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La Curée
416
Date de parution: 
13/10/1967
EAN : 
9782253003663
Editeur d'origine: 
Le Livre de Poche

La Curée

Henri Mitterand (Préfacier)

4,00€
3,99€

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A la fin d’une chasse, pendant la curée, les chiens dévorent les entrailles de la bête tuée. Pour le jeune Zola, qui déteste son époque, c’est le cœur de Paris, entaillé par les larges avenues de Napoléon III, que des spéculateurs véreux s’arrachent. Ce deuxième volume des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire, est l’un des plus violents. Zola ne pardonne pas ces fortunes rapides qui inondent les allées du Bois d’attelages élégants, de toilettes de Worms et de bijoux éclatants. Aristide Saccard a réussi. Mais tout s’est dénaturé autour de lui : son épouse, Renée, la femme qui se conduit en homme, si belle et désœuvrée ; son fils, Maxime, l’amant efféminé de sa belle-mère. On accusa Zola d’obscénité. Il répliqua : « Une société n’est forte que lorsqu’elle met la vérité sous la grande lumière du soleil. »

 

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Tapis persans, bois précieux, or, bronze, marbre, velours, cristal, argenterie, mets délicats et grands crus...dans leur somptueux hôtel particulier du parc Monceau, Aristide Saccard et sa jeune épouse Renée reçoivent le tout-Paris du Second Empire. Mais si l'on admire et parfois même l'on envie leur éclatante réussite, c'est que l'on ne sait pas que dans les opulents boudoirs, sous les lustres de cristal et dans la soie, se cachent le vice et le péché. Rien d'étonnant à cela quand on sait qu'Aristide Saccard n'est autre qu'Aristide Rougon, le fils de Pierre Rougon, venu tout droit de Plassans au lendemain du coup d'Etat réussi de Napoléon III. Compromis par ses mauvais choix tactiques, il a changé son nom pour ne pas embarrasser son frère Eugène, désormais député. C'est ce même frère qui va d'ailleurs lui trouver une place à l'Hôtel de ville, un poste de fonctionnaire pas très bien payé mais qui lui donne accès aux plans des grands travaux prévus dans la capitale. Fort des renseignements obtenus par ses indiscrétions, Saccard voit déjà l'argent couler à flots, son seul problème étant la mise de fonds. Saccard n'a pas le sou et c'est sa soeur Sidonie, personnage aussi sombre que retors qui va lui offrir une solution en or. Angèle, l'épouse mourante d'Aristide, n'a pas encore rendu son dernier souffle que Sidonie a déjà arrangé le prochain mariage de son frère avec Renée Béraud-Duchâtel, une toute jeune fille issue d'une riche famille de magistrats, très bien dotée, et qui doit se marier urgemment pour préserver sa réputation. L'affaire conclue, Aristide dispose enfin des capitaux nécessaires à ses montages financiers, aussi compliqués qu'hasardeux, et Renée s'étourdit en dépensant sans compter et trompe son ennui dans les bras de son beau-fils Maxime, l'inceste ajoutant du piment à l'adultère. Tel est le couple Saccard qui dîne avec les députés, les banquiers, est reçu aux Tuileries, affiche sa fortune avec ostentation mais cache en son sein les plus sombres secrets. Dans ce deuxième tome de la série des Rougon-Macquart, Emile ZOLA nous plonge dans le Paris des grands travaux, En pleine mutation, la ville est livrée aux spéculateurs sans scrupules qui, au jeu des expropriations/indemnisations, engrangent les bénéfices sur le dos de la municipalité et de l'état. Aristide Saccard n'est pas en reste. Toujours à l'affût de l'argent facile, il voit là une occasion d'amasser une fortune et tout lui est bon pour parvenir à ses fins : spéculations immobilière, gonflement des prix, délits d'initiés, pots de vin...Mais Saccard est un homme avide qui ne sait pas se contenter de ce qu'il a et bientôt il se trouve à la tête d'une fortune aux pieds d'argile, à la merci de ses créanciers, riche en apparence mais sans liquidités. Il n'hésite pas à duper sa femme, à la déposséder de son héritage et si le prix à payer pour ses fourberies est de la céder à son fils, qu'à cela ne tienne! Il ne s'émeut pas de ce drame antique qui se joue sous son toit! ZOLA que l'on connait surtout pour ses fines analyses du monde ouvrier excelle aussi à décrire la décadence de ceux qui possèdent, ces bourgeois dépravés qui profitent de leur position pour s'enrichir, étalent leur fortune aux yeux du monde et se vautrent dans la luxure pour oublier qu'ils ne sont pas heureux. Une lecture passionnante, ZOLA y est féroce et grinçant et n'hésite pas à dénoncer les travers des puissants. A lire évidemment.

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