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Hier, les oiseaux
360
Date de parution: 
11/04/2018
Langue: 
Français
EAN : 
9782253083535
Editeur d'origine: 
Le Livre de Poche

Hier, les oiseaux

Sylvie Audoly (Traductrice)

8,20€
7,99€

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Détails
La planète est exsangue, ravagée par la pollution, la guerre, la maladie. Les Sumner, de riches propriétaires terriens, pressentent que l’effondrement du monde est proche. Ils décident de construire à Bear Creek, dans leur domaine de Virginie, un centre de recherches scientifiques et d’y organiser la vie en autarcie. Après le cataclysme, les hommes et les femmes se révèlent stériles et disparaissent en quasi-totalité. Créer des bébés par clonage semble pallier la reproduction sexuée. Mais, au fil des générations, les clones sont-ils encore des humains  ? Le retour inflexible de la Nature va-t-il obliger une microsociété à bout de ressources à franchir les frontières pour explorer le monde  ?
Publié en 1976, Hier, les oiseaux, devenu un classique de la science-fiction, interroge avec une implacable acuité un avenir possible de l’humanité.

Prix Nebula et prix Hugo du meilleur roman.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sylvie Audoly.

Les derniers avis

4
Blogueur

Ce roman est un récit post-apocalyptique: on comprend sans qu’aucun repère temporel soit suggéré, que le monde est à bout de souffle et court à sa perte, d’où la tentative de dernière chance d’un groupe familial d’organiser la survie. L’un des problèmes majeurs étant la stérilité des humains, le clonage apparaît comme une solution alternative à la reproduction sexuée, même si les expériences en cours manquent de certitude quant au devenir des générations futures. L’auteur n’entre pas dans les considérations techniques et scientifiques, que ce soit pour le clonage ou l’élevage de foetus, ou pour la gestion informatique de ces tâches (le roman a été écrit en 1977), ce qui rend l’histoire intemporelle et donc encore plus angoissante. De nombreuses réflexions sont évoquées : le statut des clones, la domination de la nature qui reprend ses droits alors que les humains ont laissé la planète exsangue avant de disparaître en quasi totalité, la place de l’individu dans un groupe, la stratification des « castes » qui résulte de la prédétermination des êtres (thème que l’on retrouve dans « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley). Le roman se compose de trois parties chacun centrée sur une époque et un personnage: David, un des derniers humains qui voit se mettre en place une nouvelle société; Molly (un très beau personnage) au centre de cette microsociété qui a banni l’individualisme et se retrouve à son tour à bout de ressources et doit explorer le monde au delà de ses frontières; Mark, le fils de Molly, un enfant à part qui pose la question de l’individu et de l’adaptation du groupe comme condition de survie. L’écriture de Kate Wilhelm est agréable, fine et intelligente avec de beaux passages sur la nature.

Dans ce récit post-apocalyptique, on trouve un monde ravagé, sans espoir, sans amour, sans génie, sans passion…Cette lecture nous touche dans toutes les réflexions éthiques qu’elle engendre. Pouvoir se projeter dans cette atmosphère dénuée de richesse culturelle et complètement déstructurée dans ces structures sociales est étonnamment dérangeant. C’est ce que j’aime retrouver dans la science-fiction : le danger possible des dérives poussées à l’extrême, et ici, Kate Wilhem survole un monde bien triste, ou la liberté n’a plus son envolée inspirante. Un livre à découvrir !