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Ivresse de la métamorphose
320
Date de parution: 
06/04/1994
EAN : 
9782253064602
Editeur d'origine: 
Belfond

Ivresse de la métamorphose

6,90€

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Dernière oeuvre de Stefan Zweig, non publiée de son vivant, ce véritable testament romanesque nous transporte dans l'Autriche de l'entre-deux-guerres, déjà convoitée comme une proie par l'Allemagne nazie.
Christine, modeste employée des Postes, a vu mourir son père et son frère. L'invitation impromptue d'une tante d'Amérique, riche et fastueuse, achève de la révolter contre la médiocrité de sa vie, sentiment qu'elle partage bientôt avec Ferdinand, ancien combattant, mutilé, devenu chômeur.
Mais l'argent et la puissance mènent le monde, non pas l'amour. Devant le lent naufrage de l'Europe dans la barbarie, le couple s'enfonce dans une désespérance qui semble annoncer le suicide, en 1942, du grand écrivain autrichien, auteur d'Amok et de La Confusion des sentiments.

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« … 1917, dix-neuf ans. Deux jours après la Saint-Sylvestre ils ont enterré le père, il y a tout juste eu assez de l’argent de la caisse d’épargne pour faire teindre les vêtements en noir » « …1919, vingt et un ans. C’est vrai, la guerre est terminée mais pas la misère. Celle-ci s’est abritée sous le feu roulant des ordonnances, s’est glissée, rusée, dans les casemates en papier des billets de banque encore humides des presses, des emprunts de guerre. Maintenant, elle ressurgit les yeux creux, forte en gueule, affamée, insolente, et elle dévore les derniers déchets des cloaques de la guerre. » Dans cette atmosphère autrichienne, Christine Hoflehner, 26 ans « frustrée par la guerre de dix années de jeunesse, n’a plus le courage ni la force de rechercher la joie ». Elle est auxiliaire à la poste de Kein-Reifling, à quelques kilomètres de Vienne, son quotidien est rythmé par son travail. C’est bien pour faire plaisir à sa mère malade qu’elle accepte l’invitation d’une riche tante américaine, en villégiature dans un Palace en Suisse. Accompagnée à la gare par l’instituteur -qu’elle n’a jamais autant regardé-, sa panière tressée comme seul objet de voyage, elle vit son premier voyage entre émerveillement devant les paysages inconnus et angoisse de pénétrer avec tous ses signes de pauvreté dans un milieu de luxe et de raffinement. Une transformation radicale opérée par la tante jusqu’au changement de nom, la nouvelle Christine Van Boolen … « la force mystérieuse de la métamorphose agit dans un nom… » l’autorise à être reconnue par les richissimes clients de l’hôtel. « Elle se sent portée comme par une vague, comme par un vent divin ; depuis son enfance sa démarche n’a jamais été si légère, si aérienne. L’ivresse de la métamorphose s’est emparée d’un être ». Combien de temps va durer cette usurpation ? A son retour précipité à Klein-Reifling, Christine Hoflehner va rencontrer Ferdinand, un homme meurtri et dévasté par quatre années de prisonnier en Sibérie. Ces deux âmes blessées pourront-elles envisager de croiser leur destin ? Œuvre posthume de Stefan Zweig, elle dépeint précisément l’Autriche politique de l’après-guerre et augure des années à venir. Elle décrit aussi la souffrance de l’auteur et préfigure nettement son état pessimiste voire dépressif face à ses valeurs qui lui échappent. Depuis longtemps adepte de l’œuvre de Stefan Zweig, chaque opus que je relis, ou que je découvre comme celui-ci, ajoute de l’immensité à mon admiration. Je ne retrouve chez aucun écrivain actuel autant de finesse dans le style, de précisions dans les descriptions. En lisant Stefan Zweig, je m’immisce dans la peau des personnages, je ressens leurs émotions, je partage leurs sentiments… je m’évade et j’ai besoin de rester dans une sorte de torpeur quand je referme le livre, sans avoir envie de reprendre le cours des choses.

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