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Club Dumas
448
Date de parution: 
15/11/1995
EAN : 
9782253076568
Editeur d'origine: 
JC Lattès

Club Dumas

Jean-Pierre Quijano (Traducteur)

7,90€

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Thème 
Collection  

A-t-on réellement découvert un chapitre manuscrit des Trois Mousquetaires ? Et quel rapport y a-t-il entre le chef-d’œuvre de Dumas et ces Neuf Portes du royaume des ombres, livre diabolique dont l’auteur fut brûlé l’année même de la mort de D’Artagnan ?
Telles sont les questions auxquelles Corso, chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés, tente de répondre en butant sur des cadavres, de Tolède à Cintra, puis chez les bouquinistes de Paris et au bord de la Loire, suivi par d’étranges sosies de Milady ou de Rochefort…
Comme il l’a fait avec Le Tableau du maître flamand, Grand Prix de Littérature policière 1993, Arturo Pérez-Reverte nous entraîne ici, avec une érudition et un brio qui laissent pantois, dans une aventure où la réalité semble n’être qu’une des versions possibles de la fiction.

 

Les derniers avis

3
Fini ! Et que puis-je dire... Voilà un roman étonnant ! Au début, j'ai été assaillie de renseignements de toutes sortes sur Alexandre Dumas, sur la bibliophilie, cet "art" d'aimer les livres, à tel point que ça m'a fait tourner la tête ! D'ailleurs je me suis demandé où j'allais avec ce roman, bien plus d'une fois. Il y a donc deux conditions pour apprécier ce livre à sa juste valeur : avoir lu au moins "les trois mousquetaires" d'A. Dumas, et d'autre part s'intéresser à ces "fous de livres" que sont les collectionneurs d'éditions anciennes rares (et chères), prêts à toutes les folies pour assouvir leur passion... Et à leurs intermédiaires, mercenaires prêts à tout pour se faire une belle commission. J'ai connu un de ces "mercenaires". Pas très bien, j'étais jeune, c'était de la famille par alliance, éloignée. Il ressemblait, à l'époque, à la description de Corso, de très près, que ce soit physiquement ou intellectuellement ! Sauf qu'il n'avait pas de lunettes et des yeux d'un bleu de glace sous-marine. Je ne sais s'il exerce toujours ce métier... Mais je lui dois d'avoir dans ma bibliothèque une vieille édition de l'intégrale de Shakespeare en anglais, à laquelle je tiens comme à la prunelle de mes yeux... Du coup, vous comprendrez que ce livre m'a parlé direct ! Expérience vécue, même si d'assez loin, un faible pour A. Dumas, et une compréhension de cette folie (dont je n'ai pas les moyens, si je les avais, je pense que je l'aurais... Peut-être pas autant que les gens décrits dans ce livre, toutefois !) Bref, je n'ai pu que plonger avec délice dans cet univers qui m'est fermé, comme à la plupart d'entre nous. Je donne un petit avertissement, toutefois : Ce livre est formidablement bien écrit et bien traduit, MAIS déborde d'informations biographiques et techniques dont l'érudition, quoi qu'admirable, arrive à lasser un brin, tout de même, à part, je pense, les plus passionnés ! Le petit truc qui m'a gêné, c'est que par moment, ça fait étalage de culture qui n'apporte pas grand chose à l'intrigue. Enfin disons que je comprends que certains n'accrochent pas du tout ! Bon je suis restée accrochée malgré tout, même si ça dure pendant tout le livre, qui est vraiment complexe et fouillé. Cependant, au bout d'une centaine de pages, l'intérêt de l'enquête de Corso devient tel que tout cela se fond en un tout vraiment intéressant. Le style, le style de la traduction est vraiment superbe. Les descriptions sont magnifiques, les dialogues également. Les personnages sont ambiguës, tous autant qu'ils sont, et l'on ne sait à qui se fier. Comme nous sommes dans un livre, nous avons les détails de la vie et du passé de Corso, petit plus ! Quand on connait le film (que je connais par cœur parce que je suis fan), il est difficile de s'en détacher. Il le faut, cependant, car en fait, une fois de plus, le bouquin n'a rien à voir, à quelque niveau que ce soit, avec lui ! Les défauts, maintenant, et oui, il y en a, malheureusement. Le narrateur est un des protagonistes du livre. Hélas, il est impossible qu'il connaisse, justement, "l'intériorité" et le passé de Corso, d'autant que celui-ci est tellement secret que je ne vois pas ce qui aurait pu le pousser à en parler à l'homme narrateur. C'est donc incohérent... Ensuite, la fin est assez décevante. Je n'aime pas trop les auteurs qui n'osent pas aller "au bout" de leur idée, et ici, nous en avons un exemple type. Disons qu'il laisse la fin suffisamment ouverte pour qu'on imagine que Corso va, lui, ouvrir la porte, mais c'est tout... De plus, et bien que j'aurais pu m'y attendre vu le titre, l'intrigue autour de l'original du chapitre de Dumas remue en fait beaucoup de vent pour pas grand chose, et j'en ai été fort déçue. Intrigue complexe et fouillée tout au long du livre, certes, mais qui débouche sur un soufflé refroidi. Enfin quand je lis ce genre de fin c'est l'effet que ça me fait : "tout ça pour ça, pf...". Je pense que Polanski a bien décelé le souci du bouquin et l'a totalement occulté, de toute façon ç'aurait été bien trop compliqué pour un film ! Voilà, un avis en demi-teinte, donc... Il vaut quand même 4 bonnes étoiles, rien que pour le style magnifique, l'intrigue, et la passion qui s'en dégage.