tourmentée par les démons du passé.
 
Une plume taillée dans le talent et une sensibilité à fleur de mots. Version femina.

Les derniers avis

3
Encore une fois, Delphine de Bertholon nous entraîne dans une histoire où les drames psychologiques et les caractères bien trempés de ses personnages nous captivent. J’aime lire Delphine Bertholon, elle a un talent fou pour raconter des histoires pas comme les autres : à la frontière entre le roman et le thriller. J’avais adoré Grâce, dont je recommande vivement la lecture. J’ai beaucoup aimé Les Corps inutiles que j’ai lu d’une traite, jour et nuit (insomnie aidant). C’est l’histoire de Clémence, une jeune fille de 15 ans à qui il arrive un « problème », une mauvaise rencontre. Dévastée, la jeune fille mettra quinze ans à s’en remettre et vivra une vie « de robot », mécanique et gâchée, dénuée de toute émotion. Que va faire Clémence pour vaincre ce mal-être et retrouver une vie normale ? On sent que cette demoiselle, fort attachante, très tourmentée, est sur le qui-vive, elle a perdu son équilibre. Prête à faire de bêtises, prête à se faire du mal… On tremble avec elle… Heureusement, de belles rencontres vont la sauver. La construction du récit avec une alternance de chapitres entre Clémence à 15 ans et Clémence à 30 ans est très réussie. Bon, après le drame qui nous tient en haleine pendant les trois quarts du roman, les « Happy end » s’enchaînent un peu trop vite à mon goût. Cependant, Delphine Bertholon possède la faculté de nous faire rentrer dans la psychologie de ses personnages, très attachants malgré leurs failles. Les parents de Clémence sont une anthologie de conformisme et d’absurdité. Et pourtant, elle les aime ! On ne choisit pas sa famille, on la subit tant bien que mal, n’est-ce pas ? Et ce flic, Damien, modèle de gentillesse et de discernement. Amies du Sud, l’histoire de ce roman se situe chez nous, ce qui a rajouté à mon plaisir ! je ne vous dévoile pas la ville, que vous découvrirez vers la fin… un peu de suspense. Quant à l’écriture, rien à redire, fine et concise, relayant bien toutes les émotions, comme toutes les auteures françaises que je lis en ce moment. Un seul bémol : toutes ces écritures contemporaines se ressemblent tellement ! Heureusement que Delphine Bertholon sait nous séduire par ses histoires inattendues pour sauver la mise ! Bellepagesite
3
Blogueur

Delphine Bertholon explore le déséquilibre inné ou acquis. Je devrais écrire "ou subi". Dans un de ses premiers romans, Twist [...], elle relatait l’histoire d’un rapt en pointant les ressorts psychologiques que la jeune fille activait pour parvenir à se sortir de la relation d’emprise de son ravisseur.

Cette fois le crime est différent. Il s’agit d’une tentative de viol que Clémence conjure en sacrifiant toute sa sensibilité. C'est le moyen que l'adolescente a trouvé pour conserver sa liberté. Une stratégie de survie en quelque sorte. En paralysant ses émotions elle refoule les mauvais souvenirs qu'elle n'a pas pu partager avec des adultes bienveillants. Son corps lui devient étranger, mais il demeure et le titre résonne comme une provocation. Aucun corps n'est inutile à proprement parler.