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Sombre dimanche
264
Date de parution: 
04/02/2015
EAN : 
9782253020370
Editeur d'origine: 
Albin Michel

Sombre dimanche

6,90€

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Thème 
Collection  

Une maison en bois près de la gare Nyugati, à Budapest. C’est là, au bord des rails, que les Mándy vivent de génération en génération. Le jeune Imre grandit dans un univers opaque, mélancolique, de non-dits et de secrets, où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l’effondrement de l’URSS, qui fait entrer dans la vie d’Imre les sex-shops, le consumérisme, et Kerstin, une Allemande, incarnation de l’Ouest libre et heureux. Car si le régime a changé, Imre sait bien que ce bonheur-là n’est pas pour lui. Un roman à la poétique singulière, tout en dégradés de lumière et nostalgie, qui peint et révèle les êtres dans leurs contradictions et leur fragilité..

Alice Zeniter impose son récit avec sensibilité et générosité. Astrid de Larminat, Le Figaro littéraire.

Aussi captivant que touchant. Judith Korber, Metro.

Prix Livre Inter, prix des lecteurs de L’Express, prix Closerie des lilas.

Les coups de coeur des libraires

L'avis de la librairie Mollat

"Si cela lui était possible, Imre aimerait fuir en Amérique, mais le mur de Berlin le lui interdit. Il est donc obligé de vivre avec sa famille dans une maison en bois construite au bord des rails. Sur l'air de Sombre dimanche (une chanson qui était alors interdite car l'entendre aurait poussé des gens à se suicider), les personnages se découvrent, nous racontent leurs malheurs qui sont souvent attribués à Staline, et dressent un portrait de l'histoire de leur pays étonnant."

Les derniers avis

3
En Hongrie, la famille Mandy vit depuis des dizaines d’années dans une petite maison au bord des rails du chemin de fer. Leur quotidien est marqué du sceau de Staline et leur destin de l’influence russe. Mon avis: Les Mandy sont au cœur de ce roman. Mais c’est aussi une certaine histoire de la Hongrie qui est racontée à travers les membres de cette famille. En décrivant le destin de quatre générations dans une seule et même maison, Alice Zeniter veut nous faire prendre conscience de l’impact que la guerre et le communisme ont eu sur une partie pauvre de la population de ce pays. On suit la vie de ces gens qui se sont confortés dans leur quotidien minimaliste, enfermés dans leur misère et dans leurs secrets. Le grand père est toujours aigri et révolté, le père passif et résigné, la sœur détruite et apathique. Tout ce petit monde n’est que le reflet du désastre du pays. Même Imre le fils, qui semble beaucoup plus positif et plein d’espoir, ne parvient pas, malgré ses efforts, à renverser ce destin de désillusion qui lui est promis. Comme si le bonheur semblait ne pas vouloir passer la porte de cette maison, comme un symbole, un héritage familial. L’auteur nous dévoile cette petite histoire dans la grande, avec une justesse parfois poétique. Elle égaye le récit avec des petites touches d’humour pour ne pas tomber dans le pathétique. Malgré un côté déprimant, j’ai apprécié me plonger dans cette destinée parce que l’écriture est agréable et que les protagonistes sont tous touchants à leur manière. Je trouve qu’Alice Zeniter a su trouver les mots justes pour me parler de fatalité. Ces existences pourtant anodines, ont réussi à toucher ma sensibilité. Mais je reste tout de même sur ma faim car pour être véritablement efficace, le sujet aurait peut-être nécessité un peu plus de développement, donc plus de pages.
3
Alice Zeniter nous fait partager le regard d’un enfant hongrois, Imre, sur la petite histoire intime de sa famille très modeste. Le cadre de l’histoire est oppressant. Une minuscule maison construite au milieu du faisceau de rails de la gare de Nyugati. La famille est littéralement clouée au sol, condamnée à regarder passer les trains et à en subir les nuisances sans jamais pouvoir voyager. Imre, le petit garçon va façonner ses rêves en puisant dans son environnement gris et triste. Le rôle que jouent un frère et une sœur sur la construction de l’un et de l’autre. Imre se fait un unique camarade et subit toute sa cruauté. Un jour il est roué de coups pour quelques pièces de monnaie. Le grand père alcoolique traîne sa carcasse tragique et laisse son empreinte douloureuse et désespérée au fil des jours sur ses enfants et petits-enfants. L’adolescence est une souffrance plantée dans la vie du jeune garçon. Le frère et la sœur se sentent différents de leurs parents qui n’ont pas leurs rêves, pas leurs ambitions, pas leur rire rapides et cristallins. Les jeunes garçons rentrent à petits pas dans l’adolescence : « Ils avaient remisé les restes du sergent-général Janos dans une boîte … puis les cosmonautes et les fusées avaient suivi . Désormais, les mains vides et les bras ballants, ils cherchaient d’autres occupations». Imre découvre la sexualité en surprenant par hasard l’amant de sa sœur. Le père d’Imre avait des relations désastreuses avec son propre père. Il lui arrive de demander des comptes à Dieu pour tous les malheurs qu’il subit sur la terre. Les grands parents sont un couple formé par de minuscules accidents de la petite vie quotidienne. Les grands malheurs de ces petites vies humaines naissent parfois de détails risibles. Sombre dimanche est un long rire tragique et poignant. Un rire jaune et désenchanté.