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Mitch McDeere, jeune et brillant avocat sorti d'Harvard, préfère un cabinet de Memphis, petit mais très attractif, aux cabinets d'avocats prestigieux qui le courtisent.
Il y découvrira le monde des criminels en col blanc... 
Mitch McDeere,  troisième de sa promotion en droit à Harvard,  est promis à  un  brillant  avenir:  les chasseurs de têtes  de Wall Street  se l’arrachent.  Mais, à la grande surprise de  ses proches,  c’est  le très confidentiel cabinet  Bendini, Lambert & Locke,  que le juriste  choisit  de rejoindre.  Quels arguments  ont-ils  mis en avant pour le séduire?  Et pourquoi  court-il  à présent  à en perdre haleine dans les rues de Memphis, attaché-case à la main?  Contrairement aux apparences, Mitch  ne  se  précipite  pas pour remporter un contrat mirifique. Mitch  court  pour sauver sa  peau… 

Premier grand succès littéraire de John Grisham,  La Firme  a été  adapté  au cinéma par Sydney Pollack en 1993, avec  Tom Cruise,  Jeanne Tripplehorn,  Gene Hackman,  Ed Harris  et  Holly Hunter. 

Traduit de l’anglais (États-Unis) par  Patrick Berthon. 

La lettre de John Grisham à ses lecteurs

Cher lecteur, 

Chaque année, le 23 juin, je prends un moment pour réfléchir. Je ne suis pas doué pour retenir les noms ; trop d'entre eux m’échappent. Je ne suis pas assez observateur pour me souvenir des lieux. Les dates, en revanche, s'impriment dans ma mémoire, allez savoir pourquoi, du moins la plupart d'entre elles. 

Le 23 juin 1989 paraissait mon premier roman, Le Droit de tuer (A Time To Kill). C'était un grand jour pour nous, mais il est passé inaperçu partout ailleurs. Mon éditeur était une petite maison inconnue qui a fait faillite peu après le grand jour. L'entreprise avait à peine de quoi me verser une avance modeste, et pas un sou pour la promotion. J'étais livré à moi-même, et le lancement fut un fiasco.  

Mais le simple fait d'être publié constituait déjà un accomplissement. Lorsque j'ai achevé le premier jet en 1987 et décidé de le soumettre aux éditeurs new-yorkais, j'ai pensé qu'il me fallait l’appui d'un autre écrivain. Je voulais une belle phrase tapageuse à mettre en quatrième de couverture, quelque chose qui attire l'attention et me confère une crédibilité immédiate, même si je ne la méritais pas. Il y avait toutefois un problème : je ne connaissais personne ayant jamais publié de livre. 

À l'époque, Willie Morris était l’écrivain en résidence à l'université du Mississippi, je l'avais croisé ici et là, généralement sur le campus ou à Jackson, lors de mondanités. Grâce à un ami, j'ai réussi à me faire inviter un soir à dîner à Oxford, avec une demi-douzaine d'autres convives. Nous étions dans un restaurant chinois disposant d'un salon privé où Willie aimait tenir salon jusqu'au petit matin. Il savait que je l’avais dans le viseur. Notre ami commun l'avait averti que j'avais terminé mon premier roman et que j'avais un service à lui demander. Willie s'était dit : « Super, il ne manquait plus que ça. Encore un écrivain casse-pieds avec un manuscrit épouvantable. » Le sans-gêne dont je faisais preuve alors me met encore mal à l'aise aujourd'hui.  

Après plusieurs heures passées à manger, boire et plaisanter, Willie m'a dit : « Écoute, fiston, je vais te dire ce qu'un autre écrivain a dit un jour à William Faulkner : "J’écrirai une recommandation pour ton foutu bouquin, à condition de ne pas avoir à le lire." » 

Cela me convenait très bien.  

Il a ajouté : « Encore mieux. Tu rédiges toi-même cette foutue phrase et je la signe. » 

J'ai donc écrit : « Un premier roman époustouflant. » « Un drame judiciaire percutant. » Et ainsi de suite. Willie n'a jamais vu ces accroches et n’a jamais lu le premier chapitre. 

Un an plus tard, j'avais un agent et un contrat pour le livre, mais pas de titre. Je l'avais toujours appelé Deathknell (« le glas »), un nom dont j’ai oublié l'origine il y a des années.  Ni mon agent ni mon nouvel éditeur ne l'aimaient ; j’en cherchais donc un autre. Entre-temps, Willie et moi étions devenus amis, et nous avons organisé un dîner dans notre repaire préféré à Jackson, le Hal & Mal's. La perspective de trouver un bon titre l’enthousiasmait. (Il n'avait toujours pas lu le livre.) Au cours d'un autre dîner interminable nous avons passé en revue des dizaines de possibilités. Je me souviens qu'il était obsédé par les mots « sang » (blood) et « poussière » (dust), déterminé à les glisser dans un titre inoubliable. Il aimait griffonner sur les serviettes en papier et nous avons vidé tout le distributeur. Il y en avait partout sur la table et quelques-unes par terre. À minuit, on a éteint les lumières et on nous a demandé de partir. Pas de problème : Willie avait une clé. Nous avons contourné le bâtiment, sommes rentrés par la cuisine et avons regagné notre table, où le patron, Malcolm White, est arrivé avec deux grandes chopes d'Irish coffee. 

Je ne sais pas à quelle heure nous avons fini par quitter les lieux. Nous n'avions toujours pas de titre. Avant midi le lendemain Willie avait tout oublié. Et j'ai regretté mille fois de ne pas avoir gardé les serviettes. 

Une semaine plus tard environ, je suis tombé sur ce célèbre verset de l'Ecclésiaste : « Il y a un temps pour tout… un temps pour tuer, et un temps pour guérir… »  (For everything there is a season [...] A time to kill, a time to heal).  

Trouver un titre est toujours un défi. Tout écrivain rêve d'un titre génial, quelque chose d'unique et d'accrocheur qui rende l'achat du livre irrésistible. Songez aux plus grands : De sang-froid (In Cold Blood), Les Raisins de la colère (The Grapes of Wrath), Autant en emporte le vent (Gone With The Wind), Le Bruit et la Fureur (The Sound And The Fury), Le soleil se lève aussi (The Sun Also Rises), Le Chant du bourreau (The Executioner's Song), Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (To Kill A Mockingbird), Vol au-dessus d’un nid de coucou (One Flew Over The Cuckoo's Nest), La Petite Fille au tambour (Little Drummer Girl)

Évidemment, ils sont déjà pris. Un auteur ne peut pas déposer un titre, je pourrais donc appeler mon prochain livre Autant en emporte le vent (Gone With The Wind), mais ça ne me semblerait pas correct. Et je suis sûr que quelqu'un me ferait un procès.  

Le Droit de tuer (A Time to Kill) ne s'est pas bien vendu en 1989. Deux ans plus tard, La Firme (The Firm) s'est vendu à des chiffres record. J'ai donc décidé de m'en tenir à des titres courts et efficaces. Mais je continue de rêver du grand titre, celui qui contiendrait les mots « sang » et « poussière ».  

Et chaque année, le 23 juin, je pense à mon cher ami Willie, et je lui lève mon verre. 

 

John Grisham 23 juin 2026